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Index de l'article

Calendrier perpetuel 1852– Bergier - Dictionnaire de théologie - Martinistes français, martinistes russes
– Louis Blanc - Histoire de la Révolution française
– Bouillet - Dictionnaire universel - Saint-Martin
– Caro - Du mysticisme au XVIIIe. Essai sur la vie et la doctrine de Saint-Martin, le philosophe inconnu
– Encyclopédie du 19e siècle - Article Martinisme
– Firmin Didot – Encyclopédie moderne - Les illuminés
– Franck - Dictionnaire des sciences philosophiques - Théosophes, théosophie
– Galiffe - La chaîne symbolique
– Landais – Dictionnaire classique de la langue française : Article Martinisme, martiniste
– Lecanu - Dictionnaire des prophéties et des miracles, tome I : Article Illuminisme
– Marquis de Jouffroy (Migne) – Dictionnaire des erreurs sociales T. 19 : Articles « Jacobins » & Martinistes »
– Université catholique : Compte-rendu du livre de Louis Moreau - VI. Mysticisme
– Wocquier - Essai sur le mouvement philosophique de l'Allemagne : VI. Mysticisme
– Bourquelot - La littérature française contemporaine - Jean Baptiste Modeste Gence

1852 – Bergier - Dictionnaire de théologie 

1852 BergierDictionnaire de théologie par l’abbé [Nicolas-Sylvestre] Bergier, chanoine de l’église de Paris, et confesseur de Monsieur, frère du roi.
Nouvelle édition, précédée d’une éloge historique de l’auteur, par le baron de Sainte Croix, du plan de la théologie et augmentée d’un grand nombre d’articles nouveaux sur les erreurs récentes, d’additions au texte de Bergier, d’une nomenclature biographique des principaux théologiens et de leurs ouvrages théologiques, depuis le huitième siècle jusqu’à nos jours.
Tome troisième
Lille. L. Lefort, libraire, imprimeur de Mgr l’archevêque de Cambrai 1852

Article : Martinistes, page 226

MARTINISTES FRANÇAIS.

Martinez Pascalis, portugais de naissance, mort à Saint-Domingue en 1799, trouvait dans la cabale judaïque la science qui nous révèle tout ce qui concerne Dieu et les intelligences créées par lui. Il admettait la chute des anges, le péché originel, le Verbe réparateur, la divinité des saintes Ecritures. Quand Dieu créa l'homme, disait Martinez, il lui donna un corps matériel : auparavant  (c'est-à-dire avant sa création), l'homme avait un corps élémentaire. Le monde, aussi était dans l'état d'élément : Dieu coordonna l'état de toutes les créatures physiques à celui de l'homme.

Martinez fut le premier instituteur de Saint-Martin, né à Amboise en 1743, tour à tour avocat et officier, mort près de Paris en 1804. Saint-Martin prend le titre de philosophe inconnu en tête de plusieurs de ses ouvrages. Il serait difficile de présenter le résumé de ses idées, le corps de sa doctrine. Ses disciples contestent la faculté de l'apprécier à qui conque n'est pas initié à son système : or tel ne l'est qu’au premier degré , tel autre au second ou au troisième Mais, si le système du maître est aussi intéressant et avantageux à l'humanité qu'ils le prétendent, pourquoi ne pas le mettre à la portée de tout le monde ? Il est permis d'élever des doutes sur l'importance el les avantages d'un système qui ne s'abaisse pas jusqu'à l'intelligence du vulgaire : car en fait de religion et de morale, il est de la bonté de Dieu, et dans l'ordre essentiel des choses que ce qui est utile à tous, soit accessible à tous. Au surplus, Saint-Martin a dit: « Il n'y a que le développement radical de notre essence intime qui puisse nous conduire au spiritualisme actif. » Si ce développement radical ne s'est pas encore opéré chez bien des gens, il n'est pas étonnant qu'ils soient encore à une grande distance du spiritualisme actif, et que, n'étant encore que des hommes de torrent, ils ne puissent comprendre l'Homme de désir (titre d'un ouvrage de Saint-Martin ). Cet illuminé a écrit le Nouvel homme, à l'instigation d'un neveu de Swedenborg, et traduit divers écrits du visionnaire Bœhm.

Martinistes Russes.

La conformité des dogmes des martinistes français avec ceux d'une secte qui naquit dans l'université de Moscou, vers la fin du règne de Catherine II et qui eut pour chef le professeur Schwartz, a fait donner le nom de martinistes aux membres de cette secte. Ils étaient d'abord nombreux; mais, ayant traduit en russe quelques-uns de leurs écrits et cherché à répandre leur doctrine, plusieurs, sous le règne de Paul Ier, furent emprisonnés, puis élargis. A présent, ils sont réduits à un petit nombre. Ils professent un grand respect pour la parole divine, qui. Non seulement révèle l'histoire de la chute et de la délivrance de l'homme, mais qui, selon eux, contient encore les secrets de la nature; aussi cherchent-ils partout dans la bible des sens mystique. Ils admirent Swedenborg, Bœhm, Ekartshausen, etc. Ils recueillent les livres magiques et cabalistiques, les peintures hiéroglyphiques, emblèmes des vertus et des vices, et tout ce qui tient aux sciences occultes.

Martinistes.

