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Rencontre entre Saint-Martin et Chateaubriand

Saint-Martin a rencontré une seule fois Chateaubriand à l’initiative du peintre Neveu. Cette entrevue a eu lieu le 27 janvier 1803.

 

« Saint-Martin (1) dit que le dîner chez M. Neveu eut lieu à l’École polytechnique. Chateaubriand nous a dit […] que ce dîner avait eu lieu dans les « communs du Palais-Bourbon ».

« Les deux récits ne se contredisent point. Le dîner est du 27 janvier 1803, et à cette date l’École polytechnique était installée au Palais-Bourbon ; c’est seulement en 1804 qu’elle fut transportée dans l’ancien collège de Navarre, rue de la Montagne Sainte Geneviève (2). »

 

Chateaubriand a fait un compte-rendu de cette entrevue dans ses Mémoires d’outre tombe en 1837. Puis il est revenu sur la rencontre en 1846 : « Il me prend un remords : j'ai parlé de M. de Saint-Martin avec un peu de moquerie, je m'en repens… ».

 

Qui a pu ainsi influencer l’auteur du Génie du Christianisme et lui donner l’occasion d’adoucir son premier compte-rendu ?

 

C’est Sainte-Beuve dans son article sur Saint-Martin (3) qui nous en donne l’explication :

 

«  M. de Chateaubriand, par exemple, qu'il eut occasion de voir vers l'époque d'Atala et du Génie du christianisme, et à qui il adressa de belles observations critiques dans son Ministère de l'Homme-Esprit (observations que M. de Chateaubriand ne lut jamais), n'avait gardé de Saint-Martin qu'un souvenir inexact et infidèle ; il lui est arrivé de travestir étrangement, dans un passage des Mémoires, la rencontre qu'il eut avec lui ; et lorsqu'il eut été averti par moi-même que Saint-Martin avait parlé précisément de cette rencontre et en des termes bien différents, il ne répara qu'à demi une légèreté dont il ne s'apercevait pas au degré où elle saute aujourd'hui à tous les yeux. »

Nous présentons ici l’ensemble de ces éléments :

 


Notes

  1.  Cette rencontre se trouve pour le Philosophe inconnu dans Mon portrait historique et philosophique, n° 1095. Ce texte est reproduit dans les Causeries du lundi par Sainte-Beuve. Rappelons que grâce à M. Taschereau, Sainte-Beuve a eu entre les mains l'original de Mon portrait de Saint-Martin.
  2. François-René de Chateaubriand (1768-1848). Mémoire d’outre tombe, tome II. Nouvelle édition avec une introduction et des Notes et des Appendices, par Edmond Biré. Paris Garnier. Kraus Reprint 1975, page 304.
    Document électronique sur le site de la BNF. Référence : 2 L 14 Livre quatorzième. – Chapitre 1. Années de ma vie, 1802 et 1803. Châteaux. Madame de Custine. M. de Saint-Martin… – Paris, 1837. Revue en décembre 1846. http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503
    Ce document peut également être téléchargé sur le site Project Gutenberg au format html (zip) : www.gutenberg.org/etext/23654
    Voir également sur le site du Philosophe inconnu : www.philosophe-inconnu.com/Homme/Chateaubriand.htm

  3. Charles-Augustin Sainte-Beuve, de l’Académie française (1804-1869). Causeries du Lundi (Tome dixième) de Paris. Garnier frères, libraires, Palais Royal, 215 – Rue des Saints Pères, 6 - M DCCC LV. Article Saint-Martin - Le Philosophe inconnu 2e partie, pages 222-223.
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