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Calendrier perpetuel 1840- Charma - Réponses aux questions de philosophie - Mysticisme connu sous le nom de théosophie - Article Saint-Martin
- Nodier – Souvenirs et portraits de la révolution - Les prisons de Paris
- Petit dictionnaire de l'Académie Française - Article Martiniste, martinisme
- Revue des Deux mondes – T 26 - Littérature anglaise. Night and morning by Edward Lytton Bulwer
- Revue de Paris – T 25 - La Russie d’aujourd’hui. Moscou et Saint-Pétersbourg
- Revue Le Semeur – n° 23 - Baader et l’université de Munich
- Robiano – Continuation de l’histoire de l’église - Illuminisme - Depuis la conspiration des illuminés, en 1776, jusqu’à leur découverte, en 1784
- Weiss – Biographie universelle Saint-Martin & Martinez Pasqualis

1841 – Charma - Réponses aux questions de philosophie 

1841 reponses questionsRéponses aux questions de philosophie contenues dans le programme adopté pour l'examen du baccalauréat ès lettres

Par Antoine Charma
Ancien élève de l’école normale, professeur de Philosophie à la faculté des lettres de Caen.

Seconde édition, entièrement refondue

Paris. Chez L. Hachette, Librairie de l’Université royale de France, rue Pierre Sarrazin, n° 12.

1841 - Article Saint-Martin

IV. Ecoles mystiques - B. Mysticisme connu sous le nom de théosophie

Article Saint-Martin

Pages 221-222

Saint-Martin, dit le Philosophe inconnu, naquit à Amboise, d'une famille noble, en 1743. Il fut initié au mysticisme par les martinistes, secte que venait de fonder et que dirigeait Martinez Pasqualis ; et il se livra avec eux à toutes les folies de la théurgie et à la recherche du grand œuvre. Les livres de Böhme achevèrent de l'illuminer : Böhme était, selon lui, la plus grande lumière humaine qui eût jamais paru. Saint-Martin, après avoir vécu dans une profonde obscurité, mourut, en 1803, d'une attaque d'apoplexie, au village d'Aulnay. Ses principaux ouvrages portent les titres qui suivent : 1. Des erreurs et de la vérité, ou les hommes rappelés au principe universel de la science ; 2. Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers, avec cette épigraphe tirée de l'ouvrage précédent : « Expliquer les choses par l'homme, non l'homme par les choses ; » 3. L'homme de désir ; 4. Ecce homo ; 5. Nouvel homme ; 6. De l'esprit des choses, avec cette épigraphe : « Mens hominis rerum universalitatis speculum est ; » 7. le crocodile, ou la guerre du bien et du mal arrivée sous le règne de Louis XV, poème épico-magique en 102 chants, mêlé de prose et de vers ; enfin il a traduit en français les principaux ouvrages de Böhme. Quelques lignes extraites du livre Des erreurs et de la vérité donneront une idée de la forme énigmatique sous laquelle cette philosophie s'enveloppe : « Autrefois l'homme avait une armure impénétrable, et il était muni d'une lance composée de 4 métaux, et qui frappait toujours en 2 endroits à la fois ; il devait combattre [222] dans une forêt formée de 7 arbres, dont chacun avait 16 racines et 190 branches ; il devait occuper le centre de ce pays ; mais s'en étant éloigné, il perdit sa bonne armure pour une autre qui ne valait rien ; il s'était égaré en allant de 4 à 9 ; il ne pouvait se retrouver qu'en revenant de 9 à 4. » Cependant ce n'est pas toujours dans ce style que Saint-Martin écrit, et on trouve de temps à autre, dans ses livres, des pages remarquables à la fois par l'originalité de la pensée et par l'élégance du style.

1841 – Nodier – Souvenirs et portraits de la révolution 

1841 Nodier souvenirsSouvenirs et portraits de la révolution: suivis du Dernier banquet des Girondins

Par Charles Nodier

Edition: 3

Paris, Charpentier, libraire éditeur, 29, rue de Seine

1841 -  Les prisons de Paris

Les prisons de Paris 

Extrait, pages 170-171

J'avais été introduit deux ans auparavant chez Bonneville par un docteur Seyffert, que le monde a oublié, et c'est ingratitude, s'il en fut jamais, car le docteur Seyffert n'avait de pensées que pour le bonheur du monde. Il est vrai que cela ne regardait ni vous ni moi, ni personne en particulier, mais un monde éventuel qui doit exister un jour, et une société de bâtisseurs occultes qui apportent depuis une centaine d'années des matériaux à la Babel intellectuelle de Weissaupt. Il était si facile alors de me faire monter sur les ailes mystiques des anges de Swedenborg, ou de m'enterrer [171] tout vivant dans les entéléchies massives de Saint-Martin, que je fus néophyte au premier appel, comme saint Paul. Le docteur Seyffert, qui savait tout (c'était un des privilèges de notre initiation), ne savait presque pas le français, et je ne l'en trouvais que plus imposant. Cela me faisait comprendre au moins pourquoi je ne le comprenais pas.

