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Thory annales 1812Annales originis magni Galliarum O.·. ou Histoire de la fondation du Grand orient de France

Claude Antoine Thory (1757-1827), avocat au Parlement et écrivain et franc-maçon du Grand Orient

Paris, 1812

Nous présentons ici les extraits de cet ouvrage de Thory concernant Louis-Claude de Saint-Martin et l'ordre de Martines de Pasqually les Élus Coëns

 https://books.google.fr/books?id=QY9QAAAAYAAJ

Nous présentons ici les extraits de cet ouvrage de Thory concernant Louis-Claude de Saint-Martin et l'ordre de martines de Pasqually les Élus Coëns

Extrait, p.4

Dans la 1ère partie de ce livre, Thory explique qu’ « il n'entre pas dans notre plan de rechercher l'origine de l'établissement de la Franche-Maçonnerie , non plus que d'examiner les divers systèmes créés à son sujet », et dans sa note 1, il précise que « L'origine de la Franche-Maçonnerie est un problème qui a donné lieu à toutes sortes de systèmes ». Thory cite Saint-Martin :

« M. De St.- Martin croit qu'elle est une émanation de la divinité; il la fait remonter à l'origine du monde ».

Extraits, p.63

A Metz, le Chapitre de Saint-Théodore professait les grades de la réforme de Saint-Martin (1)

Note 1 : renvoie à la page 52, voir dans l'extrait (p.49-53) ci-dessous la note 5 que nous reproduisons :

Note 5

5. Ce M. de St Martin dont nous venons de parler sectateur de Martines Paschalis, introduisit dans la Franc-maçonnerie les principes et les pratiques du Martinisme. Il distribua l'enseignement de ce système en dix grades qui étaient conférés dans deux temples. Il a laissé à ce sujet un manuscrit en deux vol. in 4° dans lequel on trouve la nomenclature de ces Grades; la voici : 1er apprenti, 2e compagnon, 3e maître, 4e ancien maitre, 5e élu, 6e grand architecte, 7e Maçon du Secret. Ces sept Grades sont l'objet des études du premier Temple.
Dans le second Temple, en enseigne les derniers mystères du martinisme dans trois grades dénommés : Prince de Jérusalem ; Chevalier de la Palestine et Kadoschhomme saint. Ils forment les 8e, 9e et 10e degrés.
On trouve ramassées dans les grades de Saint-Martin les superstitions les plus ridicules; comme les croyances les plus absurdes.
Il a donné en outre plusieurs ouvrages de philosophie mystique; les principaux sont : des Erreurs et de la Vérité, et sa suite ; l'Homme du désir, le Ministère de l'Homme d'Esprit et autres écrits sous le nom du Philosophe inconnu. Il a traduit plusieurs des ouvrages allemands de Boehm, dont les Trois Principes des Sciences divines, l'Aurore naissante, etc.
Il est mort à Aulnay près Paris en 1804 [pour 1803].

Rappelons que Louis-Claude de Saint-Martin n’a pas créé de grades ni de système maçonnique, pas plus qu’il n’a créé un ordre qui se serait poursuivi pendant tout le 19e siècle !

Extraits, Martinistes, p.458

Martinistes (les) rangés parmi les scélérats que le comte de Rastopchin indiquait à l'Empereur Alexandre comme devant être chassés du territoire russe, p. 328, à la n. V. Saint-Martin.

Extraits, Saint-Martin, Savalette, p.465

Saint-Martin) disciple de Martinès Paschalis, réforme la F. M. selon les principes du Martinisme, p. 52. V. Réforme. — Son opinion sur l'origine de l'institution maçonnique, p. 4, à la n.

Savalette de Langes, garde du trésor royal, fondateur de la L. des Amis réunis à Paris et du régime des Philalètes, p. 191.


Extraits, p. 49-53

[Sur la « lutte » entre le Grand Orient et la Grande Loge de France au 18e siècle]

… Jusqu'à la fin de 1774, le Grand Orient présenta aux loges, l'image d'une tribu errante sans lieu fixe de réunion. Il s'assemblait dans le domicile de celui de ses Officiers qui voulait le recevoir et souvent les délibérations étaient si tumultueuses, qu'elles troublaient l'intérieur des familles qui lui accordaient ce précaire asile. « Il n'avait, ni [50] secrétariat ni archives, ni centre, ni décence (1) ». Il était en effet bien éloigné d'offrir la réunion imposante qu'il présente aujourd'hui.

De bons esprits frappés de ces désordres s'occupèrent de la recherche d'un local pour les assemblées. Le choix tomba sur une maison rue du Pot-de-Fer faubourg St-Germain, dite l'ancien noviciat des Jésuites : c'est là que fut installée la métropole de la Maçonnerie française le 12 août 1774.

