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Index de l'article

Année 1781

1781 - Phylantropos – Le diadème des sages

Diademe des sagesLe Diadème des Sages ou démonstration de la nature inférieure
Par Phylantropos, Citoyen du Monde [Onésime-Henri de Loos] - Le Diadème des Sages

Préface, extrait p. X

… j'ai lu celui des Erreurs & de la Vérité, par un Philosophe inconnu, dont je respecte le génie & l'éloquence ; mais plus je le respecte, plus je suis persuadé qu'il en auroit corrigé quelques articles, s'il les eût examinés avec plus d'attention ; & quoi qu'il veuille nous faire entrevoir que c'est un mets de la table des Dieux, j'ose assurer que son système est faux dans certains points. Je ne m'amuserai [XI] pas à faire l'analyse du Livre en entier ; mais de certains articles qui paroissent essentiels.

Pour suivre l'Auteur au sujet de la Médecine Universelle , j'ai voulu donner un peu d'étendue à cette matière, afin de lui prouver en racourci son éloignement sur cet objet.

[Orthographe originale]

Cet ouvrage a fait l’objet d’une étude particulièrement intéressante publiée dans le Bulletin de la Société Martines de Pasqually n°25 (2015), p.57-76 :

- Phylantropos et le Philosophe Inconnu, une controverse arithmosophique en 1781 par Nigel Jackson, traduit de l'anglais par Gérard Maurez, traducteur

- « Le Diadème des Sages », analyse raisonnée du livre « Des erreurs et de la vérité », par Dominique Vergnolle.

La Société Martines de Pasqually

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La Biographie ardennaise

biographie ardenaiseLa Biographie ardennaise : ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus ou leurs erreurs, dans le Volume 2, publie une biographie de Onésime-Henri de Loos par Jean Baptiste Joseph Boulliot

Chez l'éditeur, rue de l'Arbre-Sec, no. 9, 1830, pages 137 et sq. - Biographie ardennaise

Nous reproduisons cet article :

[p.137] LOOS* (Onésime Henri DE), né à Sedan, le 1er oct. 1725, était un alchimiste savant et laborieux, qui entendait l'italien, l'espagnol, l'anglais, le latin, le grec, l'allemand, l'hébreu, et même l'arabe. Ce qui me porte à le croire, c'est qu'il possédait une certaine quantité de livres écrits en ces diverses langues, sur lesquels il avait mis beaucoup de notes curieuses et des remarques qui annonçaient la multitude de ses lumières et la connaissance de ces langues, qui m'ont paru lui être d'autant plus familières, qu'il les écrivait librement, et en peignait les caractères avec beaucoup de netteté. La forme de son écriture ressemblait presque à celle de notre célèbre littérateur de La Monnaye. Le caractère en était minuscule, et bien arrondi dans ses contours, sans aucun trait inutile.

Il demeurait à Paris, rue de la Lune, où il est mort en janvier 1785. Il a été inhumé dans le cimetière de Bonne Nouvelle. Je ne connais de lui que les deux ouvrages suivants :

I. Flamel vengé, son adeption défendue, et la tradition [p.138] rétablie dans sa vigueur contre les atteintes,, les insultes de l'ignorance, contre les fictions et les impostures de la critiqueQuid de quoque viro, et cui dicas sæpe videto. HORAT. (L. I, Epist. 18.)

Tel est le titre d'un ouvrage qui m'a été confié au commencement de l'année 1786, peu de temps après le décès d’Onésime-Henri de Loos. Au bas du titre on lisait ces paroles écrites de la main de l'abbé Villain (1) :

« Ce MS. de 64 pag. in-4° et non de 64 feuillets, m'a été confié par M. Courtois, rue Beaubourg, chez M. Oyon, avocat au parlement. Il en a une reconnaissance. Le lui rendre à la fin du présent mois. Ce 12 janvier 1762. »

Cet ouvrage manuscrit était muni de l'approbation de M. Tanevot, conçue en ces termes : « J'ai lu, par ordre de M. le chancelier, un MS. intitulé : Flamel vengée son adeption défendue,  et la tradition rétablie contre la critique. J'ai cru que cet ouvrage, plein de recherches et semé d'érudition, pourrait être utile, comme le sont des écrits qui tendent à établir des points d'histoire, quel que soit au fond le sentiment qu'on y soutient, pourvu qu'il n'intéresse pas des objets qui doivent être éternellement respectés. A Paris, ce 29 mars 1762. Signé Tanevot. »

Quoique le nom de l'auteur ne se vît point écrit sur cet original, voici ce qui m'en a procuré la découverte. Un petit feuillet détaché se trouvait chargé de neuf différents anagrammes, tant latins que français, sous chacun desquels étaient enveloppés ces trois noms : Onésime Henri de Loos. Quant à ce dernier nom, il était naturellement porté sur [p.139] une portion de l'enveloppe d'une lettre qui était adressée à M. de Loos, chez M. le marquis d’Estouteville. J'ai découvert la date et le lieu de sa naissance par un autre anagramme beaucoup plus compliqué, que l'auteur se proposait de perfectionner, en y mettant en œuvre toute l'exactitude qui était alors à désirer.

