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Index de l'article

 Années 1782-1784

 1782 – Jean-Pierre-Louis Beyerlé  R. F. L. à Fascia

Beyerle 1782

Jean-Pierre-Louis Beyerlé  R. F. L. à Fas... Prae. + Loth. et Vis. Prus. Ausiae (Beyerlé). De Conventu generali latomorum, Apud aquas Wilhelminas, prope Hanauviam, oratio... 1782, https://books.google.fr/books?id=p5q8xb4oHmEC

Cujusvis hominis est errare : nullius nisi insipientis, in errore persevare

Cic. Philippic. XII, 2 (traduction : Tout homme peut se tromper ; il n'appartient qu'à l'insensé de persévérer dans son erreur).

Ce livre est une critique du convent de Wilhemsbad. Il ne parle pas directement de Louis-Claude de Saint-Martin mais concerne ce qui deviendra la RER...

Examen impartial du livre intitulé: Des erreurs et de la vérité etc.

Par un frère laïque en fait de science [Johann Joachim Christoph Bode (1730-1793)]

[Verlag nicht ermittelbar] 1782 - 118 pages

=> Voir sur le site : Examen impartial du livre intitulé: Des erreurs et de la vérité etc

 1782 – Mercier - Tableau de Paris

1782 Mercier t1Tableau de Paris - Louis-Sébastien Mercier
Nouvelle édition, corrigée et augmentée - Tome I. Amsterdam M DCC LXXXII

Biographie de Mercier

Extrait de : Louis AMIABLE - Une loge maçonnique d'avant 1789 - La R.·.L.·. Les Neuf Sœurs, page 300-301.

Louis-Sébastien Mercier [Né à Paris le 6 juin 1740, mort à Paris le 25 avril 1814. — Il a sa notice dans le Précis historique de Besuchet, t. Il, p. 196] fut beaucoup moins avocat qu'auteur dramatique et écrivain. Il débuta par des héroïdes et des pièces de théâtre qui eurent de médiocres succès. Cependant, il eut une pièce reçue à la Comédie française ; mais les démêlés qu'il eut avec les comédiens ordinaires du Roi la lui firent retirer et lui fermèrent l'accès de cette scène. Pour s'en venger, il publia un Essai sur l'art dramatique tendant à faire mettre de côté les chefs-d’œuvre de Corneille, de Racine et de Voltaire, afin de leur substituer ses propres ouvrages. En 1771, il avait fait paraître une sorte de roman politique en trois volumes in-8, l'An deux-mil-quatre-cent-quarante, rêve s'il en fut jamais, dans lequel il cherchait à entrevoir l'avenir de la France. Son ouvrage principal est le Tableau de Paris, où [301] il fustige les abus, les vices et les ridicules. Il en parut d'abord deux volumes à Paris, sans nom d'auteur, en 1781, qui eurent un succès retentissant, non seulement dans la capitale, mais aussi en province et à l'étranger. Des poursuites ayant été dirigées contre plusieurs personnes soupçonnées d'en être les auteurs, Mercier se déclara ; et il alla achever son œuvre en Suisse, à Neuchatel d'abord, puis à Lausanne. L'ouvrage complet parut à Amsterdam, de 1782 à 1788, en douze volumes in-8. — Précisément, pendant cette dernière période, sa production dramatique prit un nouvel essor. Il combina les deux genres de la tragédie et de la comédie, jusque-là rigoureusement séparés ; et il peut être, à cet égard, considéré comme le précurseur de l'école romantique, qui devait faire tant de bruit un demi-siècle plus tard. On voit, par la correspondance Bachaumont, que ses drames, imprimés d'abord, furent joués avec beaucoup de succès sur diverses scènes de province, puis à la Comédie italienne de Paris. Tels furent : en 1782 le Déserteur, la Destruction de la Ligue, l'Indigent ; en 1784 la Brouette du vinaigrier ; en 1786 l'Habitant de la Guadeloupe. — Rentré en France à la Révolution, il rédigea les Annales patriotiques avec Carra. Il fut membre de la Convention comme député de Seine-et-Oise ; et il fit ensuite partie du conseil des Cinq-Cents. Lors de la fondation de l'Institut, il fut compris par le Directoire dans le premier noyau, comme membre de la deuxième classe pour la section de Morale. Il concourut au réveil de la loge en 1805 et fut inscrit sur les deux tableaux de 1806.