Mais, à cette époque, l'empire du Grand Orient était bien loin d'être assuré: il n'était pas sans inquiétude sur sa destinée. Les Loges des provinces, même une partie de celles de Paris, repoussaient sa correspondance; on ne répondait point à ses appels : au dedans la division s'était glissée parmi ses membres ; au dehors la-méfiance était générale. Il sentit enfin l'urgence de rassurer les Loges, de rendre un compte de ses opérations passées et de faire part de ses projets pour l'avenir : tel fut l'objet de son importante circulaire du 18 mars 1775.

Dans cette pièce (2), dont l'édition originale est aujourd'hui très-rare, le G. O. n'épargne aucun argument pour attirer à lui les partisans de l'ancien système, « Au moment de notre réunion, y est-il dit, nous fûmes pénétrés de la douleur la plus amère à la vue de l'ancien Temple maçonnique qui n'était plus qu'un amas de ruines amoncelées souillé par mille et mille profanations… Après bien des fatigues, nous croyons être parvenus à élever les fondements du temple, au-dessus du niveau de l'horizon.

[51] « Séparer le pur de l'impur, les bons d'avec les mauvais Maçons, proscrire à jamais les uns, et réunir les autres… voilà ce que nous avons entrepris et qui nous occupe sans relâche », etc. (page iii).

Il est inutile de dire que par les mots mauvais Maçons, on entendait désigner ceux qui n'avaient pas accueilli la nouvelle réforme.

Les auteurs de cette pièce y dépeignent l'ancienne Grande Loge comme expirante, comme faisant des efforts téméraires et impuissants, et se disant représentée par des hommes qu'un intérêt particulier avait éloignés du G. O. (3). Enfin ils n'oublient aucun des moyens propres à déterminer les Loges pour l'adoption de la réforme.

L'épuration de l'Ordre et la nécessité de lui donner des formes qui le garantissent à jamais d'aucune nouvelle altération, y sont annoncées comme indispensables; mais pour atténuer, à l'égard de certains maçons des Hauts Grades, ce que l'expression d'épuration (qui pouvait aussi bien s'appliquer aux réformateurs qu'à ceux qu'on voulait réformer) avait de choquant, les rédacteurs de la circulaire employèrent des phrases mystiques trop singulières pour que nous ne transcrivions pas ici dans son entier le passage suivant que le Grand Orient a supprimé lors de la réimpression de son État (4).

« Lorsque nous parlons d'épurer notre Ordre, nos Très Chers frères, nous n'entendons pas parler de cette société mystérieuse et invisible des vrais enfants de [52] la Lumière composée seulement de sages remplis de talents et de vertus, qui répandus sur les deux hémisphères, n'ont qu'un même esprit, qu'un même cœur, qu'une même âme qu'ils dévouent toute entière à la Gloire du Grand Architecte et au bonheur de leurs Frères. Nous n'ignorons pas que cette société, la plus digne de l'Être Suprême qui l'a formée et la plus utile au genre humain du bonheur duquel elle s'occupe sans relâche est établie sur des fondements inébranlables ; qu'elle est incorruptible et inaltérable comme le cœur des hommes qui la composent et comme les principes sacrés qui la gouvernent inaccessible aux passions des profanes, jamais rien d'impur ne l'a souillée ; jamais il ne peut y avoir lieu d'épurer ce qui est incorruptible ni de fortifier ceux que les ruines de l'univers accableraient avant d'abattre leur courage.

« Nous parlons de ces sociétés composées d'hommes qui ont été admis à une participation quelconque de nos mystères, qui ont reçu une portion de lumière, en un mot, de la Maçonnerie VISIBLE et en quelque sorte, extérieure. C'est cette portion de notre Ordre altérée par la contagion du siècle, souillée par les passions des hommes corrompus que nous nous sommes proposés d'épurer. »

Ce galimatias pompeux, ce petit charlatanisme, avait pour objet d'attirer au parti les Loges martinistes de la réforme introduite par M. de St Martin (5), les Loges [53] écossaises ou toute autre association secrète; en leur indiquant que l'opération projetée ne les concernait pas, mais seulement les Ateliers de l'ancienne Grande Loge.

Au reste, ce mandement [du 18 Mars 1775] ne produisit aucun effet: Les insouciants le lurent avec indifférence ; les vrais Maçons l'apprécièrent. En vain le Grand Orient chercha-t-il à changer quelques-uns de ses règlements pour les rendre plus agréables aux Loges ; en vain affecta-t-il de les consulter, avant de prendre des délibérations importantes, la méfiance était toujours la même et rien ne pouvait détruire l'opinion qu'elles avaient que l'administration était toujours renfermée dans ses seuls officiers.

Notes de l’auteur

1. Discours de M. de La Lande,  prononcé le 12 août 1774 à l'occasion de la prise de possession du local de la rue du Pot-de-Fer ; in-4°, page 1.

