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Index de l'article

Calendrier perpetuel 1862- Annales de philosophie chrétienne
- Bulletin de la Société littéraire de Strasbourg
- Cantu - Histoire universelle – T 17 & 19
- Chassay – Conclusion des démonstrations évangéliques
- Hoefer – Didot –– Nouvelle biographie générale
- Matter – Saint Martin. Le philosophe inconnu
- Revue d’Alsace
- Revue des Deux Mondes – T 40
- Saint-Albin – Les Francs-Maçons
- Sainte-Beuve - Portraits littéraires
- Louis-Claude de Saint-Martin - La correspondance inédite de L.C. de Saint-Martin...et Kirchberger,
- Veuillot - Historiettes et fantaisies
- Falloux – Lettres de Mme Swetchine
- Lemoine - L'âme et le corps
- Revue spiritualiste

1862 - Annales de philosophie chrétienne

1862 annales philo chretienneAnnales de philosophie chrétienne
Recueil périodique destiné à faire connaître tout ce que les sciences humaines renferment de preuves et de découvertes en faveur du Christianisme
Par une société de littérateurs et de savants, français et étrangers
Sous la direction de M. Augustin Bonnety
Trente troisième année
Cinquième série – Tome VI n° 31 – 1862. (65e vol. de la coll.)
Paris. Bureau des Annales de philosophie chrétienne, rue de Babylone, n° 10 (faubourg Saint Germain).
1862

Numéro 34 – Octobre 1862 – Littérature catholique : Lettres de Madame Swetchine - Extrait, pages 259-260

Il est un philosophe qui s'est fait quelque renom à la fin du siècle dernier par une espèce de spiritualité mystique qui a séduit plus d'un catholique; c'est celui que l'on a surnommé le philosophe inconnu, ayant nom Saint-Martin. Ses Pensées firent assez de bruit. Voici comment Mme Swetchine juge ce philosophe et ce mystique :

A M. Louis Moreau. — Chantilly, 8 octobre 1837.

« ... J'ai lu avec grand plaisir Les Pensées du philosophe inconnu, et comme il arrive toujours, j'ai fait mon choix dans votre choix. Plusieurs d'entre elles m'ont paru élevées, intérieures et profondes, vraies par conséquent; car on ne peut monter haut ni creuser fort avant, sans entamer une des deux régions de la vérité : les perfections de Dieu et la misère de l'homme. Néanmoins, en parcourant les Pensées, on croit quelquefois traverser comme des couches d'erreur, reconnaître quelque chose de son souffle, du goût de son terroir; on sent qu'elles n'ont pas été dictées par la piété pure et simple, mais par une théosophie toujours un peu glorieuse. Aussi c'est Saint-Martin qui a trouvé Dieu, et non pas Dieu qui a visité Saint-Martin. Son action sur les autres assume une puissance personnelle; l'orgueil perce jusque dans son effroi de la corruption, dans son éloignement pour ceux dont les ignorances, les faiblesses et les souillures le frappent. Tout ceci ressemble peu à la charité, qui ménage ceux-là mêmes dont elle se sépare; et lorsqu'on y voit si clair sur les autres, je craindrais fort qu'on ne réservât les ténèbres pour soi. Il n'est pas jusqu'aux mots recherchés ou techniques de son langage, quelquefois bizarre, qui, selon moi, n'arrêtent et ne refroidissent. Nulle part peut-être la simplicité des formes n'importe davantage [260] à la rectitude des idées que dans la piété ; il se fait sécheresse, aridité subite, là où l'esprit prévaut sur le cœur ; et si les prodiges de la charité chrétienne se concentrent presque exclusivement dans l'Eglise, il faut convenir que c'est aussi seulement dans son sein que l'amour chrétien a son expression vraie et persuasive (t. II, p. 83). »

bouton jaune   Lettres de Madame Swetchine

1862 - Bulletin de la Société littéraire de Strasbourg

1862 bulletin strasbourgBulletin de la Société littéraire de Strasbourg
Tome premier
Veuve Berger-Levrault et fils, libraires éditeurs
Paris, rue des Saints Pères, 8
Strasbourg, rue des Juifs, 26
1862

