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1836 querard SMLa France littéraire ou dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français, plus particulièrement pendant les XVIIIe et XIXe siècles.
Ouvrage dans lequel on a inséré, afin d’en former une bibliographie nationale complète, l’indication 1° des réimpressions des ouvrages français de tous les âges ; 2° des diverses traductions en notre langue de tous les auteurs étrangers, anciens et modernes ; 3° celle des réimpressions faites en France des ouvrages originaux de ces mêmes auteurs étrangers, pendant cette époque.
Par M. J.-M. Quérard 
Tome huitième - Paris, chez Firmin Didot frères, libraires, rue Jacob, n° 24.
M DCCC XXXVI [1836]

  - http://books.google.fr/books?id=jot8gc-j8AwC

Article : Saint-Martin page 352

SAINT-MARTIN (le marquis [sic] Louis-Claude de), dit le Philosophe inconnu, écrivain mystique; né à Amboise (Indre et Loire), le 18 janvier 1743, mort à Aunay, près Châtenay (Seine), dans le maison de campagne de M. Lenoir -Laroche, le 15 octobre 1803.

— Cimetière (le) d’Amboise, par un philosophe inconnu. Paris, Laran et Cie, an IX (1801), in-8 de 16 pages, 40 c.

— Crocodile (le), ou la Guerre du bien et du mal, arrivé sous le règne de Louis XV, poème épico-magique en cent dix chants, dans lequel il y a de longs voyages sans accidents qui soient mortels ; un peu d’amour sans aucune de ses fureurs ; de grandes batailles, sans une goutte de lait [sang] répandu ; quelques instructions sans le bonnet de Docteur ; et qui, parce qu’il renferme de la prose et des vers, pourrait bien en effet n’être ni l’un ni l’autre. Ouvrage posthume d’un amateur de choses cachées. Paris, de l’impr. du Cercle social, an VII (1799), in-8 de 470 pag. [ ?]fr. 50c.

[353]

— Discours en réponse au citoyen Garat, professeur d’entendement humain aux Écoles normales, sur l’existence d’un sens moral, et sur la distinction entre les sensations et la connaissance.

Ce Discours, prononcé à la suite d’une conférence publique (27 février 1795), se trouve imprimé dans la collection des Écoles normales (tom. III des Débats), publiée en 1801.

— Ecce-homo [sic]. Paris, impr. du Cercle social, an IV (1796), in-12.

Ce fut à Paris que l’auteur écrivit cet opuscule, d’après une notion vive, dit-il, qu’il avait eue à Strasbourg. Son objet est de montrer à quel degré d’abaissement l’homme infirme est déchu, et de le guérir du penchant au merveilleux d’un ordre inférieur que le somnambulisme, les prophétie du [ ?], etc. Il avait plus particulièrement en vue la duchesse de Bourbon, son amie de cœur, modèle de vertus et de piété, mais livrée à ce même entraînement pour le merveilleux.

— Éclair sur l’association humaine. Paris, an V (1797), in-8.

L’auteur découvre dans le principe de l’ordre social le foyer d’où émanent la sagesse, la justice et la puissance, sans lesquelles il n’existe point d’association durable, etc.

— Erreurs (des) et de la Vérité, ou les hommes rappelés au principe universel de la science, par un Ph** Inc. Édimbourg (Lyon). 1775, in-8. — Nouv. édit. Salomonopolis, 1784, 3 vol. in-8.

Le troisième volume, qui a pour titre « Suite des Erreurs de la vérité », est une critique de l’ouvrage ; elle a été signalée par Saint-Martin, comme frauduleuse et entachée du vice des faux systèmes qu’il combattait.

On a publié contre cet ouvrage : 

Clef des « Erreurs de la vérité » ou les Hommes rappelés au principe universel de la raison. Par un serrurier (par Ch. Suse). Herselaim, 1790, in-8.

— Esprit (de l’) des choses, ou Coup d’œil philosophique sur la nature des êtres et sur l’objet de leur existence, avec épigraphe: Mens hominis rerum universalitatis speculum est. Ouvrage dans lequel on considère l’Homme comme étant le mot de toutes les énigmes, par le Philosophe inconnu. Paris, Laran, etc., an X (1800), 2 vol. in-8, 7 fr. 50 c.

— Essai sur les signes et sur les idées, relativement à la question de l »Institut : Déterminer l’influence des signes sur la formation des idées. 1800.

— Homme (l’) de désir, par l’auteur « des Erreurs et de la Vérité ». Lyon, 1790, in-8. Nouv. édit., rev. et corr. par l’auteur, [ ?] le masque du « Philosophe inconnu », [ ?], an X (1802), 2 vol. petit in-8.