Circulaire du 18 mars 1775 ; in-4°, page ij et iv.

2. Circulaire du 18 mars 1775 ; in-4°

3. Même circulaire, pag. 19 et 20. On verra dans la suite que la Grande Loge de France, revenue de sa première terreur, avait repris ses travaux et sa correspondance avec beaucoup d'activité. C'est cette circonstance qui donna lieu à la publication de la pièce dans laquelle nous puisons ces détails.

4. Ibid, page iij.

5. Ce M. de St Martin dont nous venons de parler sectateur de Martines Paschalis, introduisit dans la Franc-maçonnerie les principes et les pratiques du Martinisme. Il distribua l'enseignement de ce système en dix grades qui étaient conférés dans deux temples. Il a laissé à ce sujet un manuscrit en deux vol. in 4° dans lequel on trouve la nomenclature de ces Grades; la voici : 1er apprenti, 2e compagnon, 3e maître, 4e ancien maitre, 5e élu, 6e grand architecte, 7e Maçon du Secret. Ces sept Grades sont l'objet des études du premier Temple.

Dans le second Temple, en enseigne les derniers mystères du martinisme dans trois grades dénommés : Prince de Jérusalem ; Chevalier de la Palestine et Kadoschhomme saint. Ils forment les 8e, 9e et 10e degrés.

On trouve ramassées dans les grades de Saint-Martin les superstitions les plus ridicules; comme les croyances les plus absurdes.

Il a donné en outre plusieurs ouvrages de philosophie mystique; les principaux sont : des Erreurs et de la Vérité, et sa suite ; l'Homme du désir, le Ministère de l'Homme d'Esprit et autres écrits sous le nom du Philosophe inconnu. Il a traduit plusieurs des ouvrages allemands de Boehm, dont les Trois Principes des Sciences divines, l'Aurore naissante, etc.

Il est mort à Aulnay près Paris en 1804 [pour 1803].


sceau coenN° XX - De l'Ordre des Élus-Coëns et de la doctrine de leurs initiations. p.239-253

[p .239] Cet Ordre était autrefois très-répandu en Allemagne ; dans presque toutes les grandes villes on trouvait des sociétés qu'on désignait sous le nom de Loges de Coën (1). Il a été introduit à Paris vers 1775. [p. 240]

Les Élus-Coëns ont toujours affiché de grandes prétentions : ils n'ont admis qu'un petit nombre d'hommes choisis, encore les ont-ils reçus avec beaucoup de circonspection. C'était un moyen de faire valoir l'institution, et [p. 241] de conserver le secret des formules d'initiations. Mais ils eussent atteint ce but bien plus sûrement, s'ils n'eussent rien écrit sur leurs mystères. L'expérience a prouvé que tout ce qui est confié au papier est divulgué tôt ou tard, et devient le partage de personnes qui n'ont aucun motif pour garder le silence.

C'est ce qui est arrivé à l'égard des rites des Élus- Coëns. Après la mort de M. de Saint-Martin, on a trouvé les [p. 242] cahiers des grades ainsi que les instructions et règlements manuscrits. La famille a disposé de sa succession maçonnique en faveur d'un de ses amis, qui n'a fait aucune difficulté de les communiquer à quelques frères qui en ont tiré des copies. M. Savalette de Langes, qui appartenait à la secte, les avait aussi ; on sait que ses manuscrits ont été vendus avec sa bibliothèque : il est résulté de tout cela que, malgré les initiés eux-mêmes, les mystères des Élus-Coëns ont été divulgués comme tous les autres. Ainsi nous pouvons facilement donner des détails authentiques sur ce rite ; nous avons la certitude qu'ils ne seront pas démentis par les FF. Coëns : nous en connaissons encore quelques-uns à Paris et dans l'étranger.

La création de l'homme, sa désobéissance, sa punition, les peines du corps, de l'âme et de l'esprit qu'il éprouve, forment l'ensemble de la doctrine d'initiation dans le rite des Élus-Coëns.

Sa régénération et sa réintégration dans sa primitive innocence ainsi que dans les droits qu'il a perdus par le péché originel, sont le but qu'on se propose.

D'après ce système, l'homme qui se présente pour être reçu n'est, aux yeux de la secte, qu'un composé de boue et de limon. Les chefs de cette société théocratique lui donnent la vie, à condition qu'il s'abstiendra de goûter les fruits de l'arbre vivifiant. Il est séduit ; il oublie sa promesse ; il est puni et précipité dans les flammes. Mais bientôt il renaît à une vie nouvelle : il est réintégré dans sa dignité primitive, si des travaux utiles, si une vie sainte et exemplaire l'en rendent dignes.

