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Examen impartial du livre intitulé: Des erreurs et de la vérité etc.bode

Par un frère laïque en fait de science [Johann Joachim Christoph Bode (1730-1793)]

[Verlag nicht ermittelbar] 1782 - 118 pages

Examen impartial du livre intitulé: Des erreurs et de la vérité etc.bode

Nous présentons ici les explications de l'auteur sur le pourquoi de ce livre. Cette partie, comme l'ensemble du livre est accompagnée de figures qui expriment des mots cachés que seuls, à l'époque, connaissaient les initiés. Nous avons mis entre crochets leur signification sans reproduire les différents symboles. L'auteur donne une signification de ces symboles à la dernière page de son livre [p.119]. Toutefois, si les symboles sont bien présents, leur signification n'est pas donnée ou a été effacée 

Pour  mieux comprendre le climat et le but de l'auteur en publiant cet écrit anonyme, citons Dominique Clairembault :  Saint-Martin et le complot jésuite

« Dès 1782 le Philosophe inconnu fut associé au thème du complot jésuitique. Cet événement s’inscrit dans un contexte particulier de l’histoire de la franc-maçonnerie, celui de la réforme de la Stricte Observance Templière (franc-maçonnerie allemande), transformation entérinée lors du Convent organisé à Wilhelmsbad entre le 16 juillet et le 29 août 1782. Ce convent marque le rejet par une partie de la franc-maçonnerie allemande de prétentions à perpétuer l’ordre des Templiers, idée jadis instituée par le baron von Hund. Jean-Baptiste Willermoz tente d’y imposer la doctrine de l’ordre des Élus-coëns, en l’adaptant à la Stricte Observance Templière.

Cette réforme se heurte cependant à des contestations, en particulier par ceux qui souhaitaient laïciser la franc-maçonnerie en l’écartant d’un mysticisme et d’un occultisme jugés obscurantistes. Ils voulaient entrainer la franc-maçonnerie vers les Lumières de la raison. Johann Joachim Christophe Bode (1730-1793), étaient l’un de ceux qui partageaient cette opinion. Il s’employa à empêcher les martinistes lyonnais d’imposer leur système.»

JE CHERCHE LA VERITE.

[ extraits, p.4-6 - orthographe originale]

Après un examen soigneux au moins, si je ne puis dire mûr, sur le livre des Erreurs & de la Verité, j'ai crû entrevoir, à travers du voile, ce qu'y a voulu dire son Auteur.

J'avois d'abord le dessein, de disséquer son ouvrage, & de mettre à part, ce qu'il auroit dit dans la lettre exterieure, ou, pour dire mieux, ce qu'il a trouvé à propos de donner comme un véhicule de son but mistérieux. Mais l'étendue de cette entreprise, &, comme je crois son inutilité, joint à mon loisir borné, m'ont déterminé, à ne suivre que le fil de son enigme, dont je me flatte presque d'avoir trouvé le mot. Si cependant je me trompe, l'on verra, que j'ai été de bonne foi ; du moins suis-je sûr de la bonté des motifs qui m'ont fait entrependre [sic] cet examen. [p.4]

QUELLE que soit donc ma réussite, elle ne devra ni m'élever ni m'humilier. bode loge

DEPUIS quelque tems il s'est élevé parmi nos Freres une diversité de sentiments, pour ainsi dire totale, sur les points suivants :

« LA [maçonnerie] est-elle produite par l' [ordre] du  [temple], ou lui est-elle anterieure ? Quelle est l'explication vraie des simboles, Hierogliphes et Ceremonies- de la [maçonnerie] ».

Ces deux questions, comme les sources d'un nombre près qu'infini d'autres d'environ de meme nature, auroient a la verité dû étre résolues avant que de procéder à une réforme générale ; mais, soit que nos superieurs ne le trouvent pas à propos, ou, ce qui est plus vraisemblable, qu'ils ne soient pas mieux instruits que nous autres, aucun d'eux n'a point encore daigné les décider, quoique d'une telle décision convaincante depende le Repos de tout notre  [ordre].

LE mot de Science par excellence est, depuis quelques tems, devenû une expression favorite. Comme jusq'à ce jour personne de ceux de mes , [frères du clergé, laïc ou chevalier] qui l'ont prononcé le plus souvent, n'a pû, ou n'a [5] voulu m'en donner une signification précise, j'ai employé le peu des [sic] mes facultés pour me l'expliquer moi-même, & j'ai soumis cette opinion au jugement de mes ffrs, plus éclairés que moi. Mais me connoissant sujet a de grandes erreurs, j'ai crû qu'il fût de mon devoir de m'instruire sur ce point dans un livre, qui traite des Erreurs et de la verité non seulement, mais qui prétend traiter expressément de la science. Je ne me dissimule point d'abord, que ma tache est bien difficile ; si difficile, que, si le hazard n'avoit voulû, que j'eusse été mis, presque au commencement de la propagation de notre [ordre] en Allemagne, dans un poste, qui m'obligoit d'assurer nombre de [frères et de chevaliers] de sa solidité, & que par là mon honneur n'eut été engagé à sauver au moins ma bonne foi, j'aurois attendu tranquilement qu'une autre main aussi scrupuleuse, mais plus habile, m’eut ouvert les trésors qu'on y dit cachés.

Je dois prévenir encore le fr. qui peut-être me lira, que je suis circomspect à ne rien préter à l'Auteur, & que je tacherai toujours de l'expliquer par lui- même. [p.6] Comme donc il sera nécessaire peut-être de tems en tems de faire des renvois, c'est par cette raison seule que je ferai des divisions. Et je ne me suis imposé la géne d'écrire dans une langue, que je sais encore moins manier, que la mienne propre, que pour suivre d'autant plus sûrement mon guide ; m'exposant bonnement au réproche d'avoir écrit en barbare, pourvû qu'on ne puisse point revoquer en doute ma sincerité, esperant toujours de pouvoir éviter le plus grand des vices d'un homme, qui s'essaye sur la verité, savoir l'ambiguité, ou, ce qui est le pire de tout, une obscurité recherchée.

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