Le surnaturel et la critique du dix-huitième siècle.   Extrait, page 345

On a vu un jeune contemporain de Swedenborg, Claude de Saint-Martin, subir trois transformations essentielles: l'une au collège, l'autre à Bordeaux, la troisième à Strasbourg : la première sous l'influence d'Abbadie ; la seconde sous celle de Martinez Pasqualis ; la troisième sous celle de Jacques Bœhme. Chacune d'elles se borna à une nouvelle manière de voir, venue à la suite de nouvelles études. Ici [Il s’agit de Swedenborg ] il s'agit d'une transformation plus radicale : d'une influence plus puissante que celle d'un maître humain, j'entends une action divine. En effet il s'agit d'un autre maître qu'un homme, d'une autre mission et d'autres conséquences : d'un changement d'organisme dans toutes les facultés et d'une série de révélations prolongées pendant vingt-sept ans.

bouton jaune   Le surnaturel et la critique du dix-huitième siècle

Extrait, page 360

Sa mission [Jane Leade], non moins vaste que celle de mademoiselle Bourignon, celle de madame Guyon, celle de Swedenborg ou celle de Saint-Martin (voy. notre Vie de Saint-Martin, p. 425), était de faire luire, la lumière dont Dieu l'avait éclairée non-seulement sur cette centaine d'initiés qui se rattachait à elle et à son ami, mais sur «toutes les nations des quatre coins de la terre. »

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Extrait, page 362

Je n'ai pas parlé de John Wesley, qui chassa aussi les démons et rivalisa avec le comte de Zinsendorf dans le grand art d'enchaîner le sentiment mystique à des règles très méthodiques. Je n'ai pas même parlé du plus illustre des disciples de Jacques Bœhme, de ce singulier général Gichtel, qui, à genoux dans son cabinet, battait les armées de Louis XIV à Ramillies et à Hochstett, et dont j'ai parlé suffisamment dans la Vie de Claude de Saint-Martin.

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Extrait, page 394-395

On sait les prétentions de Philon à l'illumination, et celles de Montanus à sa nature et à sa mission de paraclet. On connaît les légendes des disciples de Plotin sur l'intuition divine de celui-ci et sur le commerce auquel ils prétendaient avec les démons et les démonides ou les esprits féminins. J'ai fait ailleurs l'histoire des ambitions gnostiques, et chacun connaît les révélations ou les visions, les ravissements et les extases des saints de nos premiers siècles ou des saintes du moyen âge. Nous avons rappelé ci-dessus celles des mystiques et des théosophes de l'ère moderne, et raconté spécialement les hautes aspirations des Pasqualis, de Saint-Martin, du comte d'Hauterive, du conseiller d'Eckarthausen et de l'abbé Fournie, les uns cherchant le commerce avec les esprits, les autres jouissant de quelques apparitions. Mais tout cela, depuis les gnostiques jusqu'aux plus merveilleuses visions du jour, est peu de chose auprès de celles que Swedenborg nous fait connaître dans son Journal, et de ce qu'il écrit dans ses nombreux ouvrages sur ses entretiens célestes.

Aussi les résultats qu'il obtint et l'influence qu'il exerça sur son siècle dépassèrent-ils tout ce qu'ont fait les personnages que nous venons de nommer, et pour apprécier définitivement ce grand phénomène, il faut mettre le jugement de l'histoire à côté de celui de la philosophie. Le nombre des sectateurs d'une doctrine ne prouve rien, il est vrai, en faveur de sa vérité, et la philosophie ne reconnaît pas le vote par assis et levé. S'il en était autrement, si la vérité était du côté de la majorité, le bouddhisme serait le système de la raison, puisqu'il compte plus de partisans que tout autre.

Toutefois, le succès est quelque chose, et il est juste de dire, en terminant notre appréciation d'un personnage aussi exceptionnel, que Swedenborg, qui ne fit rien pour organiser un parti, eut peu d'années après sa mort une nombreuse postérité de partisans enthousiastes, de véritables [page 395] fidèles, en un mot qu'on vit surgir l'église dont il avait prédit l'avènement.