1841 – Petit dictionnaire de l'Académie Française 

1841 dictionnaire academiePetit dictionnaire de l'Académie Française

Extrait de la sixième édition (1835) 

Par MM. les correcteurs de la typographie de Firmin Didot frères

Paris, chez Firmin Didot Frères, libraires, imprimeurs de l’Institut, rue Jacob, 56

M DCCC XLI (1841) - Articles Martiniste, martinisme

Article Martiniste, martinisme, page 404

MARTINISME. s. m. Croyance particulière des Martinistes.

MARTINISTE. S. des 2 g. Se dit de certains illuminés qui prétendent être en commerce avec les intelligences célestes et avec les âmes.

1841 – Revue des Deux mondes – T 26 

1841 revue 2 mondes t26Revue des Deux mondes
Tome vingt-sixième. Quatrième série
Paris. Au bureau de la Revue des Deux Mondes, rue des Beaux-Arts, 10.
1er avril 1841 - Night and morning

Littérature anglaise. Night and morning by Edward Lytton Bulwer*

*Soir et matin, 2 vol. in-8°, chez Gosselin.

Extrait, page 929

Le génie romain-grec a pour but l'art lui-même. Le génie teutonique a pour but l'étude de la vie humaine. Les uns vont de la vie à l'art, et les autres de l'art à la vie. Pour les uns, la fin, c'est l'art : ils veulent créer une chose belle. Pour les autres, la fin, c'est la vie humaine, ils veulent s'en rendre compte. Avec la tendance vers l'art, on peut prêter une forme convenable à des œuvres assez belles en apparence, mais qui ne disent rien; il suffit, pour cela, d'imiter exactement les modèles et de calquer les formes; seulement on ne reproduira pas la vie. Le penchant vers l'étude de la vie peut produire des observations très importantes sous une forme très incomplète. Les œuvres de l'Allemand Novalis, ou du Français Saint-Martin (le philosophe inconnu), sont excessivement défectueuses quant à l'art; elles n'ont ni proportion, ni terme, ni limites; elles flottent comme des nuages, mais ces nuages sont remplis de clartés. Les œuvres du Trissino en Italie, et de quelques Français, par exemple la Navigation d'Esménard, offrent l'exemple contraire. Ce sont des choses assez belles quant à l'art , et des copies assez heureuses d'une très harmonieuse forme; mais elles sont vides quand on y regarde de près, et ne touchent à rien de ce qui concerne intimement la vie humaine, notre grande affaire. D'une part, la plus belle forme que l'on ait jamais inventée est la forme grecque. De l'autre, par sa précision même, par sa beauté finie, son exactitude complète et son paganisme, elle ne peut comprendre toutes les observations et tous les travaux de l'homme moderne sur sa vie et son destin.

1841 – Revue de Paris – T 26

1841 revue de paris t26Revue de Paris
Nouvelle série. Année 1841
Tome vingt-sixième
Paris.
Au bureau de la Revue de Paris, quai Malaquais, 17
1841 - Des idées sociales – Réformateurs modernes

Des idées sociales – Réformateurs modernes, par Louis Reubaud

Extrait, page 48

[...] Au lieu d'attendre patiemment des adhésions moins exigeantes, ou de travailler à désarmer le soupçon par une discussion aussi noble et franche que possible, les disciples de Saint-Simon se mirent à commenter dans un sens de plus en plus dogmatique la parole de leur maître. Se croyant appelés, quelques-uns d'entre eux au moins, à renouveler saint Paul, ils s'armèrent de l'intolérance, vieux glaive ébréché, et entreprirent de violenter les convictions. A peine engagée dans cette voie désastreuse, l'école saint-simonienne déclina rapidement. Voulant mener de front le développement du dogme et la fondation du culte, elle en vint peu à peu, entre le mysticisme spéculatif de Swedemborg et les velléités apostoliques de Simon Morin, sur la double trace de Martinez Pasqualis et de François Davesne, à ne plus exciter qu'une ironique indifférence, trop bien justifiée par l'adoption d'un costume ridicule et par la rédaction des formules apocalyptiques consignées dans le Livre Nouveau. Mais Saint-Simon ne saurait être rendu responsable, en bonne loyauté, de cette triste et hâtive conclusion donnée à ses idées par quelques disciples aveugles et inhabiles ; et sa gloire n'en demeure pas moins réelle et durable, pour la tendance religieuse que la philosophie sociale a reçue de lui.

