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Index de l'article

Calendrier perpetuel 1873- Bibliothèque universelle et Revue suisse – T 47

    Ernest Naville : Article La Liberté

- Dezobry - Dictionnaire général de biographie et d’histoire

    Saint-Martin

- Saman - Les enchantements de Prudence

- Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales

    Mesmérisme. I. Théorie et faits

 1873 - Bibliothèque universelle et Revue suisse – T 47

1873 revue suisseBibliothèque universelle et Revue suisse
LXXVIIIe année – Nouvelle période
Tome XLVII
Lausanne. Bureau de la Bibliothèque universelle
Genève, Bureau des Archives, 18, rue de la Pélisserie
Paris, Sandoz et Fischbacher, 33, rue de Seine
Londres, Barthès et Lowell, 14, Great Marlborough Street
Bâle et Leipzig. H. Georg, libraire
États unis – Boston: Schœnhof et Mœller, 40 Winter-Street
1873

Ernest Naville : Article La Liberté (second article). Extrait, pages 458-459.

Je conversais, un jour avec un officier en retraite, fort honnête homme et excellent père de famille. Nourri de sentiments pieux, il avait d'abord cherché l'aliment [page 459] de sa vie spirituelle dans les productions de la littérature chrétienne marquées du sceau d'une tendance mystique l'Imitation de Jésus-Christ et les Œuvres spirituelles de Fénelon. Il avait passé ensuite à Saint-Martin, le philosophe inconnu, de Saint-Martin à Jacob Bœhme, et enfin de Jacob Bœhme à Spinoza. La pensée que tout dans le monde est nécessairement déterminé et absolument bon était sa conviction dominante. Il m'exposa clairement sa façon de penser. Quand il eut fini de parler, je lui posai cette simple question: « Vous avez un fils parfaitement honorable et qui fait votre joie. S'il devenait un scélérat (ce qu'à Dieu ne plaise), avez-vous le courage de me dire que vous trouveriez que tout est également et absolument bon ? » Nous nous promenions il s'arrêta, garda un moment le silence, puis me répondit « Je n'aime pas penser à ces choses-là. » Ce qui signifie Ma doctrine est inconciliable avec la vie, avec la vie du cœur dans ce qu'elle a de plus sacré.

bouton jaune    Ernest Naville : Article La Liberté (second article)

1873 - Dezobry - Dictionnaire général de biographie et d’histoire

1873 DezobryDictionnaire général de biographie et d’histoire
De mythologie, de géographie ancienne et moderne comparée
Des Antiquités et des institutions grecques, romaines, françaises et étrangères
Ch. Dezobry, Chevalier de la Légion d’Honneur, auteur de Rome au siècle d’Auguste
Th. Bachelet, Chevalier de la Légion d’Honneur, Agrégé d’histoire, professeur au Lycée de Rouen
Et une société de littérateurs, de professeurs et de savants
Sixième édition revue
Deuxième partie
Paris
Librairie Ch.Delagrave
58, rue des Écoles
1873

Article : Saint-Martin, page 2372.

SAINT-MARTIN (Louis-Claude de), dit le Philosophe inconnu célèbre théosophe, né à Amboise en 1743, d'une famille noble, m. en 1803, fut destiné par ses parents à la magistrature, et étudia le droit, mais bientôt, préférant la profession des armes, il entra comme lieutenant dans le régiment de Foix en 1765. Il puisa de bonne heure dans l’Art de se connaître soi-même, du protestant J, Abbadie, les principes de philosophie et de religion qu'il professa toute sa vie, sans chercher à faire des prosélytes. Etant en garnison à Bordeaux, il se lia avec quelques mystiques ; il s'attacha tour à tour aux doctrines de Martinez Pasqualis et de Swedenborg ; puis, quittant le service pour se livrer à la méditation, se créa un système à lui, qu'il appelait le Spiritualisme pur. Il publia, sous le voile de l’anonyme : Des erreurs et de  la vérité, Edimbourg (Lyon) 1775, in-8°, Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l’univers, ibid., 1782, in-8°; l'Homme de désir, 1790, in-8°; le Nouvel homme, 1796, m-8°, De l’esprit des choses, ou Coup d'œil philosophique sur la nature des êtres, 1800, 2 vol. in-8° ; le Ministère de l'homme-esprit, 1802, etc. Œuvres posthumes, Tours, 1807, 2 vol. in-8°. Il est assez difficile de comprendre toute cette philosophie d'illuminé, écrite en style énigmatique. V. Moreau, le Philosophe inconnu, ou Réflexions sur les idées de Saint-Martin, Paris, 1850, in-12 ; Caro, Essai sur la vie et doctrine Saint-Martin, 1852, in-8°; Matter, Saint-Martin et ses écrits, son maître Martinez et leurs groupes, Paris, 1862, in-8°.

