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1853 – Précis analytique des travaux de l’Académie de Rouen 

1853 academie rouenPrécis analytique des travaux de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen pendant l’année 1852-1853.
Rouen, imprimerie de Alfred Péron, rue de la Vicomté, 55. - 1853

Compte-rendu du livre de Caro - Pages 324-325

Classe des belles Lettres.
Extrait du Rapport de M. le Secrétaire perpétuel de la Classe des Lettres et des Arts.

Entre tous les rapporteurs qui, chaque année, consacrent tant de labeur et de judicieuse sagacité à extraire, des nombreux ouvrages qu’on renvoie à leur examen, tout ce qu’ils jugent digne d’intéresser notre Société, M. Lévesque, le digne vice-président de l'Académie, se distingue toujours par son exactitude à rendre bonne justice à tous, et à ne laisser aucun mérite dans l’ombre. Cependant, nous sommes forcé, comme pour beaucoup d'autres, dont les rapports ne concernent que des mémoires de Sociétés savantes, d’omettre la plupart de ses travaux ; mais il en est un que nous ne saurions passer sous silence, parce qu’il a trait à un ouvrage important, sous les auspices [page 325] duquel l’auteur a été admis parmi les membres de l’Académie. Nous voulons parler de l’ouvrage de M. Caro, professeur de philosophie au Lycée de Rouen, lequel a pour titre : Du Mysticisme au XIXe siècle ; essai sur la vie et les ouvrages de saint Martin, le philosophe inconnu.

Certes, de toutes les intelligences plus ou moins ardentes et plus ou moins saines, qui, à toutes les époques, depuis l’origine du Christianisme, se trouvant trop à l’étroit dans les limites du monde visible, ont cherché, par de là, un inonde invisible, ou des esprits, avec lequel elles pussent entrer en communication, saint Martin dit le philosophe inconnu, est sans contredit, le plus pur dans ses doctrines, le moins apocalyptique et le moins délirant dans ses élans passionnés vers la Divinité. M. Lévesque n’avait donc pas de grands efforts à faire pour justifier M. Caro d’avoir choisi, pour sujet d’une étude approfondie, cette figure singulière, rêveur bizarre pour les uns, mystique sublime pour les autres. Aussi pense-t-il, en cette occurrence, que la meilleure justification du sujet, c’est le livre lui-même. Toucher, ne fût-ce que du bout de la plume, à ces mystérieuses doctrines dont M. Caro s’est fait l’interprète disert, et M. Lévesque, l’analyste exact et lumineux, ce serait forcément entrer dans des développements qui sont incompatibles avec les limites étroites de ce rapport. Nous nous contenterons donc de consigner ici le jugement du rapporteur : qu’il est, en philosophie, peu de pages plus solides, plus nettes, plus transparentes que celles dans lesquelles M. Caro analyse le mysticisme ; peu de plumes douées de plus de délicatesse que la sienne dans le récit de la vie de saint Martin ; peu de livres enfin d’une critique plus saine et plus claire, et dont l’auteur promette à la science plus de vraie lumière et de services.

bouton jaune Compte-rendu du livre de Caro

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