1866 - Le Trésor littéraire de la France 

1866.tresor.litteraireRecueil en prose et en vers de morceaux empruntés aux écrivains les plus renommés et aux personnages les plus remarquables de notre pays depuis le XIIIe siècle jusqu'à nos jours

Publié par la Société de gens de lettres
Sous le personnage du Ministère de l'Instruction publique

Les Prosateurs

Paris - Librairie Hachette et Cie
Boulevard Saint-Germain, 79
M DCCC LXVI (1866)

TABLE ALPHABÉTIQUE DES ÉCRIVAINS CITÉS : SAINT-MARTIN (LOUIS-CLAUDE DE)

Saint-Martin (Louis-Claude De). Extrait, p.947

Saint Martin, dit le Philosophe inconnu, est né à Amboise en 1743; il mourut à Aunay, près de Paris, en 1803. Toutes ses œuvres furent publiées sous le voile de l'anonyme. Les principaux ouvrages dans lesquels il développe ses doctrines particulières de philosophie sont : Des erreurs et de la vérité (1775), Rapports entre Dieu, l'homme et l'univers (1782).

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SAINT-MARTIN - PENSÉES SUR DIVERS SUJETS.

Extraits, pages 512-514. Nous avons mis entre crochets l'origine de ces pensées de Saint-Martin

L'intelligence de l'homme doit être traitée comme les grands personnages de l'Orient, qu'on n'aborde jamais sans avoir des présents à leur offrir. [Le Ministère de l’Homme-esprit, p.347]

Heureux ceux qui n'écrivent qu'avec leurs larmes. [Causeries du lundi – Volume 10 – Page 254]

J'ai désiré de faire du bien, mais je n'ai pas désiré de faire du bruit, parce que j'ai senti que le bruit ne faisait pas de bien, comme le bien ne faisait pas de bruit. [Epigraphe dans : Œuvres Posthumes De M. De Saint-Martin. Également, Portrait historique et philosophique, n°740, in Œuvres Posthumes, T.1, p.96]

Les faiblesses retardent, les passions égarent, les vices exterminent. [Œuvres Posthumes, T.1, p.101]

L'orgueil est comme le ver : on a beau le couper en morceaux, chacun de ces morceaux reprend la vie, et devient un nouveau ver. [Œuvres posthumes, T.1, « Pensés extraites d'un manuscrit de M. de Saint-Martin », §121, p.274

La pièce d'or que les anciens mettaient dans la bouche des morts pour passer la barque, c'est l'âme purifiée. [Œuvres posthumes, T.1, §152, p.296]

La grande et respectable vérité m'a toujours semblé si loin de l'esprit des hommes, que je craignais bien plus de paraître sage que fol à leurs yeux. [Œuvres posthumes, T.1, §603 bis, p.77]

La véritable bravoure, c'est le sentiment de notre supériorité sur le corps. [De l'esprit des choses, Volume 2, p.40]

C'est une chose douloureuse de voir les hommes ne s'apporter réciproquement que le poids et le vide de leurs jours, pendant qu'ils ne devraient tous s'en apporter que les fruits et les fleurs. [Mon portrait, n°767]

J'ai vu que les hommes étaient étonnés de mourir et qu'ils n'étaient point étonnés de naître; c'est là cependant ce qui mériterait le plus leur surprise et leur admiration. [Œuvres posthumes, T.1, §323, p.41]

Il me semble que quand j'ai soulagé un pauvre, je n'ai pas même fait là une chose qui se puisse compter, tant cela va de droit. [Œuvres posthumes, T.1, §680, p.89]

Ne mets pas ton argent dans ta bourse, pour être plus prompt à faire l'aumône. [Œuvres posthumes, T.1, §117, p.17]

Quand les hommes sages, après s'être remplis des influences de la vérité, vont se répandre dans le monde, ils y perdent le plus souvent ce qu'ils avaient acquis. Ils sont comme les ouvriers qui vont manger et boire au cabaret, le dimanche, tout ce qu'ils ont gagné dans la semaine. [Œuvres posthumes, T.1, §1120, p.134]

Il y a un Dieu, j'ai une âme, il ne me faut rien de plus pour être sage. [Œuvres posthumes, T.1, §28, p.5]

J'entrerai d'abord dans la magistrature inférieure, puis je serai conseiller au parlement, puis maître des requêtes, puis intendant, puis conseiller d'État, puis ministre, puis exilé. Je voudrais tout uniment commencer le roman par la queue, et entrer dans cette carrière en m'en exilant. [Mon portrait, n°277]

Les professeurs en littérature, et généralement ceux qui ne se nourrissent que des travaux de l'imagination, se tiennent toujours sur les confins de la vérité; ils circulent sans cesse autour de son domaine, mais ils semblent se garder d'y entrer et d'y faire entrer leur auditoire ou leurs lecteurs, de peur que ce ne fût sa gloire seule qui brillât. [Le Ministère de l'homme esprit, p.362-363]

Il n'y a presque pas un des ouvrages célèbres parmi les écrits produits par l'imagination des hommes, qui ne soit fondé sur une base fragile et caduque, sans compter ceux qui le sont sur un blasphème ou au moins sur une impiété enfantée par une orgueilleuse hypocrisie. Car les écrivains qui parlent d'une providence, d'une moralité, même d'une religion, ne sont pas exempts de ce reproche s'ils ne sont pas en état de rendre raison de ces grands objets de leurs spéculations, s'ils ne les emploient que pour servir de décoration à leurs ouvrages et d'aliment à leur orgueil. [Le Ministère de l'homme esprit, p.363]

L'ombre et le silence sont les asiles que la vérité préfère, et ceux qui la possèdent ne peuvent prendre trop de précautions pour la conserver dans toute sa pureté. [Des Erreurs et de la Vérité, p.226]

A force de dire à Dieu : Notre père ! espérons que nous entendrons dire un jour : Mon fils. [Œuvres posthumes, T.1, p.209]

Les pensées détachées ne conviennent qu'aux esprits très-faibles ou qu'aux esprits très-forts; mais pour ceux qui sont entre ces extrêmes, il leur faut des ouvrages suivis qui les nourrissent, les échauffent et les éclairent tout à la fois. [Œuvres posthumes, T.1, §192, p.28]

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