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Index de l'article

1842 maconnerie t1Nous présentons deux ouvrages de Marcello Reghellini (1763 ?-1855) de Sobio sur la Maçonnerie :

- Esprit du dogme de la franche-maçonnerie : recherches sur son origine et celle de ses différents rites, compris celui du carbonarisme (Bruxelles, 1825)

- La maçonnerie: considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne (Bruxelles, 1829, 3 tomes).

Cet ouvrage sera édité à l'identique en France en 1842.

Nous publions les extraits trouvés dans ces livres à partir des mots-clés suivants : Saint-Martin, St.-Martin, Pascalis, Coëns. Plusieurs remarques sont ici nécessaires. 

En ce qui concerne Louis-Claude de Saint-Martin : rappelons une fois de plus que Saint-Martin n'a pas fondé d'ordre ni de rite, et que le rite décrit ci-dessous dit rite de Saint-Martin n'a rien à voir avoir le Philosophe inconnu.

Les informations données sur Martines de Pasqually, sont totalement inventées :

« Martines Pascalis est un Allemand , né vers 1700 d'une famille pauvre mais noble. A l'âge de seize ans il savait le grec et le latin : il fut en Turquie, en Arabie, et à Damas il s'instruisit dans les mystères du Temple; il établit un ordre particulier de R.·..R.·..ⴕ.·..ⴕ.·.» [Esprit du dogme, p.186].

« Martines Pascalis, allemand, de famille pauvre mais honnête, apporta à Paris le Rite des Elus Coëns : il naquit vers l'année 1700. A l'âge de seize ans, il savait le latin et le grec ; il voyagea en Turquie, en Arabie, en Palestine ; il chercha à s'instruire dans les mystères du Temple, qui d'après ce qu'il en rapporta en Europe devaient s'être conservés dans ces contrées lointaines. Il établit entre autres ordres un ordre particulier de Roses †.·..·.. Ses instructions sont celles des Grands-Prêtres Juifs ; elles roulent sur la création de l'homme, sur sa désobéissance, sur sa punition, sa régénération, et sur sa réintégration dans l'innocence qu'il avait perdue par le péché originel. Son but était le perfectionnement de l'homme, afin qu'il pût approcher du Souverain Architecte des Mondes dont il est émané.» [La maçonnerie: considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne, tome deuxième, p.216]

En ce qui concerne les élus coëns, l'auteur les voit comme des prêtres hébreux, mais sans citer le terme consacré  cohen. En l'état actuel de la recherche historique, on ignore si Martines connaissait le latin et le grec, comme le dit l'auteur, tout comme on doute largement d'un voyage de Martines en Turquie, en Arabie et en Palestine. Son ordre n'était pas un ordre de roses-croix, mais la plus grand initiation que l'élu coën recevait était celle de Réau-Croix, sachant que le terme Réau est défini dans le Traité sur la réintégration de cette manière :

« Réaux, qui signifie homme-Dieu très fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très saintes et innées avec certitude dans l'homme, et qui font en lui, la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur » [§27]


Esprit du dogme de la franche-maçonnerie: recherches sur son origine et celle de ses différents rites, compris celui du carbonarisme

1842 maconnerie t1Par le F.·. M.·. R.·. [Marcello Reghellini (1763 ?-1855)] de Sobio

Bruxelles, H. Tarlier, libraire-éditeur, rue de la Montagne, n°306

M DCCC XXV (1825) - Esprit du dogme de la franche-maçonnerie

Extrait, p. 34

Des prêtres égyptiens Moïse prit aussi l'ornement du (1) Rational, qui était composé de douze pierres fines toutes différentes, sur chacune desquelles était gravé un des douze grands noms de Dieu ; cet ornement et ce nom se conservent dans un grade du rite du Chr. de St.-Martin.

Note : 1. Planche 1re, n° 5.

Extrait, p.49

Moïse se trouve commémoré dans plusieurs rites et grades Maç.·., dans celui de Swedembourg, dans celui de St.-Martin, dans l'Ancien et Nouveau rite anglais, dans celui des Élus Coëns, dont le décors des V.·. V.·. est relatif à Moïse, comme dans le degré du Serpent d'Airain, dans celui de Chef du Tabernacle et autres. 

Extrait, p.184-186

[p.184] ... M. de St. Martin fut un des plus célèbres réformateurs français ; il composa un nouveau rite.

