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Calendrier perpetuel 1855– Bartholmess - Histoire critique des doctrines religieuses 
– Bautain – La morale de l'évangile - Septième leçon : Quiétisme
– Blanc- Histoire de la révolution française - T 7
– Duruy – Abrégé de l’histoire de France - Magnétisme, Illuminisme
– Heine (Henri) - De l’Allemagne
– Lanfrey - L’église et les philosophes au XVIIIe siècle
– Lecanu - Dictionnaire des prophéties et des miracles, tome II
– Revue suisse - Adolphe Lèbre
– Sainte-Beuve - Causeries du lundi – Tome 10 : Saint-Martin - Le Philosophe inconnu

1855 – Bartholmess - Histoire critique des doctrines religieuses 

1855 Bartholmess t1Par Christian Jean Buillaume Bartholmess, membre correspondant de l’Institut, de l’Académie des sciences de Berlin, de celle de Turin, etc.
Paris. Ch. Meyrueis et Compagnie, éditeurs, rue Tronchet, 2  - 1855
Tome I, extrait de l'Introduction
Tome II, Livre VII – Hamann, Herder et Jacobi ; Livre X. Ecole de Schelling. – Chap. II. Schubert, Steffens et Baader ; Livre XIV – Réaction religieuse du Midi – Chap. II. Lamennais - Saint-Martin

Introduction, extrait, page XXIX

Que si les traits distinctifs du mouvement germanique, celui surtout qui consiste dans une aversion constante pour le matérialisme athée, sont rapprochés des essais tentés autour de nous, en France et en Italie, sous l'impulsion d'une résistance entreprise par des organes dissemblables, on trouvera que la philosophie de notre temps n'est pas indigne de succéder à celle des deux derniers siècles. Saint-Martin et Lamennais, Joseph de Maistre et Louis de Bonald, Frayssinous et Affre, diffèrent sur mille points de l'école dont les chefs sont Maine de Biran et Royer-Collard, MM. Cousin et Jouffroy ; et même de cette école méridionale qui s'honore de suivre Galuppi, Gioberli, Rosmini, qui a pour anneaux extrêmes, à droite Balmès et le P. Ventura, à gauche le comte Térence Mamiani, le fondateur populaire de l'Académie de philosophie italienne, un des ornements durables du courageux et solide Piémont. Mais ce qu'ils ont en commun, n'est-ce pas le spiritualisme même ?

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1855 – Bautain – La morale de l'évangile 

1855 BautainLa morale de l'évangile comparée aux divers systèmes de morale
Leçons faites a la Faculté de Théologie, en Sorbonne, pour servir d'introduction au cours de théologie morale
Par Louis Eugène Marie Bautain, vicaire général et promoteur du diocèse de Paris
Paris. Auguste Vaton, libraire éditeur, 50, rue du Bac. - 1855

Septième leçon : Quiétisme. - extrait, pages 197-198

Je vous ferai observer d'abord, Messieurs, que cette doctrine a toujours existé dans le monde, qu'il y a toujours eu des mystiques et de faux mystiques. Dans l'Orient, longtemps avant l'ère chrétienne, une partie du brahmanisme et du boudhisme, dans les premiers siècles de l'Église le néoplatonisme qui a produit le faux gnosticisme, la plupart des hérétiques de ces temps étaient de faux mystiques. A la fin du seizième siècle, Jacques Bœhme, de Görlitz, cordonnier de son état, a écrit [198] des livres mystiques où, avec beaucoup d'erreurs, il y a des lueurs de vérité. Au dix-septième siècle, Molinos, le père Lacombe, Mme Guyon; à la fin du dix-huitième siècle, Swedenborg, un Suédois qui a eu et a encore un assez grand nombre de disciples; au commencement de ce siècle en France, le philosophe inconnu, Saint-Martin, qui a écrit des livres où il y a des choses remarquables ; en Allemagne, Weishaupt et toute la secte des illuminés. Il y a encore aujourd'hui une secte du protestantisme où règne le mysticisme : c'est le méthodisme, appelé aussi piétisme. C'est la meilleure partie du protestantisme, en ce sens que la foi au surnaturel y subsiste, et que la parole révélée y est posée comme la lumière et la règle de la volonté. Mais chacun croit que l'Esprit saint vient la lui expliquer, ou même l'inspire directement dans la prière, ce qui rentre dans le mysticisme. Je ne prétends point que tous les partisans de cette secte soient de faux mystiques; Dieu seul, qui voit le fond de la conscience, peut les juger. Seulement je dis que ces personnes, ne reconnaissant pas d'autorité, risquent fort de s'égarer et de confondre leurs imaginations avec l'inspiration d'en haut, et leurs penchants, leurs sentiments naturels avec la motion divine.