On peut encore donner ce nom aux partisans de Thomas Martin, laboureur de la Beauce qui, admis auprès de Louis XVIII, lui révéla, assure-t-on, des faits que ce prince croyait n'être connus que de lui, et dont Martin disait avoir reçu la communication surnaturelle par l'entremise d'un ange. Des personnages graves eurent foi à la mission de ce prophète, qui, depuis la révolution de 1830, se décrédita par des prédictions que l'évènement ne cessa de démentir. Thomas Martin mourut après avoir ainsi détruit les illusions qu'il avait fait naître

bouton jaune  Article : Martinistes français, martinistes russes, page 226

1852 – Louis Blanc - Histoire de la Révolution française

1852 Blanc t3Par M. Louis Blanc
Édition française, faite à Paris sous les yeux de l’auteur.
Paris, chez Langlois et Leclercq, rue de la Harpe, 81.
Pagnerre, rue de Seine, 11.
Perrotin, place de Doyenne, 3.
Tome troisième. 1852

Chapitre II. L’évangile devant la révolution. Portrait de l’abbé Fauchet, philosophe chrétien, Extraits

Page 25

Philosophe chrétien, membre de la secte des illuminés, complice des espérances de l’audacieuse école dont Weishaupt, Saint-Martin, Cagliostro et Mesmer avaient représentés les divers aspects, Fauchet avait la réputation d’un réformateur quand la révolution s’ouvrit.

bouton jaune  Portrait de l’abbé Fauchet, philosophe chrétien, p.25

Page 32

Ce fut, inspiré par ces croyances, que Fauchet fonda le journal de la Bouche de fer, de concert avec Bonneville, philosophe nourri du mysticisme de Saint-Martin, écrivain audacieux, obscur, qui, par une incohérence d’idées fort commune alors, professait le panthéisme en religion, quoiqu’il demandât, non pas la communauté des biens, déduction logique du panthéisme, mais l’égal partage des terres.

bouton jaune  Portrait de l’abbé Fauchet, philosophe chrétien, p32

1852 – Bouillet - Dictionnaire universel d'histoire et de géographie

1852 BouilletDictionnaire universel d’histoire et de géographie
Par Marie Nicolas Bouillet (1798-1864)
9e édition – PARIS Hachette – 1852

Saint-Martin, p. 1567-1568.

SAINT-MARTIN (L.-Claude DE), dit le philosophe inconnu, célèbre théosophe, né en 1743 à Amboise, d'une famille noble, embrassa la profession des armes, se lia avec quelques mystiques pendant qu’il était en garnison à Bordeaux, et quitta bientôt le service pour se livrer tout entier à ses nouvelles idées. Il s'attacha successivement aux nouvelles doctrines de Martinez Pasqually, de Swedenborg, puis se créa un système à lui, qui consistait en un spiritualisme pur. Il se fixa à Paris, et s’y vit recherché par les plus grands, personnages ; il partageait son temps entre la société, la composition de ses écrits, la propagation de ses doctrines, et l'exercice de la bienfaisance. Il mourut en 1803 au village d'Aunay près de Paris. Ses principaux écrits, qui tous parurent sous le voile de l’anonyme, sont : Des erreurs et de la vérité (1775) ; Rapports entre Dieu, l’homme et l’univers (1782) ; l'Homme de désir (1790) ; le Ministère de l’Homme-Esprit (1802). Il a en outre traduit plusieurs écrits de Bœhme. Son but constant était d'élever l'âme de la contemplation de l’homme et de la nature à leur principe commun, Dieu. La plupart de ses ouvrages sont écrits dans un style énigmatique qui les rend inintelligibles pour le vulgaire : ses adeptes les admirent comme des chefs-d’œuvre.

bouton jaune    Article Saint-Martin, pp. 1567-1568.

1852 – Caro - Du mysticisme au XVIIIe

1852 CaroDu mysticisme au XVIIIe. Essai sur la vie et la doctrine de Saint-Martin, le philosophe inconnu
Elme-Marie Caro (1826-1887), professeur agrégé de philosophie au Lycée de Rennes
Paris.310 pages.
Librairie de L. Hachette, rue Pierre Sarrazin, 12. - 1852

Sommaire

Préambule
Première partie
Chapitre I – Époque de Saint-Martin — De l’illuminisme au XVIIIe siècle
Chapitre II – Étude sur la vie et le caractère de Saint-Martin
Chapitre III – Les écrits de Saint-Martin : ŒUVRES PUBLIÉES - ŒUVRES APOCRYPHES - ŒUVRES INÉDITES

Seconde partie
Chapitre I — Du mysticisme en général — Caractères particuliers du mysticisme de Saint-Martin
Chapitre II — Méthode de Saint-Martin — Sa doctrine psychologique : I. Méthode de Saint-Martin. II. Polémique de Saint-Martin avec Garat. III. Doctrine psychologique de Saint-Martin
Chapitre III - Théologie — Idées de Saint-Martin sur Dieu, le monde divin, le démon, l’extase et la théurgie
Chapitre IV - Origine et destination de la nature — Essence de la matière — Rédemption de la nature par l’homme — Symbolisme et théorie des nombres
Chapitre V. Applications du système : morale et politique, quiétisme et théocratie
Chapitre VI – Résumé — Des systèmes qui ont le plus de rapports avec la doctrine de Saint-Martin — Conclusion sur le mysticisme

Index
Index des noms propres

bouton jaune Lire sur le siteElme-Marie Caro, Du mysticisme au XVIIIe. Essai sur la vie et la doctrine de Saint-Martin, le philosophe inconnu

1852 – Encyclopédie du 19e siècle 

1852 encyclopedie 19s t15Encyclopédie du Dix-neuvième siècle
Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts
Avec la biographie de tous les hommes célèbres
Tome quinzième
Paris - Au bureau de l’Encyclopédie du XIXe siècle, Rue Jacob, 31 - 1852

Article Martinisme, pp. 590-591

Cet article de l’Encyclopédie comporte un certain nombre d’erreurs que nous signalons entre crochets.