Voilà ce qu'on apprend aux initiés de la première classe dans trois degrés qu'on appelle, apprentissage, compagnonnage et maîtrise, dont, ainsi qu'on en pourra juger, la genèse a fourni le programme. [p. 243]

L'homme ayant recouvré ses droits primitifs, et s'étant rapproché de son créateur par une vie spéculative, est animé du souffle divin. Il devient propre à connaître les secrets les plus cachés de la nature ; la haute chimie, la cabale, la divination, les sciences ontologiques, ne sont pour lui que des connaissances communes, dans lesquelles il peut être instruit facilement.

Ces êtres privilégiés forment la seconde classe dans l'Ordre des Elus-Coëns. Ces classes se subdivisent en plusieurs autres (2) dans lesquelles on enseigne aux initiés, en raison de leurs goûts ou de leur génie, la cabale et les sciences occultes dans toutes leurs parties.

Suivant ce plan, on voit que l'Ordre des Élus-Cens a dû réunir, non-seulement toutes les personnes qui avaient du goût pour les connaissances surnaturelles, mais encore toutes celles qui se faisaient remarquer par des opinions singulières en matière de théologie mystique, tels que les sectateurs de Martinès Paschalis, de Swedembourg, etc. Tout le monde sait, en effet, que Saint-Martin, le baron d'Holbach, Duchanteau, et beaucoup d'autres, étaient membres de cet Ordre ; il est probable que c'est de cette école que sont sortis beaucoup d'ouvrages philosophiques, souvent plus ingénieux que solides.

Les Élus-Coëns se sont constamment fait remarquer, non-seulement par les connaissances variées des membres de leur association, mais encore par leurs mœurs thérapeutiques ; on comptait autrefois parmi eux, en France et dans l'étranger, beaucoup de savants modestes dont les [p. 244] leçons tendaient à inspirer l'amour du prince, de la patrie, de la justice et de l'humanité.

Après avoir donné ces notions succinctes de l'ensemble de la doctrine des Élus-Coens, nous offrirons aux lecteurs quelques détails sur leurs initiations, qui ne seront pas déplacés dans un ouvrage dont le but est de donner, en quelque sorte, le tableau des mystères des sectes maçonniques.

Celui qui veut être reçu est obligé de se présenter lui-même pour solliciter son admission. Introduit dans ce qu'on appelle le parvis, il se fait annoncer à la porte du porche. Des personnes sont envoyées pour l'examiner, connaître son nom, sa patrie, les opinions religieuses. Si toutes les conditions exigées des candidats se trouvent réunies dans celui-ci, on le fait mettre à genoux et prêter serment : 1°. de discrétion ; 2°. de fuir la débauche et les jeux publics ; 3°. de ne point fréquenter les femmes publiques, de ne point commettre d'adultère, et enfin d'être fidèlement attaché aux statuts de l'Ordre.

Ces préliminaires remplis, on l'invite à se retirer. Sa réception n'a lieu que plusieurs jours après.

1er. Point. Réception d'un Élu-Coën.

Quatre chambres sont indispensables pour ces initiations: 1°. le parvis ; 2°. une pièce qu'on appelle le porche ; 3°. une autre qu'on appelle le temple ou le tribunal ; 4°. et enfin une chambre dite de retraite. C'est celle dans laquelle le candidat est livré à ses réflexions.

Chaque Loge de Coëns doit être pourvue des instruments suivants ; savoir : une machine propre à imiter le tonnerre ; trois autres propres à former des éclairs ; une terrine avec [p. 245] des charbons allumés ; un vase plein d'eau ; un vase contenant de la terre pétrie ; trois draps, l'un rouge, l'autre noir, et le dernier blanc ; un crayon noir ; un escalier à vis, se divisant en trois paliers de 3, 5 et 7 marches, sur la dernière desquelles doit se trouver une trappe et des trous placés triangulairement pour donner passage à des flammes ; une branche de palmier, une de cèdre, une d'olivier et une de saule ; trois baguettes, une de houx, une de frêne et la troisième de coudrier ; un encensoir, des parfums, et trente bougies dans des flambeaux qui doivent être distribués autour des cercles ou circonférences tracés au milieu du temple : ces cercles représentent figurativement le centre de l'univers.

Les officiers nécessaires à l'ensemble des cérémonies des réceptions sont : un Tout-Puissant Maître, un Très-Respectable Maître, un Très-Vénérable Maître, deux Surveillants, un Vicaire qui est le chef des tuileurs, un Maître conducteur en chef qui dirige les Maîtres des cérémonies.

Le T. P. Maître préside dans le temple avec deux Surveillants.
Le T. R. Maître préside dans le porche aussi avec deux semblables officiers.
Le T. V. Maître a la direction des parvis.

Nous avons réuni tous ces détails ici pour ne point interrompre, l'historique de l'initiation de l'Élu-Coën (3). [p. 246]

Le néophyte qui a reçu l’avis du jour de son admission, se rend au parvis et est immédiatement renfermé dans la chambre de retraite.

