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Calendrier perpetuel 1830 1939Année 1838 

Custine - Madame de Varnhagen

Dubreuil - Histoire des Francs-maçons

Peuchet - Mémoires tirés des archives de la police de Paris

Revue de Paris – Article : Critique littéraire – Poésies nouvelles – À propos des Méditations de M. Guttinguer

Custine - Madame de Varnhagen

1838 custineMadame de Varnhagen
Astolphe de Custine
Extrait de la Revue de Paris
Londres. A. Asher
1838 -  http://books.google.fr/books?id=6VA6AAAAcAAJ

Extraits, pages 4-5

Le 7 mai 1833, il y a quatre ans et demi, Rachel, âgée de soixante-deux ans, est morte à Berlin, où elle était née. Je l'ai connue en 1816. C'était une femme aussi extraordinaire que Mme de Staël, par les facultés de l'esprit, par l'abondance des idées, la lumière de l'âme et la bonté du cœur : elle avait de plus que l’auteur de Corinne le dédain de l'éloquence ; elle n'écrivait pas. Le silence des esprits comme le sien est une force. Avec plus de vanité, une personne aussi supérieure aurait cherché à se faire un public ; Rachel n'a voulu que des amis. Elle parlait pour communiquer la vie qui était en elle; jamais elle ne parlait pour être admirée.

Je laisse aux esprits doués de plus de sagacité que je n'en ai à décider si l'obscurité dont elle n'a jamais essayé de sortir, était la conséquence inévitable de l'excès de vivacité qui l'empêchait quelquefois de coordonner ses idées de manière à les faire adopter par la foule, ou si sa foi, dans la spiritualité de l'âme, lui montrait d'un coup d'œil l'inutilité de toutes les créations de l'art humain, où la forme entre toujours pour beaucoup, et la retenait volontairement dans le quétisme [sic pour quiétisme]. La contemplation de la nature et de la providence qui la dirige était pour elle une jouissance si vive, que ce spectacle, considéré du point de vue élevé où elle était placée, suffisait à son activité. La vie, pour elle, [p.5] était un travail continuel ; mais elle n'en a pas fait d'autre. Ses lectures mêmes devenaient des conversations ; elle vivait, elle discutait avec les livres comme avec des personnes. L'intensité de sa vie était telle qu'elle animait tout sans le vouloir ; elle faisait plus que percevoir, elle personnifiait les idées ; son intelligence était un monde où tout avait son emploi, comme dans le monde de Dieu. Jamais esprit plus productif ne fut moins connu de la foule ; dans des sociétés dont les forces seraient autrement combinées que celles du monde où nous vivons, Rachel aurait été pour les nations ce qu'elle était pour un petit cercle d'amis intimes : la lumière des esprits, le guide des âmes.

Ses lettres recueillies et publiées depuis sa mort, n'étaient point des œuvres; c’étaient des éclairs qui partaient de son cœur et de son brillant esprit pour toucher le cœur de ses amis. (1) Pour elle, écrire, ce n'était pas briguer la gloire, c'était chercher un remède à l'absence.

Il me semble qu'on peut la définir d'un mot: elle avait, l'esprit d'un philosophe et le cœur d'un apôtre ; et malgré cela elle était enfant et femme autant qu'on peut l'être. Son esprit pénétrait dans les obscurités les plus profondes de la nature ; elle pensait avec autant de force et plus de clarté que notre théosophe Saint-Martin, qu'elle comprenait et admirait, et elle sentait comme un artiste. Ses perceptions étaient toujours doubles ; elle atteignait aux vérités les plus sublimes par deux facultés qui s'exclurent chez les hommes ordinaires: par le sentiment et par la réflexion. Ses amis se demandaient d'où sortaient les éclairs de génie qu'elle lançait dans la conversation. Était-ce le résultat de longues études ? Était-ce l'effet d'inspirations soudaines ? C'était l'intuition accordée pour récompense, par le ciel, aux âmes vraies; ces âmes martyres luttent pour la vérité qu'elles pressentent, souffrent pour le Dieu qu'elles aiment, et leur vie entière est l'école de l'éternité.

Note
(1) Ce livre a paru à Berlin, en 3 volumes, sous le titre de Rachel à ses amis. Il a été publié en allemand par Duncker et Uumblot, Berlin, 1834.

Dubreuil - Histoire des Francs-maçons

1838 dubreuil t2Histoire des Francs-maçons
Par J.-P. Dubreuil
Tome second
H.-I.-G. François, libraire éditeur, rue aux Laines, n° 9
1838 - http://books.google.fr/books?id=Z7EqAAAAMAAJ

Pages 101-104

Martines Pascalis, allemand, de famille pauvre mais honnête, apporta à Paris le rite des élus Coëns. Il naquit vers l’année 1700 : à l’âge de seize ans, il savait le latin et le grec ; il voyagea en Turquie, en Arabie, en Palestine ; il chercha à s’instruire dans les mystères du temple, qui, d’après ce qu’il en rapporta en Europe, devaient s’être conservés dans ces contrées lointaines. Il établit, entre autres ordres, un ordre particulier de Roses +.·.+.·.. Ses instructions sont celles des grands prêtres juifs ; elles roulent sur la création de l’homme, sur sa désobéissance, sur sa punition, sa régénération, et sur sa réintégration dans l’innocence qu’il avait perdue par le péché originel. Son but était le perfectionnement de l’homme, afin qu’il pût approcher du souverain Architecte des mondes dont il est émané.

Lorsque l’adepte a recouvré par les nouveaux ordres ses droits primitifs, il se rapproche de son Créateur ; il peut connaître les secrets de la [p.102] nature, ceux des sciences occultes (1) et de la théologie mystique. Ses cérémonies étaient entièrement israélites, et tirées de la Bible.