Ses doctrines sont fondées sur celle de Martines [p.185] Pascalis (1); elles enseignent les principes et la pratique du Martinisme ; il divisa son rite en dix grades, dont sept forment le premier temple, et trois le second; il a aussi suivi les opinions de Swedembourg [sic], et même modelé ses instructions sur celles des Elus Coens ; c'est-à-dire qu'elles traitent de la création de l'homme, de sa désobéissance, de sa punition, de sa régénération et de sa réintégration, dans son innocence et dans les biens perdus par le péché originel. Son but est le perfectionnement de l'homme, afin qu'il puisse s'approcher du souverain être dont il est émané.

Lorsque l'adepte par ces nouveaux ordres a recouvré ses droits primitifs, il se rapproche de son créateur ; il peut connaître les secrets de la nature, ceux des sciences occultes et de la théologie mystique.

Ses cérémonies sont entièrement israélitiques et tirées de la Bible.

Son rite est fondé sur la théosophie, la chimie et les évocations.

M. de St. Martin a rectifié les mots sacrés hébreux, desquels il se sert dans ses grades, et qui se trouvent altérés dans presque tous les autres rites.

A Metz, le Chap.. de St. Théodore professait les grades de cette réforme. [p.186]

Le rite de St. Martin a produit la loge des Philatètes à Paris, qui avait douze grades, et dont toute la science reposait sur la chimie et sur les sciences occultes ; cette loge avait une bibliothèque riche en monuments maçonniques et littéraires. A la mort de son instituteur, M. La Savalette [sic pour Savalette de Lange (1745-1797], ces documents ayant été vendus, ils furent acquis pour enrichir les archives du rite philosophique de Paris ; malgré tout cela, les Philatètes avaient adopté bien des maximes de la stricte observance.

(1) Martines Pascalis est un Allemand , né vers 1700 d'une famille pauvre mais noble. A l'âge de seize ans il savait le grec et le latin : il fut en Turquie, en Arabie, et à Damas il s'instruisit dans les mystères du Temple; il établit un ordre particulier de R.·..R.·..ⴕ.·..ⴕ.·.

Extrait, 188-189

[p.188]... La France même, en 5800, était partagée dans les croyances Maçon.·. suivantes :

Le Rite Ecossais Philosophique et celui d’H.·.R.·.M.·. ;
Le Chap.. Primordial des R. R.ⴕ.·..·. d'Arras, et Chap.·. de son ressort ;
La Cité Sainte ou la stricte observance, dont les centres se trouvaient à Lyon, à Bordeaux et à Strasbourg ;
Les Philatètes ou chercheurs de la Vérité ;
Le Régime Primitif ;
Le rite d’Adonhiram;
Le Rite de St.-Jean d'Ecosse, établi à Marseille,
Le Rite Hermétique, qui avait son centre à Montpellier,
Les sublimes Elus de la Vérité, dont le centre était à Rennes ;
Le Rite de St.-Martin,
Le Rite des Elus Coëns ; [p.189]
Le Rite des Trois Grades Symboliques, et enfin de la nouvelle réforme adoptée par le G.·. O.·.

Extrait, p.232-233

Swedembourg a donné l'origine au rite des Elus Coëns, qui se rapportent à la théosophie biblique et chrétienne ; ils sont très répandus en Allemagne et dans les villes les plus considérables.

La Genèse a fourni au programme des trois premiers grades, et à la marche de l'initiation.

Le tout puissant M.·. donne la vie au néophyte, qui sort du cahos, fait serment de discrétion, de fuir la débauche, les jeux , les femmes publiques, l'adultère et d'être fidèle à l'ordre.

Et comme l'homme est formé de boue et de limon, selon la Bible, l'instituteur a ajouté aux symboles maçonniques les symboles des éléments qui sont : un vase contenant de la terre pétrie, un second plein d'eau, une terrine avec des charbons allumés.

Les doctrines du premier temple et des quatre [p.233] premiers grades se rapportent à la création de l'homme, à sa désobéissance, à sa punition, aux peines du corps et de l'esprit, ce qui est réellement représenté dans les initiations.

La suite des grades est celle-ci : premier temple, Ap.·.Comp.·.M.·.Elu.·. ; second temple, Comp.·.M.·. Coëns ; Grand Architecte et Ch.·. Comdr. K.·.D.·.S.·.

Dans les mystères il est dit que, lorsque l'homme, par une vie nouvelle, sainte, exemplaire, s'est réintégré dans sa dignité primitive, par des travaux utiles, qui lui ont fait recouvrer ses droits primitifs, alors il se rapproche de son créateur par une vie nouvelle spéculative : animé du souffle divin, il est initié Elu Coëns ; dans les instructions qu'il reçoit, il apprend les sciences occultes dans toutes leurs parties, qui lui font connaître les secrets de la nature, la haute chimie, l'onthologie [sic], l'astronomie. Lors de l'admission, des cercles sont tracés au milieu du temple, représentant le système universel planétaire et le soleil au centre.