B.

bouton jaune   Saint-Martin

1873 – Saman - Les enchantements de Prudence

1873 SamanLes enchantements de Prudence
Par Mme P. de Saman [Hortense Allart de Méritens, (1801-1879)]
Deuxième édition
avec préface de George Sand
Paris.
Michel Lévy frères, éditeurs,
rue Auber, 3 place de l’Opéra
Librairie nouvelle
Boulevard des Italiens, 15, au coin de la rue de Grammont
1873

XXXII - Extrait, pages 340-341

M. Warwick, à la fin d'août 1856, s'embarque à Marseille pour Constantinople, où il était chargé d'organiser les provinces du Danube. Je m'occupais d'Alexandre le Grand pour mon histoire d'Athènes. J'imprimais le Novum Organum avec le plus grand plaisir mais très lentement. J'aimais tant mon sujet que les épreuves mêmes m'amusaient, surtout la partie de Pascal.

Eh juin 1857, l'Essai sur l'histoire politique parait enfin. Deux mois après, en août, parait le Novum Organum. J'obtenais ce que j'avais désiré passionnément. Pour le Novum Organum, j'avais tout remis à Dieu. Je reçois sur ces ouvrages de charmantes lettres d'Italie et de Paris. J'en suis occupée. J'avais fini Thucydide et Xénophon. J'abordais Platon, la philosophie, puis Philippe, Alexandre et Démosthène pour finir. Chaque matin, à la tour de Montlhéry, je lisais les Études de la nature de Bernardin de Saint-Pierre. C'était fréquenter l'âme la plus élevée et la plus sensible du monde. Ces grands [page 341] littérateurs sont tous faits pour l'action et la politique. Celui-ci est un réformateur. Il pense sur tous les sujets : son livre est le plus varié comme le plus beau. Occupée l'hiver suivant des ouvrages de M. de Saint-Martin, ce sage m'a fait mieux comprendre Jésus-Christ. Il se croit lui-même parfois une sorte de Christ, il fait entendre qu'il s'immole en idée, qu'il s'immole aux douleurs du genre humain: sorte de figure du Christ, il fait comprendre les natures pures et exaltées; ses impressions sont sublimes. Il dit: « O Dieu, transmets jusqu'au fond de mon âme le feu qui te brûle, afin qu'elle brûle avec toi, et qu'elle sente ce que c'est que ton ineffable vie, et les intarissables délices de ton éternelle existence. » M. de Saint-Martin appelle les hommes pieux des hommes de paix et de désir. Le désir en nous, dit-il, est la racine de l'éternité, et ce désir produit le mouvement divin ou la dévotion; la dévotion ! charme sacré qui est la vie secrète de tous. Ce charme nous fait traverser les dangers sans les voir, rapporte les fatigues sans les sentir, répand la paix et comme le plaisir sur nos derniers jours. Il remplace les tempêtes où nous vivons dans la région des temps. L'homme n'a qu'un désir, l'éternité, les, autres désirs ne sont que des formes de ce seul désir.

bouton jaune   XXXII - Extrait


1873 - Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales

1873 Dictionnaire encyclopédiqueDictionnaire encyclopédique des sciences médicales.
Directeur : A. Dechambre
Deuxième série
Tome septième
Mer-Mil
Paris.
G. Masson, libraire de l’Académie de médecine
P. Asselin, libraire de la Faculté de médecine
Place de l’école de médecine
M DCCC LXXIII

