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Le voile leve1Le voile levé pour les curieux, ou Le secret de la révolution de France révélé à l'aide de la Franc-Maçonnerie ; suivi de la Conjuration contre la religion catholique et les souverains dont le projet fut conçu en France pour être exécuté dans l’univers.

Ouvrage qui achève de démasquer les Francs-Maçons, et de confondre les Philosophes et les Sectaires de tous les genres, par l’Auteur du Voile levé par les curieux

Par Mr l’abbé François Lefranc, Supérieur des Eudistes de Caen, tombé sous la hache des assassins, à Paris, le 2 septembre 1792

Nouvelle édition - Paris, et se trouve à Liège, chez Duvivier, imprimeur libraire, rue Vinâve d’île, n° 603 - 1816

 Le voile levé pour les curieux

Chapitre VIII – Des Martinistes – Pages 212-222

[p. 212] Cette secte, qui a pris son nom de Mr. de Saint-Martin, qu'elle reconnaît pour chef, n'a été pendant longtemps connue qu'à Avignon. C'était dans cette ville qu'elle tenait ses assemblées, et qu'on allait s'y faire recevoir. Les Parisiens y allaient en foule, et après s'être fait initier dans les secrets de cette secte, ils ont formé à leur tour des assemblées, premièrement [p. 213] hors de Paris, et ensuite dans le sein de cette capitale, où Mr. de Saint-Martin est venu enseigner sa doctrine. Plusieurs de ses prosélytes avaient déjà acquis une grande réputation par leurs talents, et ont beaucoup contribué à lui attirer des disciples. On distingue parmi eux, les Bert..., les d'Esp..., les év…, de B , la d.... de B des prêtres, des religieux, des philosophes, des célibataires, des femmes de tout rang. Son ton modeste, ses explications mystiques, ses visions, ses mœurs pures à l'extérieur, lui ont donné un grand crédit aux yeux de ceux qui se laissent prendre par les apparences.

On peut juger, par les ouvrages de Mr. de Saint-Martin, qu'il tient aux mystiques et aux illuminés. Le premier est intitulé : Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers ; à Edimbourg, 1782. Le second a pour titre : Des erreurs et de la vérité, ou les hommes rappelés aux principes universels de la science ; Edimbourg, 1782.

Si on en croit cet auteur, son système est la clef de toute la mythologie, l'explication, des allégories et des fables de tous les peuples, le modèle des lois qui régissent l'univers et qui constituent tous les êtres ; enfin, il prétend qu'il est la base de tout ce qui existe et de tout ce qui s'opère, soit dans l'homme, soit hors de l'homme ; et indépendamment de la volonté.

Mr. de Saint-Martin prétend indiquer par son système, la cause par laquelle, on voit parmi les hommes, une variété universelle de dogmes et de systèmes ; une multitude innombrable de sectes philosophiques, politiques et religieuses, dont chacune est aussi peu d'accord avec elle-même, qu'avec toutes les autres. Il soutient enfin, que ses principes sont les seuls fondements de toute vérité. [p. 214]

On est étonné de voir tant de suffisance sous un air séduisant de modestie ; mais on l'est bien davantage, quand on voit que ce nouvel auteur ne fait que donner un habit au système des manichéens, en y ajoutant quelques singularités de sa façon. Par exemple, il dit que le bien est pour chaque être l'accomplissement de sa propre loi, et le mal, ce qui s'y oppose. On voit clairement qu'il assimile les actions des hommes à celles des animaux, et aux productions de la nature, puisqu'elles sont toutes l'accomplissement de la loi de chaque animal, de chaque plante, de chaque être. Dans cette hypothèse, la vertu n'est pas plus méritoire pour l'homme, que le fruit ne l'est pour l'arbre qui l'a produit. Mr. de Saint-Martin développe et confirme le sens que nous donnons à ses paroles, lorsqu'il ajoute : « que la loi de tous les hommes, tient à une loi première, celle de la nature ». Par cette loi fondamentale de son système, il fait dépendre tous les hommes de l'organisation de l'univers, et rentre dans les correspondances et les émanations dont parle Swedemborg.