MARTINISME : doctrine mystique et fort obscure dont les adeptes formaient deux sectes qu'on a souvent confondues, et relevant, l'une du portugais Martinez, l'autre de Saint-Martin. Ce dernier (Louis-Claude), dit le philosophe inconnu, naquit à Ambroise en 1743, et mourut à Aunay, près de Sceaux en 1803. A 22 ans il quitta la robe pour l'épée comme on disait encore, et les loisirs de la paix lui permirent de se livrer sans contrainte à ses études mystiques. Il se fit recevoir d'abord parmi les adeptes de Martinez-Pasqual [sic pour Martines de Pasqually], se lia ensuite avec les admirateurs de Swedenborg, et devint enfin disciple de Jacques Baham [sic pour Jacob Boehm], dont il traduisit les ouvrages en français. Il voyagea en divers pays pour lier connaissance et correspondance avec les adeptes de ces doctrines. Un passage de Boulanger, dans lequel la fondation des religions était attribuée à la frayeur éprouvée par les hommes à la vue des grandes catastrophes de la nature, le détermina à publier son premier ouvrage, l'Examen des erreurs et de la vérité [sic pour Des Erreurs et de la Vérité], auquel il donna une suite quelques années plus tard [Saint-Martin n’a jamais écrit de suite. Cet ouvrage « Suite des Erreurs et de la vérité ou développement du Livre des Hommes rappellés [sic] au principe universel de la Science », est de Charles de Suze. A Salomonopoli, chez Androphile, à la Colonne inébranlable, 1784 - 435 pages]. Il publia ensuite le Tableau des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers. La pensée fondamentale de ce livre est résumée dans l'épigraphe, « Expliquer les choses par l'homme et non l'homme par les choses. » L'Homme de Dieu [ce livre, s’il existe, n’est pas du Philosophe inconnu], le Nouvel homme, l’Esprit des choses, le Ministère de l'homme-esprit, succédèrent, à divers intervalles, à ces premières publications. Ces livres qu'il signait le Philosophe inconnu, n'étaient pas mis en circulation [ce qui est inexact !] ; il se contentait de les distribuer à ses amis. Des obscurités de style, des idées bizarres, l'abus de l'allégorie et des combinaisons numériques ne les empêchèrent pas d'exercer une vive action sur certains esprits, et en 1791 Saint-Martin fut présenté avec Berquin, Condorcet, Sieyès et Bernardin-de-Saint-Pierre, comme instituteur du jeune dauphin, fils de Louis XVI. La Révolution passa sur la tête du philosophe inconnu sans le déranger de ses travaux ; il vit dans ce grand mouvement un châtiment de la Providence contre la société française, et un moyen de réhabilitation qui lui était offert par la Providence. Cette idée exposée dans ses Lettres à un ami, a été depuis développée avec une grande vigueur par un écrivain célèbre qui avait beaucoup lu Saint-Martin, tout en s'en moquant un peu, par Joseph de Maistre, et ce n'est pas le seul emprunt que l'auteur des Soirées de Saint Pétersbourg ait fait à l'obscur et nuageux écrivain Nous citerons encore de Saint-Martin : le Crocodile, poème épico-magique (102 chants), en prose mêlée de vers. C'est une satyre mystique sous des formes Rabelaisiennes, mais plus [page 591] inintelligible et beaucoup moins spirituelle que que [sic] celle du Curé de Meudon. Les autres ouvrages de Saint-Martin ne sont que des brochures de polémique ou de circonstance. Ses Œuvres posthumes ont été publiées après sa mort en 2 vol. in-8. Il mourut d'apoplexie, mais il prévoyait sa fin, et les jours précédents il annonçait que son œuvre était terminée, et qu'il ne lui restait plus rien à faire sur la terre. J. FLEURY.

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1852 – Firmin Didot – Encyclopédie moderne

1852 Encyclopedie RenierEncyclopédie moderne. Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres, des arts, de l’industrie, de l’agriculture et du commerce.
Nouvelle édition, entièrement refondue et augmentée de près du double, publiée par MM. Firmin Didot Frères
Sous la direction de M. Léon Renier, secrétaire trésorier de la bibliothèque de l’Université, membre de la Société nationale des antiquaires de France, correspondant de l’Institut archéologique de Rome.
Tome Dix-huitième
Paris. Firmin Didot Frères, éditeurs, imprimeurs libraires de l’Institut de France, rue Jacob, 56. - M DCCC L

Les illuminés. Pages 44-45

Illuminés. (Histoire religieuse). Sous le nom d’alumbeados, une secte livrée aux illusions du mysticisme parut eu Espagne vers 1575. L’inquisition parvint d’abord à l’étouffer ; mais en 1623 elle reparut avez plus de force. Alors, dit-on, quelques-uns de ces sectaires, fuyant les poursuites dont ils étaient l’objet, se réfugièrent en France, où ils firent des prosélytes, surtout dans le clergé. Quoi qu’il en soit, des opinions analogues se montrèrent, vers le même temps, dans la Picardie. Les nouveaux hérétiques prirent le nom d’illuminés. Pierre Guérin, curé de Saint-Pierre de Roye, auteur d’une secte distincte, mais semblable, celle des guérinets, ne tarda pas à se fondre avec eux.