Article Mesmérisme. I. Théorie et faits. - Extrait, pages 143-144

MESMÉRISME. Nous le disons dès en commençant, la question du mesmérisme, si l'on ne regardait qu'à l'intérêt scientifique, pourrait être, selon nous, écartée de ce Dictionnaire, ou tout au moins n'y tenir qu'une place extrêmement restreinte. Il ne faudrait pas pourtant que cette déclaration, parce qu'elle est préliminaire, fût considérée comme l'expression d'un parti pris, comme une sorte de fin de non-recevoir, motivée uniquement par des considérations philosophiques. Non ; elle sort d'une conviction réfléchie et basée tout à la fois sur la raison et sur l'expérience. C'est ce que nous essayerons de montrer plus loin.

Mais les erreurs de l'esprit humain font partie de son histoire tout autant que ses progrès ; et, quand une de ces erreurs a passionné une époque ; quand elle est en filiation avec d'autres croyances dont les siècles se sont tour à tour épris, le curieux, l'érudit, le philosophe même ne sauraient s'en désintéresser. Et comme le magnétisme animal, dans ses développements successifs comme dans son état rudimentaire, dans ses applications comme dans sa partie spéculative, est un objet très répandu de curiosité, nous croyons utile de nous étendre assez longuement sur les différentes phases de son histoire.

I. THÉORIES ET FAITS. Au commencement de l'année 1778, arrivait à Paris un docteur de Vienne, nommé Antoine Mesmer. C'était un homme assez instruit, plus physicien que médecin, doué d'un certain talent littéraire, actif, remuant, —enthousiaste ? nous ne le croyons guère, — mais vain et avide de renommée. Il quittait un pays où l'antique doctrine de l'Émanation reprenait faveur, où le gnosticisme d'un Swedenborg montrait des légions d'esprits incessamment échappés du sein de la Divinité sans l'épuiser ni la diminuer jamais, régissant pour leur bien ou pour leur mal l'âme et le corps de l'homme, arbitres conséquemment de sa santé physique et morale, mais accessibles à la prière et aux conjurations ;— où un prêtre du pays des Grisons, Gassner, après avoir pendant plusieurs années exorcisé les malades à Ratisbonne et ailleurs, venait à peine de, rentrer dans sa cure sur ordre de l'empereur Joseph. De ce milieu cabalistique, Mesmer tombait dans un autre, où le culte de plus en plus exclusif de la raison et de l'expérience ne mettait aucunement, comme on est déjà trop porté à le croire, l'esprit public en garde contre les surprises et l'appât naturel du merveilleux. Sous le règne de l'expérience, l'expérience décide de la crédibilité aux faits de toute nature ; et, se trouvant être un des instruments les plus difficiles à manier de la connaissance scientifique, elle peut, le plus aisément du monde, conduire à de grossières erreurs. Peu d'années avant Mesmer, le prétendu comte de Saint-Germain, qui avait eu l'honneur de vivre en commerce familier avec les plus grands hommes des siècles passés, voire, avec Jésus-Christ, n'avait guère eu moins de succès à la cour sceptique de Louis XV que Swedenborg à Stockholm ou Gassner dans la rêveuse Allemagne. La folie des rose-croix n'était pas plus guérie à Paris qu'elle ne l'était en Allemagne où, comme on sait, elle avait sévi avec une intensité particulière dans la première moitié du dix-septième siècle. Le chef de la secte des Élus, Martinez Pasqualis, était peut-être encore à Paris, où il avait établi un rite cabalistique ; et son digne disciple, Saint-Martin, distillait dans les salons [page 144] des grands seigneurs la quintessence de sa théosophie. Si le cimetière de Saint-Médard était fermé, ni les convulsionnaires n'étaient morts, ni les convulsions n’avaient cessé. L'extase de sœur Perpétue et de sœur Félicité, rouées de coups de chenet par le père Coutu, renforcé parfois d'un porte-faix, arrachait encore aux bonnes âmes des cris de pitié et d'admiration. Le mysticisme, la croyance aux esprits, aux puissances occultes maîtresses de la destinée humaine, étaient partout; et, bientôt, on allait voir un Joseph Balsamo balancer, par ses tours de magie et de sorcellerie, la réputation de Mesmer lui-même.