La manière, dont Mr. de Saint-Martin explique la moralité des actions humaines, n'est pas moins condamnable. Elle consiste, selon son système, dans la volonté que l'homme a de s'approcher, ou de s'éloigner du bon principe ; et cette volonté peut sans le secours de Dieu, faire invariablement le bien : il dépend même d'elle, de n'avoir aucune idée du mal. « Quand l'homme, dit-il, s'étant élevé vers le bien, » contracte l'habitude de s'y tenir invariable- » ment attaché, il n'a pas même l'idée du mal ». Ainsi, si l'homme avait constamment le courage et la volonté de ne pas descendre de cette volonté, pour laquelle il est né, le mal ne serait jamais rien pour lui.

On sent combien ce système est oppose à la [p. 215] doctrine de l'Eglise Catholique sur le péché originel, sur la concupiscence et la pente naturelle que l'homme sent en lui-même vers le mal.

Les idées de cet auteur, ne sont pas moins répréhensibles sur la création de cet univers. « Il n'existe, dit-il, que par les facultés invisibles de la nature. Ces facultés créatrices invisibles ont une existence nécessaire, indépendante de l'univers ; mais il résulte de leur nature un principe actif et invisible. »

C'est en d'autres termes le système de Swedemborg; et, par conséquent, ils tendent tous les deux au même but, c'est-à-dire, à ne faire aucunement intervenir la divinité dans la création du monde. On retrouve même à peu de choses près, les mêmes notions sur le vice et la vertu. Mr. de Saint-Martin fait dépendre de l'esprit de l'homme et de sa volonté, le bonheur dont il peut jouir. C'est encore un nouveau trait de ressemblance avec Swedemborg.

« Le bonheur de l'homme, dans son état primitif, consistait, dit-il, dans la connaissance intime, et la présence continuelle du bon principe ; son malheur vient de ce qu'il est séparé de ce même principe, qui est la seule lumière, et le seul appui de tous les » êtres. »

Pour retrouver ce bonheur, que reste-t-il à faire à l'homme, sinon de se rapprocher de ce bon principe, ce qui n'est pas sans doute au-dessus des forces de l'homme. Mr. de Saint- Martin enseigne ce rapprochement par les efforts continuels qu'il conseille, pour se tenir à ce principe par la contemplation, ou pour s'en rapprocher par les actes de la volonté. Selon, ce mystique, toute la force de l'homme est dans sa volonté et son esprit. Jamais il n'invoque la grâce de Jésus-Christ ni l'assistance de son esprit ; ses idées religieuses ne [p. 216] ressemblent en rien à ce que le dogme catholique enseigne.

« La religion, dit-il, consiste dans la correspondance nécessaire de la pensée de l'homme avec la cause première, le principe actif et intelligent de tous les êtres. »

Si cette correspondance est nécessaire, il n'y aura plus ni liberté, ni mérite dans l'exercice des devoirs de religion ; et si la religion ne consiste que dans cette correspondance de la pensée, il ne faut plus de culte public, de temples, de pontifes, de prêtres, de sacrifices, de prières. Le système de Mr. de Saint-Martin renverse donc toute la religion catholique ; et non seulement elle, mais toutes les religions connues, qui ont un culte, des cérémonies, des ministres, des temples, une doctrine. Voilà le grand but de la mysticité de notre nouveau dogmatisant ; il faut, si on l'en croit, reléguer la religion hors du monde.

La religion nouvelle commence, dit son fondateur, avec la pensée, elle naît avec elle, et n'est autre chose, qu'un rapport de l'esprit de l'homme, avec l'esprit ou l'intelligence universelle, que Mr. de Saint-Martin ne définit pas, mais qu'on devine bien, d'après ses principes, être la nature.

