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Article « Jacobins ». Extrait page 312.

« Ce n’est point par hasard que se voient dans cet antre commun tous ces antiques conjurés des lycées et des loges parisiennes, et que dans ce même antre viennent se réunir tous les frères qui ont brillé dans celles des provinces ; Barrère, Mendouze, Bonnecarrère et Collot-d’Herbois. Ce n’est point par hasard qu’à Paris, comme dans les provinces, tous les clubs jacobins se composent en général des adeptes rose-croix, ou chevaliers du Temple, chevaliers du Soleil, ou kadosch ; de ceux-là plus spécialement encore, qui sous le nom de philalètes, ont suivi à Paris, à Lyon, à Avignon, ou Bordeaux, ou Grenoble, les mystères de Swedenborg. Qu’on cherche en ce moment ces frères si zélés de Saint-Martin, les Savalette de Lange, les M*** ou bien les W***. Ils avaient renchéri sur les rose-croix, leurs antiques devanciers ; ils vont encore les surpasser aux Jacobins (1).

1. C’est une observation qui n’a pas échappé aux Allemands, et que je retrouve dans mes mémoires. Les francs-maçons  jadis grands visionnaires parmi les rose-croix et les philalètes, se trouvèrent bientôt les plus zélés apôtres de Weishaupt et de sa révolution. Les Allemands nous citent surtout le martiniste Hülmer, fameux en Prusse, et un George Fœster, qui, dans les mystères de Swedenborg, passait des quinze jours à jeûner, à prier, pour obtenir tantôt la vision d’un esprit, tantôt la pierre philosophale. L’un et l’autre sont aujourd’hui les plus forcenés jacobins. En France, nous avons eu aussi bien des exemples de cette espèce. Nous pouvons citer spécialement ce Prunelle de Lierre, d’un homme très aimable d’abord, et même d’un bon naturaliste, devenu une espèce de hibou martiniste, et par note nouvelle métamorphose, tout aussi forcené que le jacobin Fœster. P*** était à Lyon pour la correspondance des martinistes ce qu’était Savalette à Paris ; mais il prenait moins de précautions. On le voyait aller en loge, suivi d’un portefeuille que son domestique avait de la peine à porter. Les mystères de Weishaupt entrèrent dans ce portefeuille ; la révolution arriva ; P*** se trouva un des plus furieux jacobins, ainsi que M***, son co-adepte. Que ne peut-on pas dire des martinistes d’Avignon ? Est-il rien qui surpasse la férocité qu’ont montré les excitateurs de cette loge ? Tout cela me confirme encore davantage qu’entre les adeptes de Swedenborg et ceux de Weishaupt, il n’y avait qu’un pas à faire. La soi-disant théosophie de l’un ne vaut pas mieux que l’athéisme de l’autre. Weishaupt conduit plus droit au terme ; mais la destruction de toute religion est le but commun de leurs mystères. Il est même à remarquer que Weishaupt fut aussi sur le point de fonder les siens sur tonte la théosophie du feu principe et sur la théologie des Perses, comme l’ont fait les chevaliers du Phoenix, philalètes et martinistes. (Voy. Écrits orig. des Illum., t. 1, lettre 16).

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