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1855 – Blanc - Histoire de la révolution française - T 7

1855 BlancPar M. Louis Blanc
Édition française, faite à Paris sous les yeux de l’auteur.
Paris, chez Langlois et Leclercq, rue de la Harpe, 81.
Pagnerre, rue de Seine, 11.
Perrotin, place de Doyenne, 3.
Tome septième. 1855

Chapitre II. Souviens-toi de la Saint Barthélemy ! Extrait page 155

Affilié à la fraction contre-révolutionnaire des disciples de Saint-Martin, Cazotte s’était mis à la tête des conspirateurs mystiques.

bouton jaune Chapitre II. Souviens-toi de la Saint Barthélemy ! Extrait page 155

1855 – Duruy – Abrégé de l’histoire de France 

1855 DuruyVictor Duruy - Abrégé de l'histoire de France – Paris 1855
Édition illustrée de 117 gravures et de 16 cartes géographiques
Tome second
Paris. L. Hachette et Cie, rue Pierre Sarrazin, n° 14 (près de l’Ecole de médecine) 1855

Magnétisme, Illuminisme - Extrait, pages 482-483

Le magnétisme. — A côté des aérostats, les mystères, les mensonges du magnétisme, Cagliostro et Mesmer ; l'un, aventurier italien qui se faisait appeler comte, vivait dans l'opulence, et prétendait tenir les véritables secrets de la chimie, tels que les avaient découverts les prêtres de l'Egypte et de l'Inde ; l'autre, aventurier allemand qui, ayant échoué à Vienne, vint à Paris donner ses fameuses séances (1779). Dans un appartement riche, embaumé de parfums, faiblement éclairé, plein de douces harmonies musicales, disposé enfin pour agir sur l'imagination et les sens, les malades ou les curieux se réunissaient autour du baquet magnétique ; quelques-uns bientôt tombaient en convulsions, la contagion gagnait les autres. C'était le remède à tous les maux. « Il n'y a, disait-il, qu'une nature, une maladie, un remède. » Une commission nommée par le gouvernement, et composée de Lavoisier, Franklin et Bailly, fut chargée d'examiner les expériences magnétiques ; elle déclara que les magnétiseurs opéraient des effets singuliers, non, il est vrai, par un fluide, comme ils le prétendaient, mais par la surexcitation de l'imagination. Un magistrat fameux, d'Esprémesnil, prit chaudement la défense de Cagliostro et de Mesmer.

L'illuminisme. — Certains esprits perdaient terre en quelque sorte. Saint-Martin publiait les incompréhensibles rêveries du Philosophe inconnu ; on traduisait, on dévorait [483] le livre extraordinaire de Swedenborg, intitulé : Les merveilles du ciel et de l'enfer, et des terres planétaires et australes, d'après le témoignage de ses yeux et de ses oreilles.

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1855 – Henri Heine - De l’Allemagne

1855 HeineHenri Heine - De l’Allemagne – Paris 1855
Nouvelle édition, entièrement revue et considérablement augmentée.
Tome premier
Paris. Michel Lévy frères, éditeurs, rue Vivienne, 2 bis. - 1855.

