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Notes

1. Réflexions sur les Idées de Louis-Claude de Saint-Martin le théosophe, suivies de fragments d'une Correspondance inédite entre Saint-Martin et Kirchberger, par L. Moreau. (Paris, chez Jacques Lecoffre, 1850).

 

2. Essai sur la vie et la doctrine de Saint-Martin le Philosophe inconnu, par E. Caro. (Paris, chez Hachette, 1852).

 

3. Ainsi, encore, il a lu dans un Discours sur les ordres sacrés, de Godeau, évêque de Vence, que la première division des temples, celle qui contenait l'autel, s'appelait ???? : « Ce nom Bêma, dit-il aussitôt, sonne trop bien à mon oreille par ses rapports avec mon chérissime Boehm, pour que je ne m'expose pas au ridicule d'en faire la remarque. » [Mon Portrait, 571]. Si ce n'est qu'une rencontre fortuite et une assonance qu'il prend plaisir à noter à la façon des poètes et rimeurs, il n'y a rien à dire, mais je crains qu'il n'y ait vu des sens profonds. Et s'il a rêvé sur ces choses de première vue et où sa rêverie nous saute aux yeux, comment n'aurait-il pas rêvé ailleurs ?

 

4. Ce serait à croire, si les dates permettaient de le supposer, qu'en répondant ainsi à son père, Saint-Martin faisait allusion à un événement très présent en Touraine, à la situation de M. Choiseul exilé à son château de Chanteloup à la porte d'Amboise : mais il fit cette réponse plusieurs années auparavant, et pour se rendre si bien compte des temps divers d'une carrière ministérielle, il lui suffisait des disgrâces récentes et des exils de M. de Machault, de M. d'Argenson et du cardinal de Bernis.

 

5. Saint-Martin état si incapable de tout ce qui est affaires et du positif de la vie, qu'il a pu dire au vrai, et cette fois avec le sourire : « J'ai un tel éloignement des affaires d'intérêt et des discussions avec les gens de finances et de commerce, que quand j'ai seulement une lettre de change à faire payer et qu'il faut la présenter, donner mon acquit et toucher ma somme, j'appelle cela un procès. » [Mon Portrait, 905].

 

6. Le duc de Richelieu était de l'Académie depuis 1720.

 

7. Saint-Martin n’a jamais été chevalier de Saint-Louis : « Pendant le ministère de Mr de Montbarey il m’eut été très aisé d’avoir la croix de St-Louis, si j'avais su profiter de la bonne volonté qu’avaient pour moi sa femme, sa fille la princesse de Nassau, et sa sœur, la comtesse de Coaslin ; mais au premier refus qu’il fit de me faire avoir un relief pour l’interruption de mes services, je m’en tins là ; quand il fut sorti du ministère je lui reparlai de cela, et il me tint un langage tout différent. » [Mon Portrait, 153. Note du webmestre].

 

8. J'en ai eu sous les yeux plus d'un exemple, et le bon Ballanche tout le premier. Au moment de sa mort (12 juin 1847), j'écrivis pour moi seul alors ce qui me revient en ce moment : « Ballanche vient de mourir ; il a eu en partage une douce gloire, et il en a joui. Il me rappelle ce verset de l'Écriture (Matthieu 5, 4) : Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram ! – Ce n'est pas qu'il n'y eût, par moments, bien de l'ambition et un gros orgueil au fond de ce doux Ballanche : il se croyait par éclairs un révélateur et un précurseur de je ne sais quel dogme futur qui serait plus vrai que tous ceux du passé ; mais le plus souvent le Léviathan dormait au fond du lac comme son doux maître. – Un jour, me parlant de Chateaubriand, Ballanche me disait : « Ne croyez-vous pas, Monsieur, que le règne de « la phrase est passé ? » Il pensait bien, sans le dire, que son propre règne à lui, le règne de l'idée commençait. » – Tout ceci n'est pas hors de propos quand il s'agit de Saint-Martin, dont la douceur et l'humilité sont du même ordre et doivent être sujettes aux mêmes réserves.

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