Pendant ce temps, les branches de palmier, de saule, d'olivier ; le vase de feu qui est le symbole du feu élémentaire et ceux qui contiennent l'eau et la terre pétrie sont disposés circulairement autour des circonférences. Ceux qui doivent lancer la foudre et les éclairs occupent leurs places ; le conducteur en chef prend la sienne, ainsi que le vicaire. Tout étant en ordre, le V. Maître traverse le parvis et se rend dans la chambre de retraite. Le candidat y est interrogé sur le but qu'il se propose en cherchant à pénétrer les secrets de l'Ordre; on lui demande s'il est décidé à entrer dans une société « qui ne tend qu'à la vertu et qui est ennemie des vanités de ce monde périssable ». Sur sa réponse affirmative, le V. Maître dit aux tuileurs qui l'accompagnent : « Disposez cet homme à retracer aux yeux des frères qui sont dans le Tribunal le spectacle de ce qui s'est passé au commencement des temps, au centre de l'Univers ».

A ces mots, « les tuileurs… le dépouillent de tous métaux, et le déshabillent de façon qu'il ne lui reste que sa chemise et un caleçon de flanelle blanche ; ensuite ils le couchent sur les trois tapis, noir, rouge et blanc ; d'abord le blanc, ensuite le rouge, et le noir le dernier... Ils l'enveloppent soigneusement dans  ces draps et le portent de suite au Tribunal, où ils le couchent sur le dos au centre des circonférences, ayant [p. 247] la tête à l'occident, les pieds à l'orient, les deux genoux en l'air et les poings sur les yeux. Ils lui mettent sous la tête une pierre triangulaire.
» Le candidat étant dans cette position, on place le vase de feu à côté de sa tète, celui qui contient la terre pétrie vers la partie du cœur ; enfin on met le vase plein d'eau du côté opposé (4). »

Le plus grand silence règne pendant quelques minutes; alors quatre grands coups de tonnerre se font entendre : à ce signal, les Respectable et Vénérable Maîtres circulent six fois autour des circonférences, l'un partant de l'orient à l'occident par le midi, et l'autre de l'occident à l'orient par le septentrion. Ils s'arrêtent devant le T. P. Maître qui leur donne la bénédiction d'Israël, si leur avancement dans l'Ordre leur permet de la recevoir, ou seulement leur impose les mains, suivant la circonstance.

Pendant ces tours, les éclairs brillent, le tonnerre gronde, et les circonférences sont encensées.

Après ces cérémonies et quelques instants de repos, de nouveaux coups de tonnerre se font entendre, de nouveaux éclairs embrasent le Temple; c'est le Tout-Puissant qui va paraître : accompagné de ses acolytes sacrés, il va opérer le miracle de la création.

Le R. M., armé de sa baguette de houx, touche les genoux du candidat qui les allonge aussitôt.

Le V. M. touche avec sa baguette de frêne le cœur du candidat, ensuite son côté droit, et lui fait étendre successivement les deux bras.

Tous deux enlèvent tour à tour le drap noir et le drap rouge qui font partie de ceux qui enveloppent le candidat, [p. 248] de sorte qu'il se trouve seulement couvert du drap blanc, les bras étendus et les jambes écartées (5).

Le V. M. se place aux pieds du néophyte et le R. M. se place à sa tète, où il prononce à haute voix la prière suivante :

« Grand Architecte de l'Univers, toi qui as bien voulu faire l'homme à ton image et à ta ressemblance pour lui assujettir le grand Monde, dont il sera la victime si tu ne le combles de tes grâces, ne permets pas que l'ouvrage de tes mains périsse ; fais, au contraire, que ses ennemis rougissent de honte de l'inutilité de leurs efforts pour remporter des victoires sur lui. Cependant que ta sainte volonté soit faite ». Le V. M. répond Amen.

Cette prière terminée, le néophyte est entièrement découvert ; le tonnerre se fait entendre ; le lieu de l'assemblée présente l'image du chaos : peu à peu le calme se rétablit, et le candidat est conduit aux pieds du T. P. Maître qui le bénit et lui donne l’ordination en prononçant des paroles mystérieuses. Cette cérémonie consiste à appuyer successivement sur son front, la partie du cœur, le côté droit et la tète, le pouce, l'index et le médius de la main droite ; ce qui offre l'image d'un triangle, les autres doigts étant repliés dans la main.