Si nomen L, si cognomen O et H, si œtalem et patriam S inquirere velis, en sub his ipsis (Tglemmos) lusûs indiciis invenies. Garrule secretum meum mihi. Nemo illud vi rapiet. Inveni magno studio : inquirat atter.

Cet anagramme a été formé par la combinaison des lettres qui composent ces autres mots : Onesimus Henricus de Loos, natus Sedani, die prima mensis octobris anni millesimi septuagentesimi vigesimi quinti. Au-dessous des expressions anagrammatiques, l'auteur, dans le dessein de rectifier les erreurs qui s'y trouvaient, avait déjà spécifié quelles étaient les lettres absentes, afin de les substituer à celles qui étaient surabondantes. C'est ce qui m'a facilité ce déchiffrement, que je n'aurais pu terminer sans le secours de cette double remarque.

Ces trente-deux feuillets in-4° étaient accompagnés de plusieurs autres petits morceaux de papier collés ou détachés, contenant de nouvelles notes, remarques ou éclaircissements, par lesquels j'ai été instruit que l'auteur avait beaucoup à se plaindre des procédés de l'abbé Villain, et qu'il avait été forcé d'invoquer l'autorité du ministère public, pour retirer son MS. des mains de cet ecclésiastique, qui, probablement, a machiné de tout son pouvoir pour empêcher l'impression de l'ouvrage de M. de Loos.

J'ai lu ce MS. avec l'attention la plus exacte , et malgré mes préjugés contre les prétentions des alchimistes, malgré le pyrrhonisme dont je me suis armé lorsque j'en fis la lecture, l'auteur a tant accumulé de preuves historiques et [p.140] authentiques, tant de témoignages incontestables tirés des auteurs contemporains de Flamel, et des écrivains postérieurs qui ont écrit sur l'histoire des adeptes, et des faits relatifs à l'existence de la poudre de projection, à la transmutation des métaux depuis 1382 jusqu'à nos jours, que j'ai été fort ébranlé dans mes doutes sur cette histoire ; et je me vois réduit à prononcer que si l'adeption de Flamel est fausse, si ses transmutations sont des faits supposés, il s'est trouvé dans le XVIIIe siècle, c'est-à-dire, 380 ans après la mort de cet adepte prétendu, un défenseur qui a soutenu sa cause avec autant de force que d'éloquence, et même avec des agréments qui ajoutent encore à l'intérêt que fait naître une cause où la cupidité humaine joue un grand rôle, en piquant la curiosité et excitant les recherches et les travaux des alchimistes.

L'auteur devait terminer cet ouvrage, par un jugement du public, prononcé au tribunal du bon sens et de la raison, en faveur de Flamel et de son défenseur. Cette pièce, qui n'était point encore terminée, et dont je n'ai vu que 4 Pag. in-4°, devait former une analyse abrégée, mais exacte, des quatre petites parties de l'ouvrage de Flamel vengé, dans laquelle l'auteur, sous la forme d'un rapport, accumulait chronologiquement les témoignages historiques et les autorités qui cadraient à son système, et donnait à ses opinions une force, une évidence qui concouraient ensemble à établir l'adeption réelle de Nicolas Flamel, et la vérité des trois époques du fait de la transmutation opérée trois fois par cet adepte.

Il paraît aussi que de Loos avait déjà commencé une Histoire de la Vie de Flamel, dont les fragments détachés ou épars se seront perdus, ainsi que l'ouvrage dont je viens de parler, et qui était, pour ainsi dire, terminé. Cet auteur avait dressé une table des écrivains et des ouvrages qu'il avait à consulter pour remplir ce projet. [p.141]

II. Le Diadème des Sages ou Démonstration de la nature inférieure : dans lequel on trouvera une analyse raisonnée du livre des Erreurs et de la Vérité : une Dissertation étendue sur la Médecine universelle, avec une allégorie sur cette matière, trad. de l'original anglais : la fausseté du système du sieur Mayer sur l’Acidum pingue, ainsi qu'un éclaircissement sur la végétation, qui donnera des preuves suffisantes contre les erreurs qui se sont glissées à ce sujet ; par Philanthropos, citoyen du monde. Félix qui potuit rerum cognoscere causas. Virg. Paris, Mérigot l'aîné et Lesclapart, 1781, in-12.