1841 – Revue Le Semeur – n° 23

1841 Le Semeur t23Le Semeur
Journal religieux, politique, philosophique et littéraire, paraissant tous les mercredis
Tome dixième – Du 1er janvier au 31 décembre 1841 –
N° 23 – 9 juin 1841
Paris, au bureau du Semeur, rue des Petites écuries, n° 13.
1841 - Baader et l’université de Munich

Baader et l’université de Munich

Pages 177-178

Nous apprenons une perte qui se fera vivement sentir. Franz Baader vient de mourir à Munich après une courte maladie. Il était un des esprits les plus distingués de l'Allemagne philosophique et des appuis les plus utiles à la cause de la science chrétienne. Né à Munich en 1765, il se fit remarquer de bonne heure dans une famille où les talents étaient de tradition. Il s'occupa d'abord de sciences naturelles, et fit, en 1791, un voyage en Angleterre, entrepris pour visiter les mines. Plus tard, lorsque l'université de Munich fut créée, il y fut nommé professeur honoraire et put ainsi se consacrer tout entier à la philosophie. Il avait déjà marqué la place qu'il devait y occuper en réfutant la philosophie morale de Kant par des observations pleines de sagacité, à l'époque où ce génie asservissait l'Allemagne à ses idées, et dès lors il suivit tous les progrès que la pensée fit avec Fichte, Schelling et Hegel, sans se laisser égarer à leurs erreurs. Ce mouvement et cette stabilité s'expliquent par des convictions chrétiennes qui ne furent jamais obscurcies.

L'habitude des mystiques les plus profonds l'avait tout à la fois préparé à la philosophie de la nature et prémuni contre son danger. Il comprenait l'importance de leur étude pour la spéculation chrétienne, et Jacob Bœhme et saint Martin étaient ses auteurs de prédilection. Jacob Bœhme, pauvre cordonnier qui, un jour dans son échoppe, il y a plus de deux siècles, seul avec sa Bible et son génie, osa affronter les problèmes les plus redoutés, répandit la lumière sur les questions les plus ténébreuses et pensa un système, qui devançait trop son temps pour en être compris, trésor où les nouvelles écoles d'Allemagne ont puisé de précieuses richesses ; Saint-Martin, presque ignoré en France, difficile assurément, étrange parfois, mais théosophe ingénieux, élégant, plein d'aperçus nouveaux sur la religion, la société, la littérature. On peut aussi reprocher à Baader quelques préoccupations fâcheuses et certaines bizarreries mystiques ; mais son esprit est trop grand pour ne pas revenir bientôt à la sagesse. Il se distingue même par la direction pratique de ses recherches. On a de lui, sur des questions sociales, des brochures remarquables d'indépendance et d'originalité. Seul peut-être dans son pays, il a vu que le danger imminent de nos jours venait des prolétaires et de l'injustice dont ils souffrent, et cherché un moyen de la réparer. Il avait sur la nécessité du progrès des idées rares en Allemagne, et le voulait dans l'ordre religieux comme dans l'ordre politique. Aussi, malgré son catholicisme, était-il adversaire déclaré de la suprématie romaine, et protestait-il avec énergie contre l'oppression qu'elle fait peser sur la pensée. Ceci ne le mettait guère en faveur à Munich : aussi ses dernières années, il eut le chagrin de voir diminuer une influence dont on se défiait.

Baader n'a eu ni dans ses écrits, ni dans son enseignement, une forme stricte : il dédaignait l'apparence systématique qui cache le vide de la pensée. Si son exposition paraît manquer de méthode, son mouvement rapide, libre, imprévu, rachète bien ce défaut, et l'on sent partout l'unité vivante et l'affinité des idées. Baader n'est jamais diffus : ses écrits exigent une lecture attentive, mais ils étincellent d'esprit et de verve ; il y poursuit l'erreur avec une impitoyable ironie, et lui imprime au front de ces paroles qui la dénoncent à la justice du bon sens et de la morale.

