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Calendrier perpetuel 1872- Encyclopédie du dix-neuvième siècle

    Article Martinisme

- Bachelet

    Dictionnaire général des lettres, des beaux-arts et des sciences morales

    Article Illuminisme

1872 – Encyclopédie du dix-neuvième siècle

1872 Encyclopédie du 19sEncyclopédie du dix-neuvième siècle
Répertoire universel des sciences des lettres et des arts
avec la biographie et de nombreuses gravures.
Tome quatorzième
Paris
Au bureau de l’Encyclopédie du XIXe siècle
6, rue du Pré-aux-Clercs
1872

Article Martinisme, p. 589-590

MARTINISME : doctrine mystique et fort obscure dont les adeptes formaient deux sectes qu'on a souvent confondues, et relevant, l'une du portugais Martinez, l'autre de Saint-Martin. Ce dernier (Louis-Claude), dit le philosophe inconnu, naquit à Ambroise en 1743, et mourut à Aunay, près de Sceaux en 1803. A 22 ans il quitta la robe pour l'épée comme on disait encore, et les loisirs de la paix lui permirent de se livrer sans contrainte à ses études mystiques. Il se fit recevoir d'abord parmi les adeptes de Martinez-Pasqual, se lia ensuite avec les admirateurs de Swedenborg, et devint enfin disciple de Jacques Baham [sic pour Bœhme], dont il traduisit les ouvrages en français. Il voyagea en divers pays pour lier connaissance et correspondance avec les adeptes de ces doctrines. Un passage de Boulanger, dans lequel la fondation des religions était attribuée à la frayeur éprouvée par les hommes à la vue des grandes catastrophes de la nature, le détermina à publier son premier ouvrage, L’Examen des erreurs et de la vérité, auquel il donna une suite quelques années plus tard. Il publia ensuite le Tableau des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers. La pensée fondamentale de ce livre est résumée dans l'épigraphe. « Expliquer les choses par l'homme et non l'homme par les choses ». L'Homme de Dieu, le Nouvel homme, l'Esprit des choses, le Ministère de l'homme-esprit, succédèrent, à divers intervalles, à ces premières publications. Ces livres qu'il signait le Philosophe inconnu, n'étaient pas mis en circulation; il se contentait de les distribuer à ses amis. Des obscurités de style, des idées bizarres, l'abus de l'allégorie et des combinaisons numériques ne les empêchèrent pas d'exercer une vive action sur certains esprits, et en 1791 Saint-Martin fut présenté avec Berquin, Condorcet, Sièyes et Bernardin-de-Saint-Pierre, comme instituteur du jeune dauphin, fils de Louis XVI. La Révolution passa sur la tête du philosophe inconnu sans le déranger de ses travaux ; il vit dans ce grand mouvement un châtiment de la Providence contre la société française, et un moyen de réhabilitation qui lui était offert par la Providence. Cette idée exposée dans ses Lettres à un ami, a été depuis développée avec une grande vigueur par un écrivain célèbre qui avait beaucoup lu Saint-Martin, tout en s'en moquant un peu, par Joseph de Maistre, et ce n'est pas le seul emprunt que l'auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg ait fait à l'obscur et nuageux écrivain. Nous citerons encore de Saint-Martin : le Crocodile, poème épico-magique (102 chants), en prose mêlée de vers. C'est une satyre [sic] mystique sous des formes Rabelaisiennes, mais plus [page 590] inintelligible et beaucoup moins spirituelle que celle du Curé de Meudon. Les autres ouvrages de Saint-Martin ne sont que des brochures de polémique ou de circonstance. Ses Œuvres posthumes ont été publiées après sa mort en 2vol. in-8°. Il mourut d'apoplexie, mais il prévoyait sa fin, et les jours précédents il annonçait que son œuvre était terminée, et qu'il ne lui restait plus rien à faire sur la terre. J. FLEURY.

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1872 – Bachelet - Dictionnaire général des lettres, des beaux-arts et des sciences morales

1872 Encyclopédie du 19sDictionnaire général des lettres, des beaux-arts et des sciences morales
Théodore Bachelet
Avec la collaboration de Louis Charles Dezobry
Auteur de Rome au siècle d’Auguste
et l’un des auteurs-directeurs du Dictionnaire de biographie et d’histoire
Deuxième partie
(troisième édition)
Paris
Ch Delagrave et Cier, libraires-éditeurs
78 rue des écoles
1872

Article Illuminisme, page 1052

Illuminisme, sorte de mysticisme vulgaire, dont le caractère essentiel est, chez les adeptes, la prétention de s'élever à la connaissance du surnaturel, surtout en matière religieuse. D'après son principe, énoncé par Swendenborg [sic], que l'Entendement est le réceptacle de la lumière, l'illuminisme doit mettre l'homme en communication avec le monde spirituel, en commerce avec les esprits, et lui découvrir les mystères les plus obscurs. C'est moins une doctrine qu'un état de l'âme contagieux et susceptible de revêtir des formes différentes. Il tient à la théurgie chez les derniers Alexandrins, au gnosticisme dam les premiers siècles de l'ère chrétienne ; comme le gnostique, l'illuminé ne contemple pas ce qu'il voit, mais ce qu'il ne voit pas. Aux XIIIe et XIVe siècles, les sectes qui se rattachent au joachimisme s'en rapprochent plus ou moins. En Allemagne, les Beggards donnent au joachimisme une teinte métaphysique qui annonce l'illuminisme de Jacob Bœhm. Celui -ci devint un des plus célèbres représentants de la secte : son ignorance le rendait plus propre à recevoir la lumière d'en haut, et ce ne fut qu'après trois visions qu'il prit la plume. Avec lui l'illuminisme devint un obscur système de métaphysique et de panthéisme. La secte des Rose-Croix le plaça sur le terrain de la chimie, ou plutôt de l'alchimie, en prétendant découvrir les mystères de la nature. Dans les nombreux écrits du Suédois Svedenborg [sic], l'illuminisme embrasse l'univers entier, le ciel; la terre et même l'enfer (V. Du Ciel et de l'Enfer, Londres, 1788, in-4°; Des terres australes et planétaires, et de leurs habitants, Londres, 1758). Vers 1754, Martinez Pasqualis affilia l'illuminisme à quelques loges maçonniques, et lui donna un caractère cabalistique, prétendant à des manifestations visibles au moyen d'évocations théurgiques. Saint-Martin, initié par Martinez, renonça à cette folie pour s'enfermer dans la théosophie pure. L'illuminisme de Saint-Martin se montra chez quelques personnages de la Révolution, et ce philosophe inconnu fut enveloppé dans les poursuites dirigées contre Catherine Théot, Dom Gerle et plusieurs autres. Mais le véritable illuminisme politique, au XVIIIe siècle, remonte au Bavarois Weishaupt, qui le répandit par toute l'Allemagne et même, en France ; il ne se proposait rien moins que l'abolition de la propriété, de l'autorité sociale et de la nationalité ; il aspirait à faire du genre humain une seule et heureuse famille, arrivant ainsi aux rêveries d'un utopisme extravagant. V. Illuminés, dans notre Dictionnaire de Biographie et d’histoire X. Rousselot, professeur de philosophie au lycée de Troyes.

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