Le V. M. conduit ensuite le néophyte au centre des circonférences ; là il lui donne les signes de reconnaissance et lui dit : « Ces quatre branches qui s'offrent à tes yeux te seront d'une grande utilité si tu observes les commandements de celui qui t'a donné l'être ; mais tu seras en proie à tous les malheurs et sujet à la mort si tu les transgresses. Tu peux jouir de tout ce que tu [p. 249] vois ; mais garde-toi de toucher à ces quatre branches. (Il lui montre avec sa baguette la branche de palmier :) » Voilà le symbole de la sagesse universelle du Dieu vivifiant ; (il lui montre la branche de cèdre :) Voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu vivant ; (il lui montre la branche d'olivier :) Voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu de vie ; ( il lui montre la branche de saule :) Voilà enfin le symbole de la mort éternelle.
» Ensuite il lui fait jeter les yeux sur la terre pétrie, sur l'eau et le feu : Vois, homme, (dit-il) ce que tu es ; je t'ai tiré de là : si tu ne veux pas rentrer dans les abîmes de la terre d'Egypte, observe fidèlement les défenses qu'on t'a faites, et n'oublie jamais les engagements que tu contracteras avec l'Ordre ».

Le candidat est abandonné seul au milieu des circonférences ; là on le laisse quelque temps livré à lui-même.

Pendant qu'il réfléchit sur la nouveauté du spectacle qui a frappé ses yeux, un Elu-Coën, qui représente un mauvais génie, traverse les cercles, s'approche de lui, et cherche à lui démontrer le ridicule des défenses qu'on lui a faites. Il l'engage à s'approcher des branches, à les examiner, à tracer des caractères autour ; suivant ce tentateur, il résultera de cette désobéissance des connaissances précieuses, desquelles doivent dériver un pouvoir supérieur à la puissance de celui qui l'a créé. « Attache-toi surtout, lui dit-il, à connaître parfaitement ce que renferme l'arbre vivifiant, puisqu'il est toute science et toute puissance. Tu soumettras tout à ton empire et tu commanderas à tous les animaux, tant visibles qu'invisibles », etc.

Le malheureux néophyte se laisse tenter et persuader par ce séducteur… ;il est accablé de reproches et chassé du Temple. [p. 250]

Rentré dans le parvis, il tombe dans les mains de trois tuileurs qui représentent les mauvais génies ; ils lui attachent les bras avec de forts liens, le chargent d'un énorme fardeau et lui font faire neuf fois le tour de la pièce en le couvrant d'eau et de boue : les éclairs brillent, la foudre éclate…

Ici se termine le premier point de l'initiation.

IIe. Point de la réception d'un Élu-Coën.

Pendant que le néophyte est livré aux tourments que lui font souffrir les mauvais génies, on change la décoration du Temple ou du Tribunal ; on élève l'escalier à vis au milieu des circonférences mystérieuses, et l'on prépare tout pour le complément de ces laborieux mystères.

Après un certain temps, le premier tuileur vient rendre compte au T. P. Maître du repentir et de l'humiliation du candidat, et implorer son pardon. « Allez, répond le T. P. Maître, que l'homme soit présenté devant moi ».

On court chercher le néophyte ; on l'arrache avec peine des mains des mauvais génies qui s'efforcent de le retenir. « Laissez cet homme en paix, leur dit le premier tuileur ( qui représente un bon génie ) ; retirez- vous, et que désormais aucun de vous ne l'environne : le T. P. Maître lui a fait grâce. Retirez-vous chacun dans votre région; obéissez à celui qui vous  commande au nom du Maître ».

Le candidat, chargé de chaînes, est conduit aux pieds du V. Maître ; il implore sa grâce… « Te voilà donc rentré dans la terre d'Egypte! (lui dit-il) Comment as-tu pu oublier les défenses qu'on t'a faites ?... Infortuné ! ton crime t'a rendu l'esclave de la mort qui exercera son empire sur toi et ta postérité…  Lève-toi, homme, [p. 251] ta faute t'est remise. C'est à toi maintenant à travailler » pour gagner la vie éternelle », etc.

Le R. Maître le délivre de ses liens, et le conduisant à l'entrée de l'escalier à vis, il le lui montre en lui indiquant qu'il est divisé en trois paliers auxquels on arrive par trois, cinq et sept marches, symboles des trois peines qu'il souffrira dans la réintégration de sa personne avec son principe : ces peines sont celles du corps, de l'âme et de l'esprit.

Le néophyte monte, en reculant, l'escalier mystérieux. Arrivé au premier palier, il prête le premier tiers de son obligation, qui consiste à promettre de garder le secret sur les mystères des Élus-Coëns, etc.

Arrivé au second palier, il prête le second tiers de son obligation ; il s'engage à être fidèle à la religion catholique, apostolique et romaine ; à aider ses frères de ses conseils et de sa bourse, etc.

Enfin il est conduit au dernier palier où il prête le dernier tiers de son serment, qui consiste à se soumettre à ne jamais fréquenter les assemblées de ces sociétés qui prennent le type des Maçons sans le connaître, etc.