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Mesmérisme. – Extrait, pages 183-184

Ce que nous disons de l’œuvre des démons, la science, avec tout le respect possible, ne peut s'empêcher de le dire de l'œuvre des saints. Ce sont les magnétiseurs eux-mêmes qui l'y convient. Qu'on veuille bien remarquer que notre seul but ici est de montrer dans les pratiques anciennes les antécédents avérés du magnétisme. Un mauvais esprit ou l'esprit d'un bienheureux, ce sont toujours deux êtres que l'homme évoque à son profit. Les chrétiens qui se couchaient sur le tombeau de leurs martyrs sont les fils des païens qui allaient dormir dans le temple d'Isis ou dans celui d'Esculape, et les pères de ceux qui se tenaient les mains en croix sur le tombeau de Pâris. Et les morceaux de suaire ou de tunique, les portions d'ossement, parfois les bouts de nombril, ont la même destination et produisent les mêmes effets que les phylactères de la Grèce et les amulettes de la Rome païenne.

Quant à cette faculté intérieure réservée à certains hommes, en vertu de laquelle, par l'effet de la volonté, l'âme s'échauffe, s'exalte, se dégage du corps et se mêle comme une vapeur à une âme semblable, pour la pénétrer de ses sentiments et de sa pensée ; ou qui, en lui rendant toute la liberté d'un pur esprit, la fait s'élever aux régions supérieures pour la confondre avec l'esprit éternel, et là, dans la lumière et la charité divines, lui gagner la connaissance de l'avenir, la vue des choses éloignées, la notion inspirée de ce qu'on n'a jamais vu ni appris, une puissance d'amour surhumaine, le besoin et le don de faire le bien, et, par-dessus tout, de soulager les malades ; quant à cette faculté, il est bien fâcheux qu'elle n'ait pas existé réellement chaque fois qu'on l'a cru dans le cours des siècles. Nous avons déjà dit un mot de l'idée qu'on s'en formait dès la plus hante antiquité. Elle a été un des traits essentiels de la philosophie alexandrine, et c'est de là qu'elle a passé dans l'Italie, où l'Étrurie lui offrait un rituel tout formé de pratiques divinatoires. Prédire l'avenir a toujours été le privilège des individus affectés de quelques troubles nerveux. Dans les grandes occasions, on consultait les devins furieux, vates furibundi. « Il y a dans nos âmes, dit Quintus Cicéron à son frère, une faculté de pressentir qui nous vient du dehors et que les dieux ont mise en nous. Lorsque notre esprit, séparé de la matière, est brûlé d'un divin enthousiasme, cette faculté vivement excitée s'appelle fureur ». Et, comme pour résumer par anticipation les inventions du magnétisme spiritualiste sur le sommeil lucide, Posidonius (in Cicéron, De divinatione) admet trois espèces de songe : « Le premier, lorsque l'esprit prévoit de lui-même, en vertu de son affinité avec les dieux ; le second, lorsqu'il communique avec les âmes immortelles qui remplissent l'air… ; le troisième, lorsque les dieux conversent avec nous dans le sommeil. » La kabbale imprime à ces vues plus de force et de précision. Dans la kabbale, en effet, ces anges inférieurs et ces démons que nous rappelions tout à l'heure ne sont qu'un des aspects de la doctrine. L'autre est la détermination de trois principes spirituels de l'homme, dont le plus noble, l'âme, peut aller puiser dans le sein de Dieu, par l'extase, des connaissances surnaturelles. Mais voici le seizième siècle, avec Robert Fludd, van Helmont, Andreæ, Jacob Boehm (et plus tard Pordage), toute une phalange d'illuminés, séparés en bien des détails sur la question de la formation et de la composition du monde, sur le nombre et la fonction des esprits, les uns n'en admettant qu'un, principe et agent de la nature entière, les autres les comptant par dizaines, par centaines ; mais tous réunis dans un panthéisme [page 184] idéaliste, où l'homme, parcelle de Dieu, peut, à de certains moments et dans des  conditions déterminées, voir la vérité face à face. Au dire de van Helmont, nous avons été créés pour l'intuition, don