Extrait p.251

Note sur Abrac ou Abraxa. C'est un nom que Basilidès [sic pour Basilide], célèbre philosophe d'Alexandrie, donnait à la divinité. Les Basilidiens, les Capocratiens, les Gnosticiens avaient une image du soleil, où était gravé le mot Abraxax, Ce mot grec répond au nombre 365 duquel sont formés les jours d'une année. Basilidès prétendait que 365 intelligences spirituelles présidaient aux destinées du jour, à qui dans la suite furent substitués, selon les critiques, par les catholiques romains, autant de saints et de saintes qui président au jour chrétien et que l'on commémore dans la messe et dans l'office du jour. Bien des saints pères se sont élevés contre Basilidès, comme s'il supposait l'influence des astres. Ce que les flammes ont épargné de ses écrits fait voir que Basilidès (malgré les observations de l'abbé Baruel), admettait un Dieu qui a créé l'univers, et le conserve par des principes fixes et pleins de sagesse. Basilidès soutient que l'homme qui cherche à connaître ces principes, c'est-à-dire l'intérieur de la nature, celui-là s'approche de Dieu, obtient sa grâce et le pouvoir de commander à la nature. Les Coëns et quelques autres rites admettent ce principe

Extrait, p. 271-272

[p.271] ... Cagliostro avait adopté entre autres ornements le drap sérique, ou voile copte que les Coëns (1) [p.272] avaient adopté ; de couleur jaune, ayant les franges blanches aux extrémités, brodées en or, et représentant les sept emblèmes des sept anges et planètes, qui rappelaient aussi dans leurs instructions que Salomon resta sept ans à élever son temple à l'Eternel, comme il est dit dans la Bible, et que son trône avait sept marches, analogues aux sept sciences prescrites pour obtenir la sagesse de ce grand roi.

Note 1. Moïse avait établi trois branches de prêtres pour le service de l'autel : 1°, des Coëns, 2°. des Lévites, 3°. d'Israël, : Les Coëns descendants d'Aaron, étaient tous prêtres et sacrés, ils étaient chargés des grandes prières le 10 de Thischri, et devant l'autel ils donnaient la bénédiction au peuple (comme les prêtres de Rome). Les lévites n'étaient que leurs observants ; ils se tenaient très honorés d'être élus dans certaines cérémonies pour présenter aux Coëns de l'eau dans un bassin, et en verser sur leurs mains, leur présentant des serviettes de lin (ce que les catholiques ont conservé dans leur messe au Lavabo). Les Coëns ne pouvaient toucher les objets sacrés qu'après cette purification; ensuite ils se plaçaient devant le grand prêtre, et se tournaient vers le coffre qui tenait renfermé la bible ; ils l'environnaient, et le plus ancien haussait les mains vers le ciel, étendant ses doigts (comme les prêtres catholiques devant l'hostie sur l'autel) et fermait les yeux, après quoi il ouvrait le coffre sacré, ou arche, fermé à clef.

C'est de ce point que part le degré de Chef des Clefs, et le décor qui se trouve dans différents rites Maç.·.

Les Coëns , se [sic] dans leurs hautes fonctions, tenaient la tête couverte par un grand voile, ce qui était pratiqué par les prêtres de Jupiter et même par les Saliens, qui la couvraient avec une peau de victime. Les prêtres de Rome adoptèrent l'emblème des Coëns ainsi que Cagliostro et autres.

Extrait, p. 285

Les Coëns avaient des emblèmes et des explications approximatives.

La décoration de la vente est un triangle placé derrière le G.·.M.·. au-dessus de sa tête, avec les initiales des mots de passe du second degré ; à la même hauteur, à la droite, sont les armoiries de la vente, à la gauche trois triangles, les uns dans les autres ; au centre les initiales des mots sacrés du premier degré. Ces emblèmes sont transparents et illuminés; au-dessus est placée la peinture symbolique de St Thiébault, et les Vertus, la Foi, l'Espérance, la Charité.

Extrait, p. 307-308

« Frère Terrible ôtez le bandeau de l’Erreur, qui obscurcit son esprit, et que N..N.:: rendu à l'innocence, à la simplicité, à la raison, vienne recevoir l'accomplissement de son initiation (1) [...]