Tous ces serments sont prêtés à genoux. On fait ensuite lever le candidat et on le place au centre de la dernière marche du troisième palier sur une trappe qui y est pratiquée ; là on lui dit que le premier né des hommes fit à Dieu, après son péché, des promesses pareilles à celles qu'il venait de faire il n'y avait qu'un instant, mais que l'esprit malin s'étant emparé de lui, il en fut encore séduit et qu'il attira sur lui le feu du ciel par sa conduite ; enfin qu'il fut précipité dans les abîmes de la terre pour être livré au feu éternel… Dans cet instant, la trappe s'ouvre sous 1es pieds du candidat qui disparaît et tombe au milieu des flammes au pied de l'escalier à vis.

Cette épreuve est la dernière de celles qu'il est [p. 252] condamné à subir ; elle complète son initiation comme apprenti. On lui donne les mots de reconnaissance, sept signes imitatifs des figures des sept planètes ; enfin on le proclame comme membre de l'Ordre.

Nous avons dit que les peines imposées à cet homme nouveau, en raison de sa désobéissance, étaient celles du corps, de l'âme et de l'esprit. Dans le grade d'apprenti, il a subi celles du corps ; restent les deux autres qui forment l'objet de la doctrine de l'initiation aux grades de compagnon et de maître.

Nous n'entrerons pas dans les détails de ceux-ci : les épreuves de l'initié sont du même genre, et, comme dans le premier grade, l'escalier en forme de vis y joue le principal rôle. Nous pouvons même le dire, et les Élus-Coëns en conviendront, ces deux derniers actes de la réception sont bien inférieurs au premier, dans lequel les inventeurs semblent avoir épuisé toutes leurs ressources.

Les Francs-Maçons instruits verront, au premier coup d'œil, que dans ces initiations les auteurs ont mis en action les systèmes développés dans la carte de Ticho-Brahé, dans celle du R. P. Sabatier et dans la carte de Duchanteau. Cette dernière surtout, qui n'est qu'une copie amplifiée des deux premières, contient dans son entier les grands mystères des Élus-Coëns, dont la cabale est une des principales études, ainsi que nous l'avons dit (6). [p. 253]

Au reste, ces adeptes forment une classe bien distincte de celle des Francs-Maçons, dont ils ont cependant emprunté quelques usages. Les Elus-Coëns apprécient eux-mêmes, sans doute, à leur juste valeur, leurs formules d'admission ; et nous pensons que toutes les allégories des réceptions pourraient s'expliquer ainsi : Pour entendre et propager des vérités nouvelles, il faut des hommes nouveaux. Tel a sans doute été le but des inventeurs des mystères de cet Ordre, et ce symbole nous semble énoncé très-clairement dans tous les actes différents de ces singulières initiations.

Notes

1. [p.239-241] Dans cette note, Thory apporte différents compléments au mot "coën". Nous avons choisi de mettre cette note à part ci-dessous.

2. [p. 243] Voici la nomenclature des degrés d'avancement dans cet Ordre :
Première Classe : Apprenti, Compagnon, Maître, Grands Élus.
Deuxième Classe : Apprenti Coën, Compagnon Coën, Maitre Coën, Grands Architectes, Chevaliers Commandeurs.

3. [p. 245-246] Nous passons sous silence toutes les formalités exigées pour l'ouverture des Loges de Coën, et consignées dans un rituel fort détaillé. Ceux qui pourront se procurer cette pièce assez rare, y trouveront les cérémonies d'entrée dans le temple; les prières qu'on adresse à l'Eternel ; les cérémonies d'introduction des FF. des hauts grades ; les exhortations aux surveillants ; la cérémonie des poignards ; la manière de distribuer les mots courants, d'ouvrir les portes du temple et du porche, celle de les fermer; ils y verront comment les mots sont rendus aux réaux et aux grands-officiers ; les prières de fermeture ou actions de grâces; comment on allume et éteint les bougies; les batteries , etc.
Ces détails sont étrangers à notre plan, en ce qu'ils tendraient à dévoiler les secrets matériels de cet Ordre, ce qui n'est pas dans notre intention.

4. [p. 247] Manuscrit de M. Savalette de Langes. Tous les passages de cet article marqués par des guillemets sont pris dans ce manuscrit.

5. [p. 248] La figure du microcosme dans la carte de Duchanteau, planche 1ère, offre une image exacte de la posture du néophyte en cet instant.

6. [p. 252] Voyez, 1°. Carte philosophique et mathématique, dédiée à monseigneur Charles-Alexandre de Lorraine et de Bar, par Duchanteau ; (4 feuilles.)

2°. Une autre carte intitulée : Idealis umbra sapientiœ generalis, Parisiis, anno domini 1679, mise au jour par le révérend P. Esprit Sabatier, prédicateur capucin ;

3°. Celle intitulée : Catendarium naturale perpetuum magicum, par Ticho-Brahé, astronome suédois, né en 1546, et mort en 1601. Cette carte a été gravée en 1582.
Ces trois pièces sont assez rares.