Le fond de leur doctrine était le même que dans toutes les écoles mystiques. Ils professaient un souverain mépris pour tout dogmes pour tout culte, tant intérieur qu’extérieur. Dieu, disaient-ils, avait révélé à frère Antoine Bucquet une pratique de foi et de vie suréminente, inconnue jusqu’à ce moment dans la chrétienté. Avec cette méthode on pouvait en peu de temps atteindre jusqu’à la perfection et à la gloire des saints, on même de la sainte Vierge, laquelle n’avait eu, selon eux, que des vertus communes. Par cette route on parvenait à une telle union avec Dieu, que tous les actes étaient déifiés. Une fois parvenu à ce degré de perfection, il fallait laisser Dieu agir sans produire aucun acte. C’était, comme on voit, déjà du quiétisme. Du reste, l’illuminé était libre de faire tout ce qu’il voulait; il n’avait point d’autre loi que [page 44] l’inspiration ; il était impeccable.

Ces sectaires ajoutaient que les docteurs de l’Église n’avaient jamais su ce que c’était que dévotion, que saint Paul s’en doutait à peine, que saint Pierre était un bon homme, que toute l’Église était dans les ténèbres, que l’homme ne devait écouter que son sentiment. Ils prophétisaient qu’au bout de dix ans le monde serait converti à leur doctrine, qu’alors on n’aurait plus besoin de prêtres ni de religieux.

En effet, ils firent bientôt un grand nombre de prosélytes, surtout à Chartres et en Picardie, soixante mille adeptes embrassèrent leurs erreurs dans cette dernière province. Enfin, le cardinal de Richelieu et son confi[55]dent, le P. Joseph, résolurent d’arrêter le progrès de la secte par des mesures violentes. On persuada au roi de donner des ordres sévères ; les juges de Roye et de Montdidier furent commis à l’instruction du procès, et « bientôt le mal fut découvert, et le remède appliqué. En moins de rien, on remplit les prisons de ces hérétiques... Ce monstre fut étranglé dans son berceau (1). » Telle fut l’activité des recherches et la vigueur des poursuites, que dès l’année suivante la secte avait entièrement disparu.

D’autres mystiques ont encore paru en France depuis lors, et ont reçu le nom d’illuminés. Nous ne ferons ici que citer Martinez Paschalis, qui fonda à Bordeaux, vers la fin du dernier siècle, la secte des martinistes ; son disciple Saint Martin, qui a reproduit en partie la théosophie mystique de Jacob Bœhme ; les disciples de Swedenborg, etc.

Nous devons dire aussi quelques mots de la société allemande des Illuminés, que quelques auteurs ont comptée sérieusement parmi les causes qui ont produit la révolution française. Cette société secrète, organisée sur le modèle de la franc-maçonnerie, et dont le but était politique autant que religieux, fut fondée en 1776 par Weishaupt. Suivant les récits auxquels tout à l’heure nous avons fait allusion, Mirabeau, durant son séjour en Prusse, se serait fait initier aux mystères des illuminés, qu’à son retour en France il aurait introduits dans la loge des philalèthes. Le duc d’Orléans, le prince de Talleyrand, Condorcet, Brissot, Grégoire, auraient connu par lui et adopté les principes de la société allemande ; enfin le chef de la secte, Bode, successeur de Weishaupt, serait venu lui-même en France en 1787, et aurait converti à sa doctrine toutes les loges maçonniques de Paris. Ces faits, fussent-ils aussi certains qu’ils sont douteux, aucun homme de sens n’y attachera aujourd’hui la moindre importance.

Le marquis de Luchet. Essai sur la secte des illuminés ; Paris, 1789, in-8°. 
J. J. Mounier, De l’influence attribuée aux philosophes, aux francs-maçons et aux illuminés sur la révolution de France ; Tubingen, 1801; Paris, 1822, in-8°; 
Barruel, Histoire du jacobinisme ; Hambourg (Lyon), 1803, 2 vol. in-8°.
D.

bouton jaune   Les illuminés. Pages 44-45

1852 – Franck - Dictionnaire des sciences philosophiques

1852 Franck dictionnaireDictionnaire des sciences philosophiques, par une société de professeurs et de savants
Tome sixième
Paris - Chez L. Hachette et Cie, rue Pierre Sarrazin, n° 14 (près de l’École de médecine) - 1852