Par tout ce qu'on vient d'exposer on a dû remarquer que les nouveaux Charbonniers qui sortent des anciennes institutions allemandes, ont adopté des cérémonies et des doctrines, tant des Maç.·. illuminés que des Coëns, ou d'autres rites. La réception est tout à fait Maç.·. comme on l'a vu; et de plus par cet acte on exige que le néophyte fasse ses voyages par les éléments ; le serment est pour le secret et l'obéissance, l'assurance qu'il obtient avant de le donner est que les B..B.:.C..C.:. ne s'occupent point [p.308] de choses contre la religion, ni contre l’état, ni même contre les droits de l’individu.

(1) Cette initiation se rapporte tout à fait à celle des Coëns et aux Sub.·.Elus de la vérité, etc.

Extrait, p.325

Que dans le M.·. d'Israël, on donne le mot Benchorim qui signifie fils de nobles. Les prêtres Coëns étaient les anciens maîtres d'Israël, et se regardaient comme nobles et privilégiés.


Tome premier

1842 maconnerie t1

Par le F.·.M.·.R.·.Reghellini.·.de Schio
Tome premier
Bruxelles, H. Tarlier, libraire-éditeur

1829 – E.·. V.·. 5829. V.·. L.·.  - Reghellini - La Maçonnerie T 1

Chapitre 1er 

Extrait, page 1

Si un grand nombre d'écrivains ont donné des Mémoires sur l'origine de la Maçonnerie, plusieurs ont extravagué dans leurs narrations; Mr de St.-Martin prétend que cette institution et sa science ont été créées avec l'Univers.

Chapitre IV

Extrait, pages 63-641825 planche1 5

Moïse prit aussi des prêtres égyptiens l'ornement du (2) Rational, qui était composé de douze pierres fines toutes différentes, sur chacune desquelles était gravé un des douze grands noms de Dieu ; elles étaient disposées, trois par trois, en quatre compartiments : cet [64] ornement relatif au Soleil, indiquait les douze mois et les quatre saisons de l'année. L'Astronomie était le vrai sens caché du Nombre. Cet ornement et ce nom se conservent dans un grade du rite du Chr. de St.-Martin.

Note : 2. Planche 1re, n° 18.

Chapitre V

Extrait, page 88

Moïse se trouve commémoré dans plusieurs cites et grades maçon.·., dans celui de Swedembourg [sic], dans celui de St.-Martin, dans l'ancien et le nouveau rite anglais, dans celui des Élus Coëns, chez lesquels le décors des Vénérables est relatif à Moïse, comme dans le degré du Serpent d'Airain, dans celui de Chef du Tabernacle, et autres.

Chapitre VIII

Extrait, pages 153-154

M. de St.-Martin, dans son Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et l'Univers, ch. 10, page 197, dit : « Les Péruviens eurent des chefs visibles, lesquels, comme Orphée, se dirent enfants du Soleil, et obtinrent les hommages de leurs contrées : ils avaient aussi un idole dont le nom, selon les interprètes, signifie trois et un. »

Chapitre XXII

Extrait, page 436

Le pape Pascal II confirma cette institution ou Ordre militaire. Le pape Honoré II leur accorda l'habit blanc. Le pape Eugène III leur permit de porter sur l'habit une croix rouge (1). Les Maçons, admis au sublime Ordre de la perfection, sont décorés du même habit, tant à leur réception qu'à la Cène mystique ; cet habit est de la plus haute antiquité et existait bien avant les Templiers.

Note. 1.  Mr de Saint-Martin, dans son ouvrage des Rapports de Dieu avec les Hommes et l’Univers, nous fait savoir que les prêtres du Soleil portaient une Croix sur leurs habits : elle était le symbole de l'immortalité de Sérapis.


Tome deuxième

1829 Reghellini t2La maçonnerie: considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne
Par le F.·.M.·.R.·.Reghellini.·.de Schio
Tome deuxième
Bruxelles, H. Tarlier, libraire-éditeur
1829 – E.·. V.·. 5829. V.·. L.·. -  Tome second - Maçonnerie en France

Chapitre XXVII – Maçonnerie en France.