Cet auteur ne paraît pas combattre en face la religion chrétienne, mais il pose des principes qui y sont si opposés, que si on les admet une fois, il s'ensuit nécessairement que la religion juive, la chrétienne, celle même des patriarches, sont autant de fausses religions.

Son moyen victorieux de réunir toutes les sectes, et tous les systèmes de religion, « c'est de faire dépendre tous les cultes d'une cause unique, en sorte que toutes les religions soient relativement à cette cause, comme les points de la circonférence d'un cercle, dont on tire des lignes qui viennent se réunir à un [p. 217] centre commun, à cet être, centre unique de tous les êtres »; c'est-à-dire à la nature, dont selon la nouvelle philosophie, tous les êtres émanent, et dans laquelle ils rentrent.

Tous ces systèmes rejettent la révélation, la religion révélée, Jésus-Christ, les mystères, les sacrements ; en un mot, le superbe ensemble d'une morale divine, d'une religion divine, d'un pontife Dieu et homme, d'un sacrifice divin, où la victime d'un prix et d'une valeur infinies, peut, par sa vertu, réconcilier la terre avec le ciel, et élever les mortels jusqu'à les faire entrer dans la société de Dieu même, et les rendre participants de sa propre félicité. Que nous donnent les auteurs de ces systèmes, à la place de ce qu'ils nous ôtent ? des idées d'une fausse mysticité, d'une métaphysique sombre ; des erreurs cent fois réfutées et frappées des anathèmes de l'Eglise de Jésus-Christ. Voilà ce que ces fanatiques offrent au monde qu'ils abusent et qu'ils précipitent dans l'athéisme et l'irréligion.

Les idées de Mr. de Saint-Martin, sur la nature de l'homme, ressemblent à celles de Swedemborg, puisqu'il admet un principe immatériel dans la matière, et un autre dans l'homme ; c'est ce que Swedemborg appelle le monde spirituel ; ainsi ces deux auteurs ne diffèrent que dans les termes. Selon Mr. de Saint-Martin, l'être immatériel de l'homme provient immédiatement de la source des êtres, au-lieu que l'être immatériel des corps n'en provient que médiatement. C'est-à-dire sans doute, que cet être immatériel des corps ne leur est pas inhérent comme il l'est dans l'homme ; mais qu'il leur est surajouté par l'opération des génies qu'il suppose être attachés à chaque corps, comme le prétendaient les gnostiques et les philosophes. Soit que Mr. de Saint- Martin ne veuille pas mettre son système à [p. 218] découvert, ou qu'il ne soit pas encore fini, on y trouve beaucoup de choses imparfaitement développées. Cependant, on trouve des rapprochements sensibles entre le système de Swedemborg et celui de Mr. de Saint-Martin.

La science des nombres est surtout pour lui une source inépuisable d'idées. Il prétend que le corps de l'homme a été constitué par un nombre ; mais il n'explique pas dans son livre cette science mystérieuse. Il l'a empruntée de la philosophie et de la cabale ; et ne l'a en quelque sorte ressuscitée, que pour ne pas reconnaître le mystère de la Sainte Trinité, pour ne pas appeler Dieu par son nom, et ne pas lui attribuer la création et le gouvernement du monde. S'il connaît les mystères des anciens et la science qui s'y enseignait, il doit savoir que le premier nombre, qu'il appelle le Tetragrammaton, et auquel il attribue tant d'efficacité, n'est que le mot Jehova, composé en hébreu de quatre lettres, ce qui lui a fait donner le nom de Tetragrammaton. Ce mot est donc le nom de Dieu. Quand Mr. de Saint- Martin attribue la création du monde au nombre quatre, il n'envisage que les quatre lettres dont le nom de Dieu est composé, et ne fait nulle attention à sa personne, ce qui est ridicule. Nous avons montré, en parlant des francs- maçons, qu'ils attribuaient au même nom de Jehova, les miracles de Jésus-Christ, selon l'esprit de la cabale, et cela pour ne pas reconnaître la puissance et la divinité de Jésus-Christ. C'est dans le même esprit, que Mr. de Saint-Martin attribue au nom de Dieu, ce qui appartient à sa personne.