Chapitre 191. Amour du merveilleux. Extrait, pages 478-479
tableau paris 1782

[…] Une secte nouvelle, composée surtout de jeunes gens, paroît avoir adopté les visions répandues dans un livre intitulé les Erreurs & la vérité, ouvrage d'un mystique à la tête échauffée, qui a néanmoins quelques éclairs de génie.

Cette secte est travaillée d'affections vaporeuses ; maladie singulièrement commune en France depuis un demi-siècle ; maladie qui favorise tous les écarts de l’imagination, & lui donne une tendance vers ce qui tient du prodige & du surnaturel. Selon cette secte, l’homme est un être dégradé, le mal moral est son propre ouvrage ; il est sorti du centre de vérité ; Dieu par sa clémence le retient dans la circonférence, lorsqu’il auroit pu s’en éloigner à l’infini ; le cercle n’est que l’explosion [p.479] du centre : c’est à l’homme de se rapprocher du centre par la tangente.

Pour pouvoir enfiler cette tangente, les sectateurs de ces idées creuses vivent dans la plus rigoureuse continence, jeûnent jusqu’à tomber dans le marasme, se procurent ainsi des rêves extatiques, & éloignent toutes impressions terrestres, afin de laisser à l’ame une liberté plus entiere & une communication plus facile avec le centre de vérité.

L’activité de l’esprit humain qui s’indigne de son ignorance ; cette ardeur de connoître & de pénétrer les objets par les propres forces de l’entendement ; ce sentiment confus que l’homme porte en lui-même, & qui le détermine à croire qu’il a le germe des plus hautes connoissances : voilà ce qui précipite des imaginations contemplatives dans cette investigation des choses invisibles ; plus elles sont voilées, plus l’homme foible & curieux appelle les prodiges & se confie aux mysteres. Le monde imaginaire est pour lui le monde réel.

1783 – Mercier - Tableau de Paris

Tableau de Paris - Louis-Sébastien Mercier
Nouvelle édition, corrigée & augmentée - Tome VI, Amsterdam 1783

Chapitre DXIX. Martinistes. Pages 233-238
tableau paris 1783

[L’orthographe originale a été conservée]

Secte toute nouvelle qui, tournant absolument le dos aux routes ouvertes par la saine physique, par la solide chymie, & faisant divorce avec tout ce que nous dit l'histoire naturelle, s'est précipitée dans un monde invisible qu'elle seule apperçoit.

Les Martinistes ont adopté les visions du Suédois Swedenborg, qui a vu les anges, qui leur a parlé, qui nous a décrit de sang-froid leur logement, leur écriture, leurs habitudes ; qui a vu enfin de ses yeux les merveilles du ciel & de l‘enfer.

Cette secte tire son nom de son chef, auteur du livre intitulé : Des erreurs & de la vérité. Ce livre nous promet, comme tant d'autres, l'évidence & la conviction des vérités, [p.234] dont la recherche occupe tout l'univers.

La base du systême est, que l'homme est un être dégradé, puni dans un corps matériel pour des fautes antérieures, mais que le rayon divin qu'il porte en soi peut encore ramener à un état de grandeur, de force & de lumiere.

Un monde invisible, un monde d'esprits nous environne ; des intelligences douées de diverses qualités vivent auprès de l'homme, sont les compagnons assidus de ses actions, les témoins de ses pensées. L'homme pourroit communiquer avec eux, et étendre par ce commerce la sphere de ses connoissances, si sa méchanceté & ses vices ne lui avoient pas fait perdre cet important secret.

Les objets que nous voyons sont autant d'images fantastiques et trompeuses : ce que nous ne voyons pas est la réalité. Les expériences physiques sont des erreurs ; tout est du ressort du monde intellectuel ; il n'a rien de vrai au-delà : nos sens sont des sources éternelles d'imposture et de folie.

[p.235] L'homme a perdu le séjour de sa gloire, & il n'y rentrera que quand il aura su connoître ce centre fécond où gît la vérité, qui est une et immuable.