Du terme « coën »

Note 1 du texte précédent [p.239-241] 

Nous avons vu ce nom orthographié de différentes manières dans plusieurs manuscrits. Les uns écrivent Koën, et d'autres Choën ou Coën. M. Caignard de Mailly l'a écrit Coin (Annales Maçonniques de France, tome 3, page 12). En tête d'un cahier qui nous a été communiqué par MM… de Munich, on lit ces mots : Rite des Élus-Koës. Un de nos amis, frappé de ces différences, a consulté M. Alexandre Lenoir, administrateur du Musée des monuments français, pour avoir son opinion sur l'étymologie du mot Coën. Ce savant lui écrivit à ce sujet, au mois de septembre 1809, une lettre dont voici un extrait qu'on nous a permis d'imprimer.

« Il n'est pas facile de déterminer l'origine du mot Coën, que l'on a donné dans des temps modernes à une société mystérieuse, parce que la signification de ce nom peut varier d'après la manière dont on l'écrit.

« Les uns l'ont écrit par un K ou un C, Koën ou Coën ; d'autres par Ch, Choën ou Coën. Ceux qui l'ont écrit par un K ou un C ont dû le tirer de la langue hébraïque, ce qui paraîtrait vraisemblable, car la plupart des mystères modernes sont pris des Hébreux ; dans ce cas-là ce mot désignerait un prêtre et viendrait du mot hébreu KHN, qui veut dire sacerdos. Dans la mythologie rabbinique, le mot Kohanin signifie un prêtre sacrificateur et les Juifs donnent encore ce nom aux prétendus descendants d'Aaron, qui en font les fonctions, quoiqu'ils ne soient plus dans l'usage de sacrifier des victimes à la Divinité.

« Ceux au contraire qui l'écrivent par Ch, Choës, l'ont emprunté du grec Choës, et doivent l'entendre d'un prêtre qui fait des libations, du mot χεω, faire des libations, des effusions en l'honneur de quelque Divinité ; faire des oblations, etc.; fundo, verser, épancher ; effundo, répandre une liqueur quelconque ; d'où est venu le mot χοευς, congius, , conge ; conge sacré, qui, chez les Athéniens, servait, dans les fêtes de Bacchus appelées Choës, faire des libations, et dans laquelle chacun buvait. Cette fête était célébrée dans le mois anthestérion, et Bacchus lui-même en était nommé Choopotés, qui boit dans un choes.

Pour ceux qui l'écrivent par K, et qui le tirent du grec, il vient nécessairement du grec χοετε [ ?], intelligo, entendre ; il rentre alors dans l'interprétation de Freret, quand il dit : Le prêtre nommé Koës porte un nom qui a rapport à son emploi. Il était chargé d'entendre la confession des initiés, et la traduction d'auditor, auditeur, qu'il en donne convient parfaitement. A Samothrace, le prêtre nommé Koës était une espèce de grand pénitencier qui entendait la confession des initiés aux mystères des Dieux Cabires, et qui avait le droit de les relever de leurs crimes.

En résumé, comme on vient de le voir, il y a trois manières d'orthographier ce mot. Je dirai donc :

Si ce nom est tiré de l'hébreu, et je pense qu'il en vient, il doit s'écrire Koën ou Coën, ainsi que je l'ai remarqué, et il désignerait une réunion de prêtres sacrificateurs, ou d'hommes qui en feraient les fonctions.

Si on le tire du grec, et qu'on l'écrive par Ch au lieu d'un K, ce qui fait Choës au lieu de Koën, la société dont il s'agit s'entendrait d'une réunion d'individus qui feraient des libations en l'honneur d'une Divinité quelconque. Si, au contraire, on met un K à la place de Ch, le nom dont on cherche l'origine serait en rapport avec le mot Koës, nom que l'on donnait au grand-prêtre de Samothrace, lequel avait le droit d'entendre la confession des initiés, et par conséquent le pouvoir de les relever de leurs fautes. Ainsi, dans cette dernière hypothèse, la société nommée Koen au lieu de Coen serait une espèce de tribunal Maçonnique auprès duquel les Maçons coupables de quelques fautes graves pourraient se faire absoudre après en avoir fait l'aveu, ou après avoir confessé leurs crimes au Koës moderne faisant, dans cette circonstance, les fonctions de grand-prêtre ou de chef du tribunal, etc.

Dans cette dernière hypothèse l'ordre des Élus-Coëns ou Koëns pouvait être considéré comme un tribunal dans lequel les initiés sont supposés faire l'aveu public de leurs fautes ou de leurs faiblesses à des Koës modernes ou autres personnages remplissant des rôles à peu près semblables, pour en obtenir le pardon, et mériter par une conduite exempte de reproche leur réintégration dans leur primitive innocence. »

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