Les philosophes mettaient du mystère dans le nombre quatre et dans le nombre trois ; et cela était nécessaire pour éviter de révolter le peuple païen. Ces nombres mystérieux étaient expliqués dans les assemblées secrètes que l'on [p. 219] tenait à Eleusis, et l'on montrait qu'ils renfermaient la religion des patriarches, la science d'un Dieu en trois personnes ; ce qui était opposé à la pluralité des dieux que l'on admettait au théâtre et parmi le peuple. C'est Macrobe qui nous l'apprend, dans son commentaire sur le Songe de Scipion. Le nombre sept est, dit-il, le nœud de presque toutes les choses, et le seigneur et le dispensateur de toute la fabrique du monde ; parce que le nombre sept est composé de quatre et de trois, selon Pythagore, et qu'on apprenait dans les mystères, à attacher la religion du serment au nombre quatre, et la sanctification des dieux au nombre trois ; c'est-à-dire, à respecter le nombre quatre comme renfermant le nom de Dieu, et à ne prononcer que le Tetragrammaton, pour ne pas profaner le mot Jehova. On avait sans doute appris des Juifs, qu'il ne fallait jamais le prononcer selon l'usage établi parmi eux. Ils prononcent en effet Adonaï toutes les fois qu'ils rencontrent Jehova dans les Saintes-Ecritures. D'après les mêmes principes, le nombre trois avait infailliblement rapport aux trois personnes divines, puisque c'est par elles que tout est sanctifié au ciel et sur la terre.

« Macrobius, in Somnium Scipionis, docet septenarium. numerum rerum omnium ferè nodum esse, et totius fabricae dispensatorem ac dominum. Refert Pythagoras quaternarium et ternarium, ex quibus septenarius, inter arcana venerari, ut ex quaternario ad sanctificationem deorum uterentur ». (Pausanias)

Qu'on ne s'étonne pas que les Grecs aient eu connaissance de nos mystères et qu'ils aient été conservés et mis au nombre des choses sacrées que l'on enseignait aux initiés aux mystères d'Eleusis ; ce sont les anciens monuments de la piété et de la religion des [p. 220] patriarches conservés dans nos Gaules longtemps avant que les Romains vinssent les conquérir, et transmis avec quelques altérations  dans les mystères des Grecs. Les Juifs vendus aux Grecs par les Tyriens et les Sidoniens, plus de six cents ans avant Jésus-Christ, purent encore apprendre aux maîtres qui les achetèrent, les secrets de leur religion ; les Lacédémoniens qui se vantaient de descendre d'Abraham (Machab. II, v. 19) pouvaient les connaître aussi. Voici le passage du prophète Joël, qui confirme que les Juifs ont été vendus aux Grecs : » Quid mihi et vobis, Tyrus et Sidon?... Argentum enim meum et aurum tulistis : et desiderabilia mea, et pulcherrima intulistis in delubra vestra : et filios Juda, et filios Jérusalem, vendidistis filiis Graecorum : ut longe faceretis eos definibus suis » (Joël, III, c. 5, 6). [Traduction : Que me voulez-vous, Tyr et Sidon ?... Car vous avez enlevé mon argent et mon or ; et vous avez emporté dans vos temples ce que j'avais de plus précieux et de plus beau… Vous avez vendu les enfants de Juda et de Jérusalem aux enfants des Grecs pour les transporter bien loin de leur pays. Je livrerai vos fils et vos filles entre les mains des enfants de Juda, et ils les vendront aux Sabéens, à un peuple très éloigné ; c'est le Seigneur qui l'a dit.]