Pour toucher ces hautes vérités, il faut s'adresser mieux qu'à des hommes ; il faut converser avec les esprits. Toutes les sciences qui occupent les académies sont vaines ; & faute de s'être éloigné du principe, tous les observateurs ont erré dans les découvertes humaines. Le moindre habitant du monde idéal en sait plus que Bacon, que Boërhaave, & que tous les prétendus génies dont la terre se glorifie.

Certes, le grand être nous a donné cent raisons différentes, qui n'ont aucun rapport entr'elles, puisque les Martinistes raisonnent paisiblement leurs idées. Ils paroissent avoir la conviction de ce qu'ils affirment. Tranquilles, modérés, ces visionnaires sont les plus doux des hommes, et n'ont point la chaleur ni l'enthousiasme tant reprochés aux autres sectes.

[p.236] Le livre de leur chef est un galimatias : mais on sait que les mots ne rendent pas toujours toutes les idées que l'on peut avoir ; qu'on peut fort bien s'entendre, sans se faire entendre des autres. Il résulte de cette lecture, que les martinistes adoptent une foule d'idées métaphysiques ; qu'ils sont diamétralement opposés aux matérialistes ; qu'ils sont religieux dans toute la force du terme, & qu'ils tendent à élever l'homme autant que d'autres se sont plû à le rabaisser.

Eh ! Qui ne voudroit avec eux pouvoir converser avec les habitans de l'autre monde ? Comme nos jouissances seroient doublées ! Quelle société ! Et que seroient les spectacles de la terre en comparaison ! Nous passerions les jours à redire à nos bons amis de l'autre monde tout ce que nous sentirions pour nos bien-aimés de la terre ; & à nos bien-aimés de la terre, tout ce que nous auroient dit ceux de l'autre monde.

Voilà ce que cherchent les Martinistes. Ils s'y disposent par l'exercice des vertus ; ils parlent [p.237] de l'Être suprême avec une vénération & un amour qui saisissent l'ame ; et tout ce qu'enseigne le christianisme, ne trouve en eux aucune contradiction formelle. Enfin, ils n'entament aucune question politique.

Qui l'eût dit, qu'après les Encyclopédistes viendroient les Martinistes ? Ceux-ci n'ont aucun trait de la physionomie propre à la hautaine secte philosophique.

Je ne sais comment le clergé, le gouvernement & la littérature s'arrangeront un jour avec eux. La secte qui vit dans un monde intellectuel ne paroît pas vouloir recourir à ce qui choque les hommes. Elle n'ambitionne ni pouvoir, ni richesse, ni renommée ; elle rêve, elle cherche la perfection ; elle est douce & vertueuse, elle veut parler aux morts et aux esprits. Cela n'est pas dangereux.

Des jeunes gens distingués par l'éducation & la figure, suivent ces idées extraordinaires. Ils laissent à d'autres les plateaux électriques, les creusets, les vases en fermentation, les recherches sur l'air fixe ; ils tiennent mieux, [p.238] à ce qu'ils prétendent ; ils acquierent l'évidence physique sur l'origine du bien & du mal, sur l'homme, sur la nature matérielle, la nature immatérielle & la nature sacrée.

Qu'est-ce, après cela, que la base des gouvernemens politiques, la justice civile & criminelle, les sciences, les langues et les arts ?

Parler aux anges, rappeller son ame aux principes universels de la science, voilà ce qui fait dédaigner la physique & la chymie, qui prenoient une grande faveur.

1784 - Jean Jacques François Millanois - Réponse aux assertions contenues dans l'ouvrage du R.F.L. a. Fascia

Millanois 1784

[pseud.] ...: ayant pour titre: De Conventu generali latomorum apud Aquas Wilhelminas, de Jean-Pierre-Louis Beyerlé (1782)

Jean Jacques François Millanois, 1784.

Extrait des délibérations du Préfet de Lorraine du 18 novembre 1782
Il a été donné lecture d'un Ouvrage fait par un des Membres de la Préf... de Lor... sur les opérations du Convent de Wilhelmsbad : Ouvrage qui a été généralement applaudi ; & qu'il serait imprimé & envoyé à toutes les différentes Provinces de l'O.
Concordat cum originali,
F. A Flore,
Cancell: Préf. Lothar.

Réponse aux assertions contenues dans l'ouvrage du R.F.L. a. Fascia

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