Article Théosophes, théosophie, page 876

THÉOSOPHES, THÉOSOPHIE (de Θεος, Dieu, et σοφία, sagesse, science). On entend par théosophie tout autre chose que par théologie. Ce n'est pas la science qui se rapporte à Dieu, mais celle qui vient de Dieu, qui est inspirée par lui, sans être l'objet d'une révélation positive ; et l'on donne le nom de théosophes à ceux qui ont la prétention de posséder une telle science. A vrai dire, les théosophes ne sont qu'une école de philosophes qui ont voulu mêler ensemble l'enthousiasme et l'observation de la nature, la tradition et le raisonnement, l'alchimie et la théologie, la métaphysique et la médecine, revêtant le tout d'une forme mystique et inspirée. Cette école commence avec Paracelse, au début du XVIe siècle, et se prolonge, avec Saint-Martin, jusqu'à la fin du XVIIIe. Elle se divise en deux branches : l'une populaire et plus théologique que philosophique, plus mystique que savante ; l'autre, érudite, raisonneuse, plus philosophique que théologique, plus mystique en apparence qu'en réalité. A la première se rattachent Paracelse, Jacob Boehm et Saint-Martin; à la seconde, Cornélius Agrippa, Valentin Weigel, Robert Fludd, Van Helmont. Ce qu'il y a de commun entre tous ces penseurs est plutôt dans la forme que dans le fond, et dans le besoin d'unir ensemble la science de Dieu et celle de la nature, que dans les doctrines mêmes auxquelles ce sentiment les a conduits. Aussi rien ne serait plus téméraire que d'aller au-delà d'une simple définition et de chercher à réunir dans une exposition générale tous les principes essentiels de cette école. Chacun des noms que nous venons de citer représente véritablement un système distinct, qui demande d'être étudié séparément. Nous dirons seulement ici, pour compléter notre définition, qu'il ne faut pas confondre la théosophie avec le mysticisme en général, et donner, par rétroactivité, le nom de théosophes aux mystiques des temps les plus reculés. Le mysticisme est un fait impérissable de la nature humaine, qui se manifeste à toutes les époques, sous mille formes diverses. La théosophie n'est qu'un fait historique qui n'a eu qu'une durée déterminée, et dont le mysticisme n'est qu'un élément.

bouton jaune  Article Théosophes, théosophie, page 876

1852 – Galiffe - La chaîne symbolique

1852 chaine symboliqueLa chaîne symbolique: origine, développement et tendances de l'idée maçonnique
Par Jean-Barthélémy-Gaïfre Galiffe
Genève - Imprimerie d’Elie Carey, rue Verdaine, 268 - 1852

Extraits de la IXe Planche - Troisième partie historique : La Franc-Maçonnerie moderne

Confusion entre les rites et pouvoirs de l’ordre page 299-303

[page 299]…  C'est à la faveur de ces troubles que l'on vit s'élever dans le royaume, et à Paris même, de nouveaux rites, tels que la Stricte-Observance, le Martinisme, le Régime Rectifié, le Rite Éclectique, celui des Philalétes [sic], etc.; et de nouvelles autorités suprêmes et constituantes, dont les plus remarquables furent : le Grand-Orient de Bouillon, présidé par le duc du même nom, la Mère-Loge du Rite écossais philosophique, dont le marquis de Laroche-Foucault-Bayers fut le premier Grand-Maître, etc., etc. On voit que si l'union manquait, il y avait au moins dans l'ordre un zèle et une activité qui tenaient du délire; et au milieu de cet enfantement laborieux, l'on est étonné des sommes énormes que la plupart de ces Loges trouvaient encore moyen de sacrifier, pour des objets de charité ou d'utilité publique.

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1852 – Landais – Dictionnaire classique de la langue française

1852 LandaisDictionnaire classique de la langue française: contenant tous les mots du dictionnaire de l'Académie et un grand nombre d'autres qui ne s'y trouvent pas, avec l'étymologie et la prononciation figurée, extrait du Grand dictionnaire
Par Napoléon Landais
Nouvelle édition
Paris, Didier, libraire éditeur, 35, quai des Augustins - 1852

Article Martinisme, martiniste, page 364

MARTINISME, s. m. (martiniceme), doctrine des martinistes.

MARTINSTE, s. de deux genres (martinicete), secte de francs-maçons.

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1852 – Lecanu - Dictionnaire des prophéties et des miracles, tome I 

1852 LecanuDictionnaire des prophéties et des miracles: (1208 col.)
Volume 24 de Nouvelle encyclopédie théologique ou Nouvelle série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse / publiée par l'abbé Migne
Volume 1 de Dictionnaire des prophéties et des miracles: précédé d'une introduction en forme de dissertation préliminaire ... et suivi du tableau général des prophéties bibliques
Auteur : Auguste-François Lecanu
Rédacteurs Jacques-Paul Migne, Jacques-Paul Migne (Paris)
Éditeur : s'imprime et se vend chez M. J.-P. Migne, éditeur, 1852

Article Illuminisme, Extrait, pages 853-855

La franc-maçonnerie, qui allait ouvrir ses premières loges vers la fin de ce siècle et le commencement du suivant, offrirait bientôt un dernier asile à l'illuminisme. Nous ne disons point ceci par haine ou par esprit de dénigrement, mais parce que c'est la vérité. Nous ne voulons pas donner à entendre, [page 854] toutefois, que les maçons illuminés aient reproduit les mœurs détestables de leurs ancêtres; oh ! non, telle n'est pas notre pensée, et telle n'est pas la vérité. Ce n'est pas que nous soyons pénétrés d'un grand respect pour la franc-maçonnerie; loin de là : nous avons trop étudié son histoire. Les livres mêmes qu'elle avoue, tels que l'Histoire du G. O., l'Histoire pittoresque de Clavel, les publications de Tschoudy, de Lévêque, de Luchet, fourniraient assez d'armes pour l'accabler, sans en emprunter aux écrivains qui lui sont hostiles, tels que Barruel, Picot, de Hammer, Cadet-Gassicourt, Péreau, Lefranc, Robinson, Proyart ; et sans recourir aux révélations de certains frères traîtres à leurs serments, mais indignés dans leurs consciences d'hommes probes. Les Francs-maçons trahis, les Francs-maçons écrasés, les Francs-maçons et leurs mystères, et cette fameuse Pierre de scandale, qui fit décréter l'abolition des hauts grades au congrès maçonnique de Wilhelmsbad, en 1782, décret qui n'eut point d'effet, fournissent de curieux renseignements.