Extrait, pages 216-223 ; 229-231

[p.216] … La même année 1762, un nouveau Conseil des Hauts Grades s'éleva à Paris, et prit le modeste titre de Conseil des Chevaliers d'Orient, ce qui donna naissance au Rite d'Adonhiram, qui fut composé, en grande partie, par le Baron Tschoudy, connu par ses écrits Maçon.·., entre autres par celui de l'Etoile Flamboyante. Ce Rite était en opposition au système des Templiers et des Empereurs d'Orient et d'Occident : la plus grande partie de ses doctrines se rapportaient à celles des Egyptiens et des Juifs lors de leur restauration, et se rapprochaient de celles du Nouveau Testament; son but est la construction du Temple de Salomon sur les dessins d'Hiram (1). Ce même Conseil de [p.217] Tschoudy publia, en 1766, une adresse qui, en mettant tous les Maçons en garde, leur prescrivait de méconnaître toute filiation qu'on prétendrait exister entre les Francs-Maçons et les Templiers, proscrivant tout grade qui aurait un rapport direct ou indirect avec ce système ; ce qui est répété dans les instructions de son grade de St. André d'Ecosse de ce régime, en opposition avec ceux de Kilwinning d'Herodom, de l'Ecoss.·.An.·.et Acc.·., du Chap.·.d'Arras et d'autres.

Martines Pascalis, allemand, de famille pauvre mais honnête, apporta à Paris le Rite des Elus Coëns : il naquit vers l'année 1700. A l'âge de seize ans, il savait le latin et le grec ; il voyagea en Turquie, en Arabie, en Palestine ; il chercha à s'instruire dans les mystères du Temple, qui d'après ce qu'il en rapporta en Europe devaient s'être conservés dans ces contrées lointaines. Il établit entre autres ordres un ordre particulier de Roses †.·..·.. Ses instructions sont celles des Grands-Prêtres Juifs ; elles roulent sur la création de l'homme, sur sa désobéissance, sur sa punition, sa régénération, et sur sa réintégration dans l'innocence qu'il avait perdue par le péché originel. Son but était le perfectionnement de l'homme, afin qu'il pût approcher du Souverain Architecte des Mondes dont il est émané.

Lorsque l'adepte a recouvré par les nouveaux Ordres, [p.218] ses droits primitifs, il se rapproche de son Créateur; il peut connaître les secrets de la nature, ceux des sciences occultes (2) et de la théologie mystique. Ses cérémonies étaient entièrement israélites, et tirées de la Bible.

Ce Rite est fondé sur la théosophie, sur la chimie, et sur les évocations. Il paraît que le matériel lui a été fourni par les Juifs Talmudistes et par les Chrétiens de St.-Jean, qui vivaient dans les lieux d'Orient qu'il avait visités pendant sa jeunesse.

Son Rite fixa l'attention des Maçons, il eut beaucoup d'adeptes ; ses Loges s'appelèrent Martinistes.

La Grande-Loge rejeta de l'intérieur des Loges de sa constitution les opinions et les doctrines de Martines Pasca1is, qui déjà avancé en âge, s'embarqua pour St.-Domingue, ennuyé peut-être des oppositions de la Grande-Loge, et finit sa carrière, âgé de près de cent ans. M. de St.-Martin a fait revivre ce Rite et ces cérémonies. Il a même rectifié les mots sacrés en Hébreu, et il s'en sert, ainsi que tous les Rites Maçon.·..

Par la réforme de M. de St.-Martin, son Rite était divisé en dix Grades. Les sept premiers formaient le premier Temple, dans lequel on s'occupait de la chimie, [p.219] afin d'arracher à la nature ses secrets. Dans les trois autres on étudiait les sciences occultes qui se trouvaient en rapport avec la cabale, les évocations, et la théosophie mystique.

M. de St.-Martin écrivit plusieurs ouvrages, entre autres celui qui traite des Erreurs et de la Vérité : il y envisage, 1° l'homme dans son ancien état de perfection ; 2° l'homme après sa chute; 3° l'homme dans la possibilité d'un retour à cette première perfection. C'est un écrit d'une obscurité recherchée et volontaire ; il fait un usage prodigué des nombres mystérieux, à l'imitation de Pythagore, de Platon et des Maçons de la Cabale. C'est dommage qu'il n'ait pas connu les créations orientales desquelles nous aurons à parler.

Ce Rite de St.-Martin a donné naissance à la Loge des Philalètes à Paris, qui avait ajouté au second Temple que nous avons indiqué, deux autres degrés, ce qui faisait douze, dont toute l'étude roulait sur la chimie et les sciences occultes. Cette Loge fut instituée par M. La Savalette ; elle possédait une bibliothèque riche en monuments maçonniques et littéraires. Après sa mort elle fut vendue, et alla enrichir les archives de la Mère-Loge du Rite philosophique de Paris. Mais, malgré toutes les sciences occultes dont les Philalètes s'occupaient, on convient qu'ils avaient adopté bien des maximes du Rite de la Cité Sainte et de la Stricte Observance, ainsi que des rêveries templières.