Ce rite est fondé sur la théosophie, sur la chimie, et sur les évocations. Il paraît que le matériel lui a été fourni par les Juifs Talmudistes et par les Chrétiens de Saint-Jean, qui vivaient dans les lieux d’Orient qu’il avait visités pendant sa jeunesse.

Son rite fixa l’attention des Maçons, il eut beaucoup d’adeptes ; ses loges s’appelèrent martinistes.

La grande loge rejeta de l’intérieur des loges de sa constitution les opinions et les doctrines de Martines Pascalis, qui, déjà avancé en âge, s’embarqua pour Saint-Domingue, ennuyé peut-être des oppositions de la grande loge, et finit sa carrière, âgé de près de cent ans. M. de Saint-Martin a fait revivre ce rite et ces cérémonies. Il a même rectifié les mots sacrés en Hébreux; et il s’en sert, ainsi que tous les rites maçonn.·..

Par la réforme de M. de Saint-Martin, son rite était divisé en dix grades. Les sept premiers formaient le premier temple, dans lequel en [p.103] s’occupait de la chimie, afin d’arracher à la nature ses secrets. Dans les trois autres, on étudiait les sciences occultes qui se trouvaient en rapport avec la cabale, les évocations, et la théosophie mystique.

Ce rite de Saint-Martin a donné naissance à la loge des Philalètes [sic] à Paris, qui avait ajouté au second temple que nous avons indiqué, deux autres degrés, ce qui faisait douze, dont toute l’étude roulait sur la chimie et les sciences occultes. Cette loge fut instituée par M. La Savalette ; elle possédait une bibliothèque riche en Monuments maçonniques et littéraires. Après sa mort, elle fut vendue et alla enrichir les archives de la mère loge du rite philosophique de Paris. Mais, malgré toutes les sciences occultes dont les Philalètes s’occupaient, on convient qu’ils avaient adopté bien des maximes du rite de la Cité sainte et de la stricte observance, ainsi que des rêveries templières.

Le régime rectifié, ou de la Cité sainte, a cinq degrés ; les trois premiers sont, les Symboliques ; le quatrième, l’Ecossais; et le cinquième, celui des Ch.·.de la Cité Sainte.

Les symboles qui lui sont particuliers représentent :

1° Une colonne brisée par le haut,
2° Une pierre cube, [p.104]
3° Un vaisseau démâté ,
4° Un lion dans un ciel orageux,
5° Un tombeau avec les initiales I.·.M.·. avec un aigle, un pélican et la devise « Ecce quod superest. »

Après l’introduction de tous ces rites, il s’établit, à Narbonne, le rite écossais primitif, avec patentes de la mère loge d’Édimbourg, sous le titre distinctif de Philadelphes (2) ; il participait des doctrines de M. de Saint-Martin.

Notes
1 : D’après cet aperçu, ce rite tenait de la cabale des sciences occultes que les Misraïmites ont voulu reproduire avec des noms nouveaux.
2 : Un ordre attaché au Carbonarisme porte le même nom.

Page 105-106

La France, en 1800, était partagée dans les croyances maçonn. . suivantes, qui étaient les plus répandues ; savoir :

Le rite Écos. . philosophique,
Les Philalètes, ou les chercheurs de la vérité,
Le rite Adonhiram,
Le rite de Saint-Jean-d'Écosse, établi à Marseille,
Le rite des sublimes Élus de la vérité, [p.106]
Le rite hermétique de Montpellier,
Le rite de Saint-Martin,
Le rite des Coëns, par Martines Pascalis, [etc.]

Peuchet - Mémoires tirés des archives de la police de Paris

1838 archives policeMémoires tirés des archives de la police de Paris pour servir à l'histoire de la morale et de la police depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.
de Jacques Peuchet, archiviste de la police

Tome III

Paris. A. Levavasseur et Cie, Place de la Bourse, 8

1838 - http://books.google.fr/books?id=_wKGQeFlpxwC

Extrait, page 98

Ainsi disparut, pour un temps du moins, une prétendue secte d'illuminés, qui sanctifiaient les passions et leurs désordres. La police, vigilante conservatrice des mœurs, n'eut pas lieu d'en soupçonner d'autres. On connaissait toutefois dans la bonne compagnie des martinistes et des cabalistes, sectes séparées, vivant dans ces mauvais principes. Peut-être n'aurait-on pas agi contre eux, parce qu'ils tenaient à des familles; les martinistes ne furent pas inquiétés; mais l'arrestation des illuminés de la rue Quincampoix fit sortir de Paris les cabalistes, qui depuis se sont établis à Lyon.

 

Revue de Paris - T.55

1838 revue paris t55Revue de Paris
Nouvelle série – Année 1838
Tome cinquante-cinquième
Paris. Bureau de la Revue de Paris, quai Malaquais, 17.
1838 - http://books.google.fr/books?id=cjscAAAAMAAJ

Critique littéraire – Poésies nouvelles : À propos des Méditations de M. Guttinguer

… La méditation, sur un passage de Saint-Martin, exprime, sous une forme rapide, une pensée consolante et vraie. Tant que le débauché conserve encore le don de l'enthousiasme et des larmes, les sages et les clairvoyants ne doivent pas désespérer de sa guérison ; on peut lui appliquer ces vers adressés par M. Guttinguer à son ami :

Quand l'admiration vous porte sur son aile,
Vous êtes juste et bon, la divine étincelle
Éclate dans vos yeux et brille dans les pleurs ;
C'est à ce signe-là qu'on connaît les meilleurs.

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