Si, en face d'un résultat pareil, le métaphysicien est encore embarrassé sur la solution de la question, à savoir si Swedenborg fut ou un rêveur somnambulique ou un halluciné extraordinaire ou un extatique dupe de ses visions, l'homme de simple bon sens répond sans hésiter, qu'aucune de ces hypothèses n'est une solution; que tout effet veut une cause proportionnée à sa grandeur; que c'est là une loi aussi impérieuse dans le monde moral que dans le monde physique; qu'une œuvre aussi extraordinaire accomplie en plein dix-huitième siècle, au sein de la critique la plus décidée, accuse des facultés ou une condition d'esprit hors ligne, de quelque nature qu'on dise celle-ci et quelque portée qu'on veuille assigner à celles-là.

Matter.

bouton jaune   Le surnaturel et la critique du dix-huitième siècle

1862 - Cantu - Histoire universelle – T 17

1862 Cantu t17Histoire universelle
Par César Cantu
traduite par Eugène Aroux, ancien député, et Piersilvestro Léopardi, revue par MM. Amédée Renée, Baudry, Chopin, Dehèque, Delatre, Lacombe et Noël des Vergers.
Troisième édition, entièrement refondue par l’auteur, revue et traduite d’après la huitième et dernière édition italienne par M. Lacombe sous les yeux de l’auteur
Tome dix-septième
Paris, chez Firmin Didot frères, fils et Cie, imprimeurs de l’Institut de France, rue Jacob, 56.
1862

Livre XVII. Dix-septième époque. Chapitre XX. Esprit et littérature en Allemagne - Illuminés westphaliens – Extrait, page 453

Martinez Pasqualis, juif portugais renégat, avait introduit en Allemagne une théosophie cabalistique, dont plusieurs loges s'étaient établies en France après l'année 1754 ; elles se répandirent au delà du Rhin ; les adeptes furent appelés martinistes, et le fameux Saint-Martin était du nombre. Les Rose-croix, qui considéraient ceux qui n'étaient pas affiliés comme; de « misérables esclaves du fanatisme et de la ténébreuse superstition, continuaient aussi d'exister. »

bouton jaune   Esprit et littérature en Allemagne - Illuminés westphaliens

Illuminés westphaliens – Extrait, page 455

… Mendelson soutint l'immortalité de l'âme, et popularisa Platon. Frédéric Jacobi réfuta le matérialisme et le scepticisme de Hume, et il montra dans son roman de Woldemer, l'incapacité des réformateurs de l'époque. Le poète Mathias Claudius déclara la guerre aux rationalistes, et fit connaître le mystique Saint-Martin. Stolberg, converti au catholicisme, donna une histoire de l'Église, qui devint le livre à la mode.

bouton jaune   Illuminés westphaliens

Livre XVII. Dix-septième époque. Chapitre XXXVI. Louis XVI - Turgot – Necker. Extrait, page 746

Telle était la singularité de ce siècle qu'au moment où l'incrédulité était en vogue, où l'on regardait presque tous les liens comme des chaînes, où la philosophie traitait de préjugés toutes les anciennes croyances et toutes les vieilles coutumes, une grande partie de ces jeunes et nouveaux sages s'engouait, les uns de la manie des illuminés, des doctrines de Swedenborg, de Saint-Martin, de la communication possible entre les hommes et les esprits célestes, tandis que beaucoup d'autres, s'empressant autour du baquet de Mesmer, croyaient à l'efficacité universelle du magnétisme, à l'infaillibilité des oracles du somnambulisme. (1)

(1) Mém., t. I, p. 145.

bouton jaune   Chapitre XXXVI. Louis XVI - Turgot – Necker

1862 - Cantu - Histoire universelle – T 19

1862 Cantu t19Histoire universelle
Par César Cantu
Traduite par Eugène Aroux, ancien député, et Piersilvestro Léopardi,
Revue par MM. Amédée Renée, Baudry, Chopin, Dehèque, Delatre, Lacombe et Noël des Vergers.
Troisième édition
Entièrement refondue par l’auteur, revue et traduite d’après la huitième et dernière édition italienne par M. Lacombe sous les yeux de l’auteur
Tome dix-neuvième
Paris
Chez Firmin Didot frères, fils et Cie
Imprimeurs de l’Institut de France, rue Jacob, 56.
1849

Chapitre XXXVII – Philosophie, Sciences sociales, Utopies. Philosophes anglais et français, extrait, page 349