[p.220] Le régime rectifié, ou de la Cité Sainte, a cinq degrés; les trois premiers sont, les Symboliques; le 4e l'Ecossais ; et le 5e, celui des Ch.·.de la Cité Sainte.

Les Symboles qui lui sont particuliers représentent :

1°. Une Colonne brisée par le haut,
2°. Une pierre cube,
3°. Un Vaisseau démâté (3),
4°. Un Lion dans un ciel orageux.
5°. Un Tombeau avec les initiales I.·.M.·. avec un Aigle, un Pélican et la devise « Ecce quod superest [Voici ce qui reste… (de l’ordre du Temple)]. »

Après l'introduction de tous ces Rites, il s'établit, à Narbonne, le Rite Ecossais primitif, avec patentes de la Mère-Loge d'Edimbourg, sous le titre distinctif de Philadelphes (4) ; il participait des doctrines de M. de St.-Martin.

Les Grades sont: 1° Ap.·. — 2° Comp.·. — 3° Maît.·. — 4° Maît.·.parf.·. — 5° M.·.Irland.·. — 6° Elu de neuf, — 7° Elu de l'inconnu, — 8° Elu de quinze, — 9° M.·.Elu —10° Elu parf.·. -— 11° Petit Arch.·. ou Ap.·.Ecos.·. — 12° Grand Arch.·.ou Comp.·.Ecoss\ — 13° Subi.·.Arch.·.ou Maît.·.Ecoss.·. —14° M.·. [p.221] Elu ou la Parf.·.Architecture,—15° Royal Arche, —16°Noachite ou Ch.·.Prussien,—17° Ch.·.de l'Or.·.ou de l'Epée,—18° Prince de Jérusalem,—19° Vén.·.des Loges,—20° Chev.·.d'Occid.·. — 21° Ch.·. de la Palestine — 22° Sou.·.P.·.R.·.C.·.X.·. — 25° Sub.·.Ecoss.·. — 24° Ch.·.du Soleil, — 25° G.·.Ecoss.·.de St.-André, — 26° Maçon.·.du Secret,—27° Ch.·.de l'Aigle Noir, — 28° Ch.·.Kadosch — 29° G.·.Elu de la Vérité — 30° Novice de l'Int.·. — 31° Ch.·.de l'Int.·. — 32° Préf.·.de l'Int.·. — 33° Commandeur de l'intérieur.

Les Maçons en France se trouvaient partout aux prises ; tous les différents Rites prétendaient faire valoir leur parti, et ce qui causa le plus de troubles , ce fut toutes ces constitutions Ecossaises accordées par les Grands-Commandeurs ad vitam, qui se prétendaient chefs d'Ordre, et qui établissaient dans leurs Loges Ecossaises des Grades qui ne se trouvaient pas dans les anciens rituaires ; ils ne se décourageaient point dans leurs projets, quoiqu'ils eussent des guerres continuelles à soutenir contre les deux Grandes-Loges, qui avaient pris un titre nouveau, celui des Grands-Orients ; ces Grands-Commandeurs se trouvaient aussi en opposition avec tous les Chap.·. et Conseils qui existaient antérieurement : car en 1762, on avait vu à Paris un Conseil d'Empereurs d'Orient et d'Occident, qui certes pouvait valoir le Conseil d'Angleterre, celui de la Croix [p.222] Rouge de l'Empereur d'Orient Constantin, et du Pape Silvestre, Empereur d'Occident, et sans parler du Conseil des Ch.·. d'Orient qui ne voulaient point des doctrines Templières.

Dans ces époques et en 1786, M. Matheus, négociant de la ville de Rouen, avait été désigné et créé Grand-Maître Provincial du Rite d'Herodom de Kilwinning pour toute la France. Il établit une Grande-Loge et un Chapitre dans cette ville, et, la même année, il donna des constitutions en faveur de M. Chabouillé, et des Frères du Chap.·. de Choix de Paris (5). Mais ces nouveaux Chapitres poussés par un zèle trop ardent, cherchèrent à mettre en contestation l'autorité et la légalité des titres des autres Chap.·. qui professaient déjà les Hauts Grades ; ce fait fut cause que le G.·. M.·. Matheus ayant envoyé au G.·. O.·. de France ses constitutions, pour être autorisé à travailler à la Loge de l'Ardente Amitié, à Rouen, le G.·. O.·. pour toute réponse, interdit à cette Loge de donner asile à ce Rite ; et de là vinrent toutes les tracasseries sur la légalité du G.·. O.·. relativement à l'exercice de ses Hauts Grades, et aux institutions qu'il donnait à des Chapitres, sur une patente [p.223] de 1721 délivrée par Gerbier, et que l'on attestait fausse.