Extrait, page 89

Je devrais naturellement parler aussi de Jacob Bœhm, car il a également appliqué la langue allemande à des démonstrations philosophiques. Mais je n’ai pu me décider encore à le lire, même une seule fois : je n’aime pas à me laisser duper. Je soupçonne fort les prôneurs de ce mystique d’avoir voulu mystifier les gens. Quant au contenu de sa doctrine, Saint-Martin vous en a donné quelque chose en langue française ; les Anglais l’ont aussi traduit. Charles Ier  avait une si grande idée de ce cordonnier philosophe, qu’il envoya tout exprès à Wœrlitz un savant pour l’étudier. Ce savant fut plus heureux que son royal maître ; car, pendant que celui-ci perdait le chef à Whitehall par la hache de Cromwell, l’autre ne perdit à Wœrlitz que la raison par la théosophie de Jacob Boehm.

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1855 – Lanfrey - L’église et les philosophes au XVIIIe siècle

1855 LanfreyPierre Lanfrey - L’église et les philosophes au XVIIIe siècle - Paris 1855
Victor Lecou, éditeurs. Libraire de la Société des gens de lettres, 10, rue du Bouloi 

Chapitre XVIII. Le système de la nature. Mort de Voltaire et de Rousseau, extrait page 329

Quelque épisodique qu’il soit, ce tableau donne une idée exacte du mouvement qui s’accomplissait sur tous les points de l’Europe à la fois. Il se manifestait partout avec une telle unanimité de vœux et de tendances, une telle parité de physionomie, qu’on aurait cru à un mot d’ordre. Soixante ans d’analyse et de critique avaient, à ce point, dépouillé le dogme catholique de tout prestige et de toute poésie, que le mysticisme, qui est, à ce qu’il paraît, un mal endémique dans l’humanité, et qui s’était pendant dix-huit siècles nourri de ses inspirations, l’avait renié à son tour, n’y trouvant plus un aliment suffisant pour ses contemplations supersidérales. Les mystagogues, qui se chargèrent, vers la fin du dix-huitième siècle, de renouer la chaîne brisée et de remettre l’homme en communication directe avec Dieu et les purs esprits, Swedenborg, Martinez-Pasqualis et Saint-Martin, le philosophe inconnu ou plutôt le philosophe incompris, ne sont ni plus ni moins extravagants que les visionnaires de tous les temps ; et discuter sérieusement leurs systèmes serait leur donner une importance dont ils ne sont pas dignes ; toutefois leur divorce avec des traditions auxquelles ils eussent du moins emprunté la force et l’autorité qu’elles tenaient de leur antiquité même, doit être signalé comme un symptôme curieux et caractéristique. Venu soixante ans plutôt, Saint-Martin eût été un disciple ardent de madame Guyon et peut-être un martyr du pur amour.

bouton jaune Mort de Voltaire et de Rousseau, extrait page 329

1855 – Lecanu - Dictionnaire des prophéties et des miracles, tome II

1855 LecanuArticle Pasqualis (Martinez), pages 516-517

PASQUALIS (Martinez), chef de la secte des Martinistes ; personnage célèbre dans son école et même dans le monde, mais dont il n'y a que le nom de bien connu. On ignore sa patrie, sa nationalité, il ne reste de lui qu'un manuscrit très peu lu. Quelques-uns l'ont cru d'origine portugaise, plusieurs ont dit qu'il était juif. Il fonda en France, en 1754, un rite cabalistico-maçonnique, dit des élus Cohens, dans lequel les adeptes s'occupaient de théurgie, et qui compta plusieurs loges, tant à Marseille qu'à Toulouse, à Bordeaux et à Paris, le grand réceptacle du bien et du mal, des erreurs et de la vérité, le point où tout ce qui n'en procède pas vient aboutir. Martinez quitta cette dernière ville en 1778 [sic pour 1772], et alla terminer l'année suivante [sic pour 1774], à Port-au-Prince, sa carrière d'évocations et de communications avec les natures invisibles.