Saint-Martin composa cet ouvrage à l’instigation du philosophe Thieman, durant ses voyages à Strasbourg et à Londres. Lavater, dans son Journal allemand de décembre 1790, en fait l’éloge comme l’un des livres qu’il avait le plus goûtés, quoiqu’il avoua ingénument, quant au fond de la doctrine, l’avoir peu entendu.

— Extraits tirée de l’ouvrage intitulé « l’Homme de désir » Francfort-sur-le-Mein,

Schmerber, 1831, in-12 de 96 pag., 1 fr. 25 c.

— Lettre à un ami, ou Considérations politiques, philosophiques et religieuse, sur la Révolution française. Paris, Migneret, en Ill (1795), in-8, 2 fr.

Saint-Martin regardait la Révolution française comme celle du genre humain, et comme une image en miniature du jugement dernier, mais où les choses devaient se passer successivement, à commencer par la France.

— Livre (le) rouge...

— Ministère (le) de l’Homme-Esprit (en trois parties, qui traitent de l’homme, de la nature, de la parole). Paris, Migneret, an X (1802), in.8, 6 fr.

Barbier, n° 11,972, présente cet ouvrage comme étant de la composition de Saint-Martin ; il y a pourtant lieu de croire que ce n’est qu’une traduction du livre de Bœhme.

L'objet de ce livre est de montrer comment l’Homme-Esprit (ou exerçant un ministère spirituel) peut s’améliorer, et régénérer lui-même et les autre, en rendant la parole ou le logos (le verbe) à l’homme et à la nature.

— Nouvel (le) Homme. Paris, an IV (1796), in-8.

C’est plutôt une exhortation qu’un enseignement. Saint-Martin l’écrivit à Strasbourg, en 1790, par le conseil du chevalier Silverhielm, ancien aumônier du roi de Suède, et neveu de Swedenborg. L’idée fondamentale de cet ouvrage est que l’homme porte en lui-même une espèce de tests, dont sa vie entière devrait être le développement, parce que l’âme de l’homme, dit-il, est primitivement une pensée de Dieu. Il a dit, plus tard, qu’il n’aurait pas écrit ce livre, ou qu’il l’aurait écrit autrement, si alors il avait eu la connaissance des ouvrages de Bœhme

— Œuvres posthumes. Tours, Letourmy, 1807, 2 vol: in-8.

On distingue dans ce recueil : un choix des pensées de St-Martin, par M. Tournier ; un Journal, depuis 1782, de ses relations, de ses entretiens, sous le titre de Portrait de Saint-Martin, fait par lui-même. ; 3° plusieurs questions et fragments de littérature, de morale et de philosophie, entre autres un Fragment sur l’admiration, et un Parallèle entre Voltaire et J.-J. Rousseau, et un autre entre Rousseau et Buffon (par Hérault de Séchelles) ; 4° des Poésies, où, comme on le pense bien, l’auteur s’attache plus au fond qu’a la forme; 5° des Méditations et des prières, où se peint l’Homme de désir, qui forme de nouveau le vœu si souvent énoncé par l’auteur, pour que ses semblables recherchent les vraies connaissances, les jouissances pures de l’esprit en les puisant dans leur propre centre, dans la source de la lumière et de l’amour pour laquelle il avait soupiré toute sa vie.

— Réflexions d’un observateur sur la [354] question proposée par l’Institut : Quelles sont les institutions les plus propre à fonder la morale d’un peuple. An VI (1798).

Après avoir passé en revue les divers moyens qui peuvent tendre à ce but, en liant la morale à la politique, il montre 1’insuffisance de ces moyens, si le législateur n’asseoit [sic] lui-même, sur les bases intimes de notre nature, cette morale dont un gouvernement ne doit être que le résultat mis en action. Il avait traité, quinze ans auparavant, un sujet analogue proposé par l’Académie de Berlin, sur la meilleure manière de rappeler à la raison les peuples livrées à l’erreur ou aux superstitions ; question qu’il croit insoluble par les seuls moyens humains.

— Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’homme et l’univers. Avec cette épigraphe : Expliquer les choses par l’homme, el non l’homme par les choses. Édimbourg (Lyon), 1782, 2 vol, in-8.

Cet ouvrage parut en allemand, arec Commentaire par un anonyme.

Qu’a cette liste on ajoute les traductions de quatre ouvragea du  théosophe Bœhme (voy. ce nom), formant ensemble six volumes, et l’on aura une nomenclature complète des Œuvres de Saint-Martin.

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