Déjà, au milieu des saturnales de la révolution, c'est-à-dire dès 1795, Saint-Martin, le philosophe inconnu, avait jeté le gant aux doctrines matérialistes alors dominantes. De Bonald, le premier, enseigna que le langage est nécessaire pour inventer le langage ; avant Royer-Collard, il ébranla le trône de Condillac en proclamant qu'on ne peut connaître les choses suprasensibles que par une illumination d'en haut; il rappela la philosophie à l'étude de l'homme formé à l'image de Dieu, pur et innocent, et qui peut redevenir tel par la prière. Il soutint que les inégalités sociales sont le résultat de la chute originelle, et accepta la révolution avec le religieux effroi qu'inspire aux âmes méditatives la vue de la justice divine. De Maistre appelle Saint-Martin « le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes ». Les formules gnostiques dont s'enveloppait ce théosophe le firent considérer comme un visionnaire. En effet, il admettait dans le christianisme des doctrines exotériques ; il se crut sérieusement un voyant, un inspiré, dépositaire de vérités qui n'avaient point été communiquées à d'autres.

De Maistre explique le gouvernement temporel de la Providence, l'existence du mal, l'origine des idées et du langage, en un mot les problèmes fondamentaux de la philosophie en supposant une révélation primitive de la parole et des idées, obscurcie ensuite par la chute de l'homme. Il compare sans cesse les dogmes de la révélation avec les acquisitions de la simple raison naturelle, et réduit la science à la foi.

bouton jaune   Philosophes anglais et français

1862 – Chassay – Conclusion des démonstrations évangéliques

1862 ChassayConclusion des démonstrations évangéliques suivi de neuf dissertations complémentaires, savoir : Pierre Bayle, sa doctrine et son influence ; madame de Staël ; un mot sur l’éclectisme avant 1848 ; de la philosophie de l’histoire ; le docteur Klee, sa vie et ses travaux ; de l’exégèse rationaliste et de ses dangers ; le fouriérisme devant le siècle.
Par M. l’abbé F.-É. Chassay, chanoine honoraire, professeur de philosophie au séminaire diocésain, membre de l’Académie de la religion catholique de Rome, de la Société littéraire de l’université catholique de Louvain, des académies de Bordeaux, de Reims, de Caen et de Dijon, des sociétés impériales académiques de la Loire inférieure et de Cherbourg.
Publié par M. l’abbé Migne, éditeur de la bibliothèque universelle du clergé ou des cours complets sur chaque planche de la science ecclésiastique.
S’imprime et se vend chez J.-P. Migne, éditeur, aux ateliers catholiques, rue d’Amboise, 20, au petit Montrouge, autrefois barrière d’enfer de Paris, maintenant dans Paris.
1862.

Sixième partie. L’hérésie et le schisme au XVIIIe siècle.

L’ensemble des chapitres I : L’illuminisme au XVIIIe siècle. Saint-Martin. - Les Illuminés avant Saint-Martin et II : Le philosophe inconnu, est une reprise partielle du texte de l’abbé Grégoire paru chez Migne en 1828 dans son « Histoire des sectes religieuses », pages 204-230.
Nous reproduisons ici l’ensemble de ces 2 chapitres en mettant entre crochets […] les éléments non publiés par l’abbé Chassay de l’Histoire des sectes religieuses.

Chapitre I. L'illuminisme au XVIIIe siècle. Saint-Martin. - Les Illuminés avant Saint-Martin, pages 667-671.

[Parmi les théosophes européens, jadis il en était qui rattachaient leurs rêveries à l’alchimie. Robert Flud, Cardan, Paracelse, étaient pour eux des génies sublimes. La théurgie est l’art de lier commerce avec les génies supérieurs : c’est la définition donnée par Jamblique. Les théosophes, soit anciens, soit modernes, prétendent dériver leurs connaissances de l’illumination divine, de la communication avec Dieu qui leur révèle ses mystères, de leur commerce avec les intelligences. En général, ils assurent que les êtres créés du monde visible et ses phénomènes, correspondent à ceux du monde invisible. La raison et la religion s’associent naturellement à cette opinion qui offre aux cœurs purs des sujets d’admiration, de méditation dans lesquels l’âme se complait et s’attendrit.]