Si peu connu personnellement, il est impossible de savoir autrement que par l'intermédiaire de ses disciples, la nature et le [page 517] résultat de ses travaux ; mais aussi, après avoir interrogé le principal d'entre eux, le non moins célèbre Saint-Martin, il reste établi que Martinez fut le jouet de communications véritablement démoniaques. « Dans l'école où j'ai passé il y a vingt-cinq ans, écrivait celui-ci en 1793 à son ami Kirchberger, les communications de tout genre étaient fréquentes ; j'en ai eu ma part comme beaucoup d'autres. Les manifestations du signe du Réparateur y étaient visibles : j'y avais été préparé par des initiations. » « Mais, ajoute-t-il, le danger de ces initiations est de livrer l'homme à des esprits violents ; et je ne puis répondre que les formes qui se communiquaient à moi, ne fussent pas des formes d'emprunt. » C'est ainsi que ceux qui cherchent la vérité en dehors de l'Évangile ou au-delà, deviennent souvent le jouet de leurs propres illusions ou de celte de l'esprit de Ténèbres, qui se transforme en ange de Lumière, pour mieux les abuser.

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1855 – Revue suisse - Adolphe Lèbre

1855 revue suisseRevue suisse
Dix-huitième année
Neuchatel - Au bureau de la Revue suisse
Lausanne, Delafontaine et Ce. — Berne, Dalp. Zurich, Schulthess - 1855

Adolphe Lèbre. Extrait, page 184

Extrait d’un article paru dans la Revue suisse de 1855, intitulé : Adolphe Lèbre, par Juste Olivier (février 1855)
[cet épisode doit arrive à Paris en 1841 (page 182).

« Malgré ma sauvagerie, » continuait-il en nous tenant ainsi au courant des divers incidents de sa vie, « j'ai fait quelques nouvelles connaissances. M. Eynard m'a présenté à M. de ***, chambellan d'Alexandre; c'est un homme qui a tout vu, et très spirituellement. Il me disait des anciens professeurs de la Sorbonne : Cuvier et Guizot savent ce qu'ils disent et ce qu'ils diront ; Villemain sait ce qu'il dit et ne sait pas ce qu'il dira ; Lherminier ne sait ni ce qu'il dit ni ce qu'il dira. M. de*** a les manuscrits de Saint-Martin, et voudrait bien les publier ; il cherche une préface sans avoir pu encore la trouver. J'espérais un peu qu'il m'initierait aux arcanes de Saint-Martin, mais il s'est contenté de me montrer l'épaisseur de son trésor. »

« M. d'Eckstein m'a dit sur Baader des choses qui, sans trop m'étonner, ne m'ont pas fait grand plaisir : que dans sa jeunesse, il recherchait beaucoup le succès, surtout auprès des dames. Commencer par la galanterie et finir par la friandise est, dit-on, le sort des mystiques ; cela donne à penser ! »

bouton jaune Revue suisse - Adolphe Lèbre, extrait page 184

1855 – Sainte-Beuve - Causeries du lundi – Tome 10 : Saint-Martin - Le Philosophe inconnu 

1855 ste beuve causeries t1Causeries du Lundi (Tome dixième) de Charles-Augustin Sainte-Beuve, de l’Académie française (1804-1869) - Paris. Garnier frères, libraires, Palais Royal, 215 – Rue des Saints Pères, 6 - M DCCC LV

Saint-Martin - Le Philosophe inconnu – 1ère partie,  pages 190-207 - Présentation

Dans cet article, Sainte-Beuve nous parle de Saint-Martin en s’appuyant sur un livre du Philosophe inconnu qui a été publié partiellement en 1807 dans les Œuvres Posthumes par Nicolas Tournyer qui n’en a publié qu’une partie tronquée. Robert Amadou, dans l’introduction à la publication de Mon portrait historique et philosophique en donne une explication claire : « … Tournyer souhaite camper de Saint-Martin une image rassurante jusqu’à la banalité. Pour contredire – par Saint-Martin lui-même – la légende d’un Saint-Martin sorcier, autant que pour dissimuler certains traits authentiques du Philosophe inconnu que le brave Tournyer réprouvait, l’éditeur des Œuvres posthumes favorise une autre légende : celle d’un Saint-Martin parfaitement orthodoxe en religion, en politique et, si l’on ose dire, dans ses mœurs. Saint-Martin, selon Tournyer, devient le prédicateur de la piété. Un prédicateur, au pire sens du terme, c’est-à-dire un homme sans relief, à la personnalité faible ; et ce pêcheur morne enseigne une piété douceâtre, parce que Tournyer concevait ainsi la vie spirituelle » (1).

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