Néanmoins le G.·. O.·. professait les Hauts Grades des différents Rites énoncés, et en particulier ceux du Conseil des Empereurs, qui étaient généralement adoptés dans le Rite d'Herodom de Kilwinning. Sans entrer dans ces discussions qui ne font pas honneur à leurs auteurs, nous ferons observer qu'une quantité de Loges en Europe professent les Hauts Grades Chevaleresques, qu'elles défendraient, comme on dit, l'épée à la main , sans pouvoir montrer une constitution légale , s'étayant de l'ancien axiome possideo quia possideo [La possession vaut titre]; et, d'autre part, beaucoup la tiennent cachée, n'étant aucunement intéressées à découvrir leur origine. Combien n'existe-t-il pas de corps théosophiques sur des autorisations verbales, ou d'après des lois orales, comme celui de la loi Mosaïque, origine du Christianisme ? [p.229]

… La France même, en 1800, était partagée dans les croyances Maçon.·. suivantes, qui étaient les plus répandues ; savoir :

Le Rite Ecos.·. Philosophique,
[230] Les Philalètes, ou les chercheurs de la Vérité,
Le Rite Adonhiram,
Le Rite de St-Jean d'Ecosse, établi à Marseille,
Le Rite des sublimes Elus de la Vérité,
Le Rite Hermétique de Montpellier,
Le Rite de St.-Martin,
Le Rite des Coëns, par Martines Pascalis,
Le Rite primitif, ou d'Hérodom de Kilwinning,
Le Rite Ecossais de la Grande-Loge d'Angleterre,
Le Rite Primordial de France,
Le Rite de l'Ecos.·. An.·. et Acc.·.,
Le Rite des Trois Grades Symboliques.

Tous ces différons Rites professés indistinctement forcèrent, pour ainsi dire, le Grand-Orient, vu l'anarchie et l'insubordination de ses différents chefs d'Ordre, à faire cet acte de tolérance, dont nous avons parlé; d'autant plus, que le Rite de l'Ecos.·. An.·. et Acc.·. qui avait ébloui par ses réceptions et par la multitude de ses Grades (6), avait pu, au moyen de ses partisans, prétendre avec orgueil que le [p.231] nouveau Rite Français n'était qu'un extrait de quelques Grades de l'Ecos.·. An.·. et Acc.·., qu'il était imparfait, et que ses quatre Ordres ajoutés aux trois symboliques, n'étaient que le produit d'une compilation très gauchement puisée dans une multitude de Grades Ecos.·. mis à contribution pour former un corps mutilé.

(6) Nous avons connu des Maçons décorés de tous les Grades possibles, n'ayant aucune science ni vertu Maçon.·., tandis que d'autres admis aux premiers Grades Philosophiques, avaient saisi l'esprit de l'institution et son louable but. Ce n'est pas dans le nombre des Grades d'un Rite, mais bien dans les doctrines épurées que réside la vraie science Maçon\.

 Notes

(1) Le Rite Primordial français suit la plus grande partie de ses formalités et de ses doctrines.
(2) D'après cet aperçu, ce Rite tenait de la cabales des sciences occultes que les Misraïmites ont voulu reproduire avec des noms nouveaux.
(3) Voyez pl. I, n° 23, cet emblème se rapporte à la nacelle de St.-Pierre, et aux allégories des premiers chrétiens, ce que nous avons encore indiqué.
(4) Un ordre attaché au Carbonarisme porte le même nom.
(5) Ce chapitre tient ses séances dans le local du Rite Écossais Philosophique , et il est exclusivement composé des membres du Rite Philosophique , ce qui ferait croire qu'on aurait pu modifier les doctrines templières.