C'est un vol. de 240 pages, suivies de trois feuillets contenant la table des matières, l'approbation signée Lourdet, professeur royal, et le privilège du roi, où est nommé le sieur D. L***, comme auteur de ce volume, dont le titre doit être porté sur le 21° registre de la chambre syndicale des libraires de Paris, n° 2278, fol. 501.

Voici les raisons qui me déterminent à croire que de Loos est l'auteur du Diadème des Sages :

1° Peu de temps après sa mort, en janv. 1785, il s'est répandu plusieurs exemplaires de cet ouvrage, qui sortaient de chez lui.

2° Dans l'été de 1785, il s'est fait une vente de divers effets, rue de Taranne, après la mort d'une personne de la maison d'Estouteville, et j'ai vu, dispersés à la porte, une trentaine d'exemplaires du Diadème des Sages : j'en achetai alors une demi-douzaine pour 36 sous.

3° Le nom porté au privilège du roi, et ainsi figuré D. L***,  ne peut être autre que celui de Loos : les deux lettres initiales sont vraies : la disposition des trois étoiles est un emblème triangulaire, analogue aux opinions de l'auteur sur la science hermétique : de plus, ce chiffre allégorique me semble désigner en quelque sorte la prononciation des deux o du nom de Loos, en deux syllabes, dont [p.142] la seconde doit être prononcée d'un ton de voix plus élevé que la première : voilà sans doute pourquoi l'auteur a fait placer la 2e étoile au sommet du triangle. Quant à la 3e, qui exprime une consonne, elle devait être abaissée, parce qu'elle ne représente qu'un son auxiliaire dominé par la voyelle o.

4° Combinant ces trois premiers raisonnements avec ce que j'ai dit plus haut sur la personne, les occupations et les liaisons de M. de Loos, on peut conclure qu'il est le véritable auteur du Diadème. Enfin, mes conjectures seraient peut-être traduites en certitudes, si l'on consultait le 21° registre de la chambre syndicale, sur lequel le nom de l'auteur est peut-être inscrit.

Le Journal de Paris depuis l'année 1787, a annoncé un ouvrage de M. le chevalier de Loos, en 2 vol. in-8°, sur les sciences sublimes et secrètes.

Nous terminerons cette notice par une note particulière de M. de Loos, où il déclare son sentiment concernant Flamel et son Commentaire.

« Le commentaire sur les hiéroglyphes n'est pas et ne saurait avoir été l'ouvrage d'un philosophe spéculatif, qui ne combine que des idées, qui tâtonne des principes, et tâche d'en tirer adroitement des conséquences. C'est au contraire le chef-d'œuvre d'un homme consommé dans la pratique, un recueil des observations les plus fines et les plus délicates d'un maître accoutumé à voir et bien voir ; et qui, par la force d'un génie aidé de l'habitude, devine tout, explique tout, et remonte jusqu'aux causes secrètes des crises de la nature. Aucun livre n'est aussi rempli de ces traits qui caractérisent un témoin oculaire : aucun livre ne convient moins à un commençant, il n'est fait que pour les adeptes. Par là, sans doute, il est plus précieux et plus estimable. Personne ne reprochera à Flamel de l'avoir conduit dans un labyrinthe, puisqu'il [p.143] déclare d'abord qu'il en ferme la porte, et qu'on ne l'ouvrira jamais, à moins que d'avoir trouvé la clef ailleurs. Tout ceci, bien considéré, et y référant les autres raisons que j'ai dites, donnent l'exclusion au sieur de la Chevallerie et à Gohorry. »

De Loos a laissé beaucoup de notes sur le 3e volume de L’Hist. de la philos. hermétique, par Lenglet du Fresnoy. Cet exemplaire appartenait à dom Malherbe, bénédictin, bibliothécaire du tribunat. [Dict. des Anonymes, t. IV, p. 376.)

Notes

*Article communiqué.

(1) Auteur d'un Essai d'une Histoire de la paroisse de Saint-Jacques-de-la Boucherie. (Paris, 1758, in-12), et d'une Hist. critique de Nicolas Flamel. (Paris, 1761, in-12.)

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