L'université de Munich se dépeuple ainsi de ses gloires. Hier, c'était Mœhler, l'excellent théologien du catholicisme : aujourd'hui, Schelling et Baader. Du reste, son éclat ne pouvait guère durer : il faut à la pensée une liberté que le bon plaisir du roi de Bavière n'est pas disposé à lui prodiguer. Munich était, il y a peu de mois, la première école philosophique de l'Allemagne et le centre d'une réaction chrétienne toujours plus puissante contre l'école de Hegel qui avait sa métropole à Berlin. Les autres universités, d'après ces influences rivales, sont divisées en deux partis aux prises pour une lutte opiniâtre, où les incidents curieux ne manquent pas. Cette réaction était conduite par quatre hommes unis par les convictions chrétiennes, et bien différents, d'ailleurs, Schubert, Gœrres, Schelling et Baader. Les deux premiers restent seuls à Munich.

Schubert cause avec charme et sensibilité de l'âme et de la vie ; gracieux, inoffensif, il est mal à l'aise dans la discussion où il demeure du moins toujours aimable : il n'éveille aucune des susceptibilités du piétisme envers la science ; mais persuadera-t-il les esprits exigeants ? Il faut se défier des choses faciles, et peut-être trouvera-t-on [p.178] qu'il atteint une pensée sérieuse par une méthode trop peu sévère.

Gœrres, emporté, âpre à la lutte, est encore le même homme dont la voix souleva par toute l'Allemagne l'orage national contre Napoléon. Aujourd'hui il a quitté la religion de la nature pour le catholicisme le plus outré, et il s'y est jeté avec une fougue dont le zèle semble quelquefois du fanatisme ; esprit pompeux, enthousiaste, d'une solennité un peu monotone, qui passionne aux intérêts de la hiérarchie une parole orientale et une imagination apocalyptique. Dans son enseignement il ne s'abaisse pas à la preuve, il révèle ; il a tort, nous sommes devenus gens de petite foi : mais malgré cela son éloquence trouble, remue, entraîne. Pourquoi cependant, à l'article des droits de Rome, préfère-t-il avec tant d'autres le paradoxe et l'arrogance ?

On connaît le changement de Schelling. Après avoir créé une philosophie qui révolutionna la pensée, il doute de lui-même, il se condamne à un silence de plusieurs années, et rapporte de cette longue et sévère méditation, non pas seulement un nouveau système, mieux encore, une nouvelle méthode. Embrassant d'un regard l'histoire de la philosophie, il avait vu que son effort à tout comprendre par la raison, à tout enchaîner par un lien nécessaire, avait pour résultat inévitable d'effacer la liberté de l'univers, et avec elle l'ordre moral et religieux ; et il montre ainsi que pour échapper au panthéisme et à ses tristes conséquences, pour connaître un monde où la liberté produit un ordre de faits qu'il est impossible de déterminer d'avance, il est indispensable d'introduire dans la méthode, à côté du procédé logique, celui de l'expérience. Admirable poète quand il parle de la nature et de la beauté, il est orateur à la manière de Bossuet quand il raconte les aventures de la pensée humaine. Inspiré du sentiment des divines harmonies du monde, il reproduit dans son système sa simple et majestueuse ordonnance. Mais a-t-il tenu complètement sa promesse ? Ne s'est-il pas trop souvenu peut-être de ses premières spéculations ? Nous ne pouvons nous empêcher de le craindre, et si Baader n'a pas autant de grandeur dans sa manière, il nous paraît, avec une dialectique aussi puissante, plus acérée même, avoir un christianisme plus précis, et maintenir, dans toute leur réalité, la chute et la rédemption, ces deux faits qui règnent sur notre histoire.

1841 – Robiano – Continuation de l’histoire de l’église -

1841 hre eglise t96Continuation de l’histoire de l’église de Bérault-Bercastel, depuis 1721 jusqu’en 1830

Par M. l’abbé [Louis Marie Joseph] comte de Robiano

Tome second, de la conspiration des illuminés en 1776 à la fin des persécutions du Ton-King et de la Cochinchine, vers 1800.

Librairie catholique de Perisse frères
Lyon, rue Mercière, 33.
Paris, rue Pot de Fer Saint Sulpice, 8
1841

=> Voir l'article sur le site : Livre quatre-vingt seizième : Illuminisme - Depuis la conspiration des illuminés (1), en 1776, jusqu’à leur découverte, en 1784

1841 – Weiss – Biographie universelle 

1841 biographie universelle t4Biographie universelle ou Dictionnaire historique contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, des articles consacrés à l’histoire générale des peuples, aux batailles mémorables, aux grands évènements politiques, aux diverses sectes religieuses, etc.
par une société de gens de lettres, sous la direction
de M. Weiss, bibliothécaire à Besançon.
Nouvelle édition
Tome cinquième
PLU-SZY.
Paris
Furne et Cie Libraires – Éditeurs.
55, rue Saint-André des Arts.
1841

=> Voir sur le site l'article : Saint-Martin & Martinez Pasqualis 

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