Tome deuxième

1829 Reghellini t2Chapitre XXVIII – Maçonnerie du Royaume des Pays-Bas 

Extrait, pages 350-353

Chapitre XXVIII – Maçonnerie du Royaume des Pays-Bas 

[p.350] … Nous avons vu disparaître, et chaque jour nous voyons reparaître des Maçons et des non-Maçons, tels que les membres de l'Ordre du Temple, se croire les vrais successeurs des anciens templiers, et se décorer d'ordres de chevalerie éteints ou chimériques, [p.351] propres à inspirer des idées d'ambition, en opposition directe avec cette égalité chérie, base de la confraternité Maçon.·. ; nous avons vu d'autres Frères introduire dans la Maçon.·. des légendes religieuses, opposées à la tolérance, attribut essentiel de l'Ordre. Nous avons vu tomber les anciens géologues, les misraïmistes, après une bien courte existence. D'autres ont osé en vrais imposteurs, assurer qu'ils voyaient Dieu, et que Dieu leur parlait : admirable moyen de faire des dupes partout où il se trouve des faibles et des crédules ! tels furent Swedenborg, Pascalis Martinez, St, Martin, Schopher, Cagliostro etc., et toutes ces sectes, tous ces Rites se sont établis, se sont calomniés, se sont écroulés, ont disparu ! aujourd'hui l'on ne trouverait plus de Maçons capables d'ajouter foi à de semblables rêveries ; on est convaincu que tout innovateur ne peut plus avoir d'autre but que le bien-être de l'Ordre, ou que son entreprise n'est qu'une spéculation illicite qui dégénère en un vil intérêt pécuniaire. On est donc devenu plus circonspect et plus réservé d'une part, tandis que d'un autre côté, on est plus éclairé et plus tolérant. On cherche même à être membre de plusieurs Rites à la fois, pour mieux savoir lequel mérite le plus l'importance qu'on y attache ; et en comparant, selon notre coutume, la Maçon.·. à la religion, nous voyons chaque jour les vains prestiges [p.552] disparaître, les inimitiés diminuer et les fantômes les plus risibles nous apparaître sous leur vrai jour. La lumière orientale commence à briller d'un plus vif éclat, il est aisé de se convaincre qu'en Maçon.·., comme en religion, il se prépare un grand rapprochement, et qu'une grande impulsion hâtera le moment d'une uniformité cosmopolite et universelle. Le genre humain est en route, a dit M. De Pradt ; la presse déchire de plus en plus ce voile redoutable et mystérieux qui couvrait de ténèbres les prétendus secrets de tant de religions ! Elle publie et proclame aux quatre coins de la terre, cette immortelle et ineffable vérité gravée dans le cœur de tout homme, de tout Maç.·. surtout, dans le cœur du sectateur de la Bible, de l'Evangile ou du Coran, vérité sans laquelle même une religion n'est ni concevable, ni possible : Adore le Grand Architecte, aime ton prochain.

L'histoire et l'expérience nous apprennent qu'en Maçon.·., le temps éteint de plus en plus l'esprit de secte, et que partout où elle est professée dans sa simplicité primitive, tous ses emblèmes ne sont autres que ceux de la théosophie ancienne des Egyptiens, des juifs et des premiers chrétiens, qui tous n'admettaient que le Grand Architecte de l'univers, source et principe de cette sagesse qui prescrit de ne manifester, de ne publier nos doctrines, qu'en mettant en œuvre notre raison libre et impartiale, et jamais une force [p.353] brutale, ou une extravagance d'enthousiastes prêchant des révélations. Les Maç.·. savants et éclairés savent du reste que l'emploi de tels moyens tend à détruire toute connaissance de l'ordre immuable de la nature et la liberté naturelle, en tout ce qui concerne les opinions religieuses ou métaphysiques. Les Maç.·. veulent et doivent être convaincus de la vérité des doctrines qu'ils professent.

Le calme succède aux anciens délires : les exemples fameux et reçus des Concordats anglais et américain, et celui de l'union éclectique doivent forcer tous les Rites à vivre en paix les uns à côté des autres. Il y a plus, déjà chaque ancienne réforme de l'institution primitive perd de jour en jour l'importance qu'on y attachait, et la raison humaine, éclairée par la vérité et encouragée par le succès de ses efforts pour l'utilité commune, ne tardera plus à accomplir la grande œuvre d'une réforme universelle dont nous avons parlé, et que la seule force des choses amènera insensiblement, mais nécessairement.


Tome troisième

1842 Reghellini t3La maçonnerie: considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne

Par le F.·.M.·.R.·.Reghellini.·.de Schio
Tome troisième
Bruxelles, H. Tarlier, libraire-éditeur
1829 – E.·. V.·. 5829. V.·. L.·.

Extrait, p.329

Chapitre XXXIX - Histoire Extrait, p.329

L’Histoire nous fait connaître que Swedembourg [sic] et le baron de Hund, instituteurs des réformes religieuses, pour suivre en entier les analogies, furent aussi des réformateurs de la Maçonn.˙., la regardant comme une religion ; on découvre dans leur système Maçon.˙. que la Bible ou la vision leur en a fourni tout le canevas, ce que nous dirons aussi des réformateurs Pascalis Martines et de St Martin : leur dogme Maçon.˙. est fondé entièrement sur la Bible.

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