bouton jaune Lire la suite sur le site1852-1855 - Dictionnaire des prophéties et des miracles

1852 – Dictionnaire des erreurs sociales

1852 JouffroyDictionnaire des erreurs sociales ou Recueil de tous les systèmes qui ont troublé la société depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours ; contenant l’aperçu historique des diverses sectes révolutionnaires, le précis de leurs doctrines, le récit de leur attentat contre la religion et les pouvoirs politiques ; enfin l’appréciation et le redressement, au point de vue catholique et social, de leurs principes hétérodoxes et anarchiques.
Par M. le marquis de Jouffroy
Publié par M. l’abbé Migne, éditeur de la bibliothèque universelle du clergé ou des cours complets sur chaque branche de la science ecclésiastique
Tome unique.
S’imprime et se vend chez J.-P. Migne, éditeur, aux Ateliers catholiques, rue d’Amboise, au Petit Montrouge, barrière d’Enfer de Paris. - 1852

Article « Jacobins ». Extrait page 312.

« Ce n’est point par hasard que se voient dans cet antre commun tous ces antiques conjurés des lycées et des loges parisiennes, et que dans ce même antre viennent se réunir tous les frères qui ont brillé dans celles des provinces ; Barrère, Mendouze, Bonnecarrère et Collot-d’Herbois. Ce n’est point par hasard qu’à Paris, comme dans les provinces, tous les clubs jacobins se composent en général des adeptes rose-croix, ou chevaliers du Temple, chevaliers du Soleil, ou kadosch ; de ceux-là plus spécialement encore, qui sous le nom de philalètes, ont suivi à Paris, à Lyon, à Avignon, ou Bordeaux, ou Grenoble, les mystères de Swedenborg. Qu’on cherche en ce moment ces frères si zélés de Saint-Martin, les Savalette de Lange, les M*** ou bien les W***. Ils avaient renchéri sur les rose-croix, leurs antiques devanciers ; ils vont encore les surpasser aux Jacobins

Article « Martinistes », pages 616-621.

Martinistes. Cette secte d’illuminés a fait assez de bruit, ses initiés ont pris assez de part aux évènements qui ont préparé et accompagné la Révolution française, pour [page 617] mériter de trouver place ici, malgré l’ennui profond qu’on éprouve à examiner des doctrines obscures, à déchiffrer une sorte d’Apocalypse dont l’auteur, qui ne visait qu’à piquer les esprits faibles et curieux, ne parait pas s’être soucié toujours de se comprendre lui-même.

Article « Réforme de Luther ». Extrait page 737.

… On a vu reparaître dans ces derniers temps ces mêmes gnostiques, hommes de poésie allégoriques et savantes, sous le nom d’illuminés et sous la conduite d’un mystique célèbre, Saint-Martin. Ils n’ont pas eu plus de succès qu’à leur première apparition ; la curiosité de l’esprit humain retrouve avec intérêt leurs œuvres ; mais le monde politique n’est pas ébranlé par les visions douces, riantes ou terribles, qui font les délices des philosophes rêveurs.

bouton jaune Lire la suite sur le site1852 – Dictionnaire des erreurs sociales

1852 - Université catholique 

1852 univesite catholiqueL’Université catholique, recueil religieux, philosophique et littéraire, paraissant sous la protection spéciale de Mgr de Salinis, évêque d’Amiens et sous la direction de M. l’abbé Gerdet, vicaire général d’Amiens. – de M. le comte de Montalembert, l’un des quarante de l’Académie française. – de M. Bonnetti, de l’Académie de la Religion catholique de Rome et de la société asiatique de Paris.
Liste alphabétique des auteurs dont les travaux sont entrés dans le présent volume :
Tome XXXIV de la collection - 2e série. – Tome XIV.
Paris, au bureau de l’Université catholique, rue de Babylone, n° 10 (Faub. S. G.) - 1852

Bibliographie. Compte-rendu du livre de Louis Moreau, pages 193-196.

Le philosophe inconnu : Réflexions sur les idées de Louis Claude de Saint-Martin le Théosophe ; suivies de fragments d’une correspondance inédite entre Saint-martin et Kirchberger, par Louis Moreau.

Saint-Martin fut un de ces esprits qui ressentirent le plus profondément l’incohérence et le vide de l’enseignement philosophique et rationnel, tel que l’avaient fait les philosophes Cartésiens et Malebranchistes des siècles derniers. Les efforts qu’il fit pour sortir de cette voie et rentrer dans la voie traditionnelle des vérités primitives, sont dignes de l’étude de tous les penseurs. C'est donc un service que M. Moreau, le traducteur des Confes[194]sions et de la Cité de Dieu, de saint Augustin, a rendu aux hommes qui veulent étudier la marche de la polémique religieuse vers la fin du siècle dernier. M. Moreau ne se borne pas à reproduire et à faire connaître le théosophe ; il l’explique et au besoin le corrige. Voici un passage qui est tout à fait de circonstance puisqu’il traite la grande question de savoir si l’homme seul est susceptible d’acquérir la connaissance philosophique, comme le prétendent les professeurs de philosophie même catholiques.