de notre esprit immortel ; et, si nous en sommes réduits au raisonnement, c’est en punition de nos péchés, qui nous ont attiré une âme inférieure. Mais la supérieure a quelquefois le pouvoir de rompre cette liaison -compromettante, et elle recouvre alors son don primitif de divination. Cette théosophie; qui n'a jamais disparu et qui n'a cessé de se traduire de temps à autre par la catalepsie extatique, avec visions, prophéties, cures miraculeuses stigmatisations (Catherine de Bar, Marie Alacoque, la Cadière, mademoiselle Bose, etc…) a fourni aux dix-septième et dix-huitième siècles deux exemples qu'il faut citer : parce qu'il fait, pour ainsi dire, toucher du doigt la filiation de l'illuminisme avec le magnétisme ; l’autre, parce qu'il a singulièrement préparé les esprits à faire verser le magnétisme dans un spiritualisme absurde et dangereux. Le premier est madame Guyon, que le mysticisme conduisit au couvent et à la Bastille. Quand cette darne vaporeuse était trop imprégnée de la grâce, elle s'en trouvait si accablée qu'elle tombait en faiblesse, et il fallait la mettre au lit (comme une des somnambules de Husson), et elle ne revenait à. elle qu'après - avoir été déchargée de cet excédent de faveurs divines sur d'autres personnes. Beaucoup de grandes dames surtout, s'y prêtaient volontiers, et le duc de Chevreuse déclarait que, assis près de madame Guyon, il sentait distinctement l'effet de cette grâce qui, semblable à des effluves, se répandait sur lui et semblait l’attirer. Le second mystique, déjà cité au commencement de ce travail, est Saint-Martin, le philosophe inconnu. Il suffira de dire que, disciple du cabaliste moderne, Martinez Pasqualis, il se jeta à corps perdu dans l'illuminisme de Boëhm, qu'il fit connaître en France par des commentaires et des traductions. Quand Mesmer arriva à Paris, les philosophes et la. Cour ne s'y entretenaient que du ternaire universel, dont Saint-Martin venait de développer la théorie dans son principal ouvrage (Des erreurs et de la vérité, 1775). Le germe et la force -réactive ne suffisent pas pour la corporisation ; il y faut encore un principe actif et intelligent qui n'est pas Dieu, mais qui est comme le bras de Dieu et gouverne tous les êtres. C'est ce principe qui rattache l'homme à l'être immuable, tout puissant et omniscient, et par lequel il peut s'élever à toutes les jouissances et à tous les privilèges de la vie idéale. Faisons remarquer en passant que ce mysticisme théorique se rencontrait à Paris avec les extases et les visions d'une de ces victimes, comme elles s'appelaient, dont l'immolation devait précéder la seconde incarnation du fils de Dieu : cette demoiselle Brohon, qui s'entretenait avec son Jésus et qui prophétisait. Au reste, théorie et religion à part, le somnambulisme extatique, avec les principaux caractères qui lui ont été attribués par Petetin, avait sa place dans la nosologie bien avant les écrits de Saint-Martin ; et lui-même en emprunte à Sauvages deux remarquables exemples. Il s'agit de deux servantes hystériques, qui, séparées par plusieurs maisons, se prédisaient mutuellement l'une à l'autre le jour et l'heure des accès, tombaient dans l'in sensibilité générale, se laissaient souffleter, pincer, sans faire une grimace ; brûler les cils des paupières ou toucher la cornée sans cligner, et qui, dans cet état, parlaient avec une extrême volubilité et un esprit supérieur à leur éducation, chantaient, couraient dans l'appartement sans se heurter à aucun meuble, et se réveillaient tout à coup ne se rappelant rien de ce qui leur était arrivé, confuses ! seulement de deviner, à l'air des assistants, qu'elles venaient d'avoir une attaque. N'est-ce pas aussi à une variété de l'extase qu'il faut rapporter cette prescience [page 185] des évènements, cette seconde vue, que Johnson et Boswell observèrent en 1775, chez les montagnards d’Écosse et chez les habitants des Hébrides ?

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