Il est assez naturel de faire parler un étranger, de son pays, de sa religion, de ses usages, de son ancien état ; les Grecs purent donc connaître par leurs esclaves, beaucoup de choses qui regardaient la religion des Juifs ; d'ailleurs ces esclaves transplantés de Jérusalem et de la Judée, purent même obtenir de leurs maîtres, la liberté de faire les exercices de leur religion, et je ne sais si leurs assemblées ne donnèrent point naissance aux mystères secrets qui s'établirent dans la Grèce.

Quoi qu'il en soit, il est bien singulier, que tous nos francs-maçons, nos illuminés, nos mystiques, nos philosophes veuillent substituer les emblèmes de la véritable religion, à cette, religion même, et nous replonger dans les ténèbres et les obscurités de l'ancienne philosophie, pendant que nous jouissons de la lumière, que nous avons la connaissance la plus claire du dogme et des vérités de la Religion divine, que Jésus-Christ nous a apportée des Cieux ! [p. 221]

Semblable aux illuminés Rose-croix, le sieur de Saint-Martin ne se contente pas de renverser les fondements du temple sacré que la sagesse elle-même est venue élever à la Divinité ; il étend encore sa main destructive sur le gouvernement, sur les lois civiles et criminelles, sur les mathématiques, sur l'anatomie, la grammaire, la poésie, la médecine, et finit par donner l'idée d'un livre mystérieux sur l'homme.

S'il se trouvait quelque monarque qui voulût adopter ses principes, il lui conseilleront de rapporter toutes ses opérations au centre commun de l'univers, de prendre ses règles de gouvernement, non dans le cœur de l'homme, dans les lois morales de la société, dans les livres saints ; mais dans les correspondances que les parties de l'univers ont entr'elles.

Enfin M. de Saint-Martin réveille les rêveries de Cardan, en peuplant l'univers d'esprits invisibles auxquels on peut ressembler en se purifiant. Comme ce visionnaire, il recommande à ses disciples de se purifier le cœur, pour pénétrer les mystères secrets de sa doctrine ; il admet des esprits intermédiaires entre nous et la Divinité. Cependant il a l'air moins insensé que Cardan ; il affecte même de prescrire aux personnes, qui le consultent, les livres de la plus haute spiritualité ; surtout ceux dans lesquels il est fait mention de l'homme intérieur et extérieur, spirituel et charnel, terrestre et céleste ; parce que ces termes, usités parmi les mystiques, qui y attachaient un sens différent de celui qu'y attachent les Martinistes, diminuent l'odieux de leurs systèmes. Mais on n'est pas longtemps à reconnaître ceux qui marchent dans la voie de Dieu, et à les distinguer de ceux qui s'égarent dans les sentiers de l'erreur. Les livres catholiques, qui traitent de la vie spéculative, contemplative, unitive, décrivent les états, par lesquels ont passé des âmes auxquelles Dieu [p. 222] a bien voulu communiquer des grâces extraordinaires ; mais ils ne font pas une science de ce qui n'est qu'un don de Dieu, au lieu que tous les nouveaux illuminés se vantent de conduire an même but méthodiquement, par les secrets de leur métaphysique, et leur morale antichrétienne.

Hélas ! quand verrons-nous la fin du règne des illuminés ? Emmanuel Swedemborg a succédé à Jean Ruremonde, qui se disait inspiré de Dieu pour rétablir la pure doctrine, et prêcher que dans peu, le royaume de la nouvelle Jérusalem serait fondé. Saint-Martin renouvelle l'extravagance de Gabrin, qui créait des chevaliers de l'Apocalypse, et se disait le prince du nombre septénaire. Comme Jacques Gaffarel, ils prétendent tous nous donner l'histoire du monde invisible et des esprits qui l'habitent ; et qui plus est, ils trouvent des hommes assez faibles pour les croire.

Une demoiselle, nommée Suzette Labrousse, du bourg de Vanxain, dans le Périgord, se présente sur les rangs, et fait déjà plus de prosélytes que les Mesmer, les Saint-Martin et les Swedemborg. C'est une illuminée d'un nouveau genre; elle dit qu'elle a des visions, et que Dieu lui a donné sa mission.

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