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1852 – Wocquier - Essai sur le mouvement philosophique de l'Allemagne

Essai sur le mouvement philosophique de l'Allemagne, depuis Kant jusqu'a nos jours, précédé d’une introduction sur les principes fondamentaux de la philosophie
De Léon Wocquier, docteur en philosophie et lettres, Docteur en Droit, Docteur en Sciences politiques et administratifs. Professeur agrégé a la Faculté de Philosophie et lettres de l’Université de Gand.
Tome I
Gand. Imprimerie de C. Annoot-Braeckman - 1852

Chapitre II - Philosophie de la Renaissance – VI. Mysticisme. Extrait, pages 86-87

D'autres théosophes tentèrent d'introduire plus directement le mysticisme dans le domaine des sciences morales : de ce nombre fut le célèbre Jacques Bœhm, cordonnier de Goerlitz qui, soi-disant favorisé de visions surnaturelles, vit son esprit s'ouvrir et s'éclairer par cette lumière supérieure, et décrivit ses extases dans un style fatidique, enthousiaste et obscur. Ses livres, dont le plus renommé a pour titre, Aurora, sont tous écrits en allemand. Ils ont été considérés par les uns comme l'œuvre d'un fou exalté, et ont rencontré d'autre part de fervents admirateurs qui ont fait de Bœhm un génie supérieur, le précurseur de Saint Martin, et le grand maître de l'illuminisme. L'étude des sciences occultes suscita naturellement la formation de sociétés secrètes dont la plus fameuse est celle des Rosecroix. Robert Fludd en fut l'apologiste et Jacques Bœhm le héros.

En résumé, le mysticisme, quels que soient les écarts auxquels il a donné lieu, ne mérite pas le dédain avec lequel il a été souvent traité. Au XVIe siècle particulièrement, il a rendu deux grands services dont il faut lui tenir compte. D'une part, il a aidé à la grande révolution qui ouvrit une nouvelle carrière aux [page 87] sciences physiques et chimiques, et préparé de rapides progrès à l'étude de la nature ; de l'autre, il a contribué à l'émancipation de la pensée, en détachant l'esprit humain des voies arides de la scholastique pour le ramener à la concentration en lui-même.

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1852 – Bourquelot - La littérature française contemporaine 

1852 BourquelotLa littérature française contemporaine 1827-1849, continuation de la France littéraire.
Dictionnaire bibliographique renfermant : 1° par ordre alphabétique de noms d’auteurs, l’indication chronologique des ouvrages français et étrangers publiés en France, et de celle des ouvrages français publiés à l’étranger ; 2° une table des livres anonymes et polynonymes ; 3° une table générale méthodique.
Le tout accompagné de Biographies et de Notes Historiques et Littéraires
Par M. Félix Bourquelot, ancien élève de l’École des Chartes, et M. Alfred Maury, sous-bibliothécaire de l’Institut.
Tome quatrième
Paris. Delaroque aîné, libraire, quai Voltaire, 21. - 1852

Article Gence (Jean Baptiste Modeste), pp.53-54

GENCE [Jean-Baptiste-Modeste], naquit à Amiens, le 14 juin 1755. Lorsque éclata la révolution, il était archiviste au dépôt des chartes. Privé de son emploi, il devint en 1793 réviseur en chef de l'imprimerie du gouvernement ; poète, érudit, philosophe, M. Gence se. fit particulièrement remarquer par ses recherches sur l'Imitation de J. C. et sur l'auteur de ce livre. Il mourut le 17 avril 1840. Il était membre de la Société des antiquaires de France et de la Société de la morale chrétienne. [Voy. le Dict. encycl. de M. LE BAS ; la Biographie littéraire de M. Gence (Paris, imp. de Moquet, 1835, in-8); l'Éloge de M. Gence par M. VILLENAVE (1840) ; et la France littér., t. III, p. 302.]

1. — La vérité du magnétisme, prouvée par les faits ; extrait des notes et des papiers de Mme Alina d'Eldir, née dans l'Indoustan ; par un ami de la vérité ; suivie d'une Notice inédite sur Mesmer. Paris, imp. de Migneret, 1829, in-8 de 128 pag.

2. —  Avec M. Monnard : Méditations religieuses, en forme de discours, pour toutes les époques, circonstances et situations de la vie domestique et civile, traduites d'après l'ouvrage allemand, intitulé Stunden der Andacht. Paris, Strasbourg , Londres , Treuttel et Wiirtz, 1830 et ann. suiv., 16 vol. in-8 [48 fr.].

3. — Nouvelles considérations historiques et critiques sur l'auteur et le livre de l'Imitation de Jésus-Christ , ou Précis et résumé des faits et des motifs qui ont déterminé la restitution de ce livre à Jean Gerson, chancelier de l'église de Paris. Paris, Treuttel et Wiirtz, 1832, in-8 de 96 pag. [2 fr. 50 c.1.

Réimpression avec augmentation des Considérations sur la question relative à l'auteur de l'imitation et sur les discussions qui la reproduisent; imprimées à la suite de la « Dissertation sur soixante traductions françaises de l'Imitation de J. C. » , par A.-A. BARBIER. [1812, I vol: 1n-12. Il existe aussi des exemplaires in-8.]

4. — La vraie phrénologie , ou l’Unité d'un principe intellectuel et moral dans l'homme, fondée sur l'accord de l'expression rationnelle du verbe et de la conscience du moi, avec la notion de l'être universel. Paris , Leleux. 1836 ., in-8 [1 fr. 25 c.].

5. — Notice biographique et littéraire du philosophe français Antoine Lasalle, ancien officier de marine, auteur de la balance naturelle et de la mécanique morale, traducteur et commentateur des oeuvres philosophiques et historiques de Bacon. Paris, Leroi , 1837, VIII et 164 pag., in-8 [4 fr.].