Quel homme religieux et contemplateur n’a pas éprouvé maintes fois le plaisir de s’élever vers les régions célestes, de franchir par la pensée l’espace qui nous en sépare, de se figurer placé au milieu des purs esprits, au milieu d’amis, de parents que la mort nous a ravis et qu’on espère retrouver dans un monde nouveau !

Mais quand les Théosophes, quand Jacques Bœhm, Swedenborg et leurs disciples, s’élançant dans le monde invisible et roulant dans le vague, prétendent enrichir leurs itinéraires d’une carte exacte de ces régions inconnues, en rédiger une sorte de statistique, tracer le tableau de correspondance entre les objets sublunaires et le monde intellectuel, et dévoiler les secrets de la nature ; ici commencent les aberrations : la divergence de leurs systèmes en offre la preuve complète.

« Ces aberrations, surtout des philosophes modernes, anticipent sur la notice abrégée que sans doute le lecteur attend des théosophes, qui, dans les XVIe et XVIIe siècles, ont amené la filiation de leur secte dans le XVIIIe et jusqu’à l’époque actuelle.

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1862 - Hoefer – Didot –– Nouvelle biographie générale

1862 Hoeffer Didot t39

Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources à consulter
Publiée par MM. Firmin Didot Frères
Sous la direction de M. Le Dr [Jean Chrétien Ferdinand] Hoefer
Tome trente neuvième
Paris
Firmin Didot Frères, Fils et Cie, Éditeurs
Imprimeurs libraires de l’Institut de France
Rue Jacob 36
1862

Martines Pasqualis, pages 295-296

PASQUALIS (Martinez), chef de la secte d'illuminés dits martinistes, né vers 1715 en Portugal, mort en 1779, au Port-au-Prince (Haïti). D'origine juive, il s'annonça en 1754 par l'institution d'un rite cabalistique d'élus, dits cohens (en hébreu, prétres), rite qu'il parvint à introduire dans quelques loges maçonniques de France, à Marseille, à Toulouse, à Bordeaux. Dans cette dernière ville, il initia à ses opérations, qu'il appelait théurgiques, Louis-Claude de Saint-Martin, alors officier au régiment de Foix, avec lequel on l'a souvent confondu, par suite de l'analogie de leur nom. Martinez, qui présentait sa doctrine comme un enseignement biblique secret dont il avait reçu la tradition, l'apporta en 1768 à Paris, et fit un assez grand nombre d'adeptes qui, en 1775. prirent le nom de Martinistes. Dans leurs réunions, ils s'occupaient d'exercices qui annonçaient des vertus actives, pour nous servir du langage consacré. On y obtenait, par la voie sensible, des manifestations d'un ordre intellectuel, qui décelaient aux prosélytes une science des esprits comme les visions de Swedenborg, d'un ordre sentimental, décelaient une science des âmes. Au résumé, on peut conclure de ses écrits restés inédits et de ceux de ses disciples, que la doctrine de Martinez est cette tradition ou kabbale des juifs, doctrine ésotérique dont la partie pratique enseigne l'art de faire agir les puissances [page 296] supérieures sur le monde inférieur, et de produire par là des effets surnaturels ou des miracles. Martinez Pasqualis quitta Paris en 1778 pour se rendre à Saint-Domingue où l'appelait la succession d'un de ses parents, et mourut dans cette île, l'année suivante.
H. F.
Saint-Martin, Œuvres diverses, passim.

bouton jaune  Martinez Pasqualis

1862 – Matter – Saint Martin. Le philosophe inconnu

1862 MatterSaint Martin. Le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits.

Son maître Martinez et leurs groupes d’après des documents inédits

Par M. [Jacques] Matter,
Conseiller honoraire de l’Université de France,
Ancien inspecteur général des bibliothèques publiques, etc.
Paris
Librairie académique.
Didier et Cie, libraires éditeurs, 35, quai des Augustins.
1862

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1862 – Revue d’Alsace

1862 revue alsaceRevue d’Alsace
Deuxième série.
Troisième année
Colmar
Au bureau, rue des Marchands, n° 8
1862

Saint-Martin à Strasbourg, par Jacques Matter. Pages 278-288

SAINT-MARTIN A STRASBOURG. *

Sa rencontre