Antoine Lasalle, né à Paris le 18 août 1754, était fils d'une Polonaise et du comte de Montmorency-Pologne; il est mort à l'Hôtel-Dieu, [page 54] le 21 novembre 1829 [voyez le « Journal des Savants », juin 1837, p. 3781. M. Gence avait été très lié avec Antoine Lasalle et l'avait accompagné dans diverses excursions en France et en Italie.

On doit encore à M. Gence : Sur les travaux du Poussin , in-8. — Analyse des principes de la connaissance humaine, rétablie d'après Descartes, sur la base des notions de la spiritualité de l’âme et de l'existence de Dieu , etc. [Paris, 1828, 15 pag. in-8. Extrait de « l'Athlète du christianisme. »] — Précis en vers, avec des remarques sur l'Imitation de J. C. et son auteur [1829,in-8]. — Entretien sur les principes de la philosophie, etc. [Paris, 1830, 48 pages in-8. Cet opuscule semble avoir eu pour but de faire revivre la doctrine théosophique de Saint-Martin.] — Etrennes patriotiques et morales en vers aux amis de l'humanité, de la philosophie et des arts. [1831, in-18.] — Ode sur les vanités du monde et les biens de la vie à venir (adressée â M. Fortin d'Urban) [1832, in-8]. — L'ombre d'un grand nom, ou le personnage fictif dévoilé [extrait du «Journal général de littérature »]. — Au docteur Jacques Nauche, président de la Société de médecine pratique [en vers, 1834, in-8].— Nouvelle épitre a un ami, sur la réparation du mal par la puissance du bien, et de mème sur l'édition mutilée de l'Imitation de J. C. [en vers, 1834, in-8]. — Jugements motivés sur l'âge du Codex de ad-vocatis [1835, in-8]. — Résumé et application des motifs exposés dans les Principes de la philosophie rationnelle [1836 , in-8]. — Jean Gerson restitué et expliqué par lui-même dans ses parallèles de passages extraits de ses OEuvres morales et du livre de Imitatione Christi ; précédé de nouveaux motifs à l'appui de nos considérations sur l'auteur de l'Imitation , et suivi, entre autres pièces, d'un procès-verbal relatif au prétendu Jean Gerson, supposé abbé de Verceil, et de deux lettres inédites, dont l'une est du pèlerin français Jean Gerson, fuyant en Bavière la persécution [1836, in-8].— La Vierge d'Antin [en vers, 1837, in-8. Suit l'Extrait du Stabat mater de la nativité, publié par M. Gence dans le « Mémorial de l'église gallicane » le 26 février 1810]. — Nouvelles stances sur le prétendu livre du treizième siècle, et sur les éditeurs et les traducteurs français de l'Imitation de Jésus-Christ, suivies des décisions du conseil royal de l'instruction publique concernant l'adoption de l'édition latine et de la traduction française de ce livre [1837, in-8]. — La vraie philosophie de l'histoire, ou la Lutte, la renaissance et le triomphe du bien, poème philosophique et moral, dont le sujet est appliqué à l'éloge de Gerson, voté en France par l'Académie au dix-neuvième siècle [1837, in-8]. — La grande œuvre latine, définitivement rattachée au pèlerin Jean Gerson, réfugié dans un monastère en Autriche, ou a Question simplifiée sur l'auteur de l'Imitation de J. C., etc. [en stances, I838, in-8]. — La Modulation dans la grande œuvre latine du pèlerin Jean Gerson, divisée en trois livres qui forment la consolation intérieure, et, avec le livre eucharistique, sont l'objet et la fin de l'imitation de Jésus-Christ, dont le génie de Gerson a été déclaré digne d'être l'auteur par l'aigle de l'éloquence sacrée [41 stances de quatre vers, 1838, in-8]. — Dernières considérations sur le véritable auteur de la grande œuvre latine, le pèlerin Jean Gerson, qui se décèle non seulement dans ses diverses œuvres, mais dans l'Imitation elle-même, que des faits positifs démontrent antérieure au vieux français. [En prose ; l'Épilogue est en vers, 1838, in-8.] — Chant religieux , composé pour les séances de la Société de morale universelle, ayant pour emblèmes un gril, une étoile, un soleil, et fondée à Paris, sous le nom de la Noble porte de l'Élysée, par la sultane mongole Affina d'Eldir. Souvenir de 1838: la Perle. Couplets sur le bonheur. Quatrains d'Eldir sur le vrai bonheur [stances, 1838, in-8]. — Stances aphoristiques sur l'accord de la pensée et de la religion dans les progrès de la philosophie rationnelle, ramenée à son principe ternaire et à la foi biblique [1839, in-8]. — La vierge Marie, mère des chrétiens, dont Gerson invoque le culte, etc. [stances, 1839, in-8]. — Stances lyriques et morales [1839, in-8]. — Sur l'institution de l'ordre moral asiatique universel, fondée en 1832, sous le nom de la Noble porte de l'Élysée, par la sultane indienne Alina d'Eldir [11 stances de quatre vers, 1839, in-8]. — Motifs d'unité et d'ordre dans l'édition de l'Imitation polyglotte de Lyon, sous le nom principal de Gerson, par l'alliance de la bibliographie avec la philanthropie littéraire [13 stances de quatre vers, 1839, in-8]. — Pensées, sentences et maximes, les plus généralement et moralement utiles, des pères et docteurs de l'Eglise les plus éloquents, traduites du latin en français [1839, in-8. Chaque pensée est suivie de la traduction].

M. Gence a été l'un des collaborateurs de l'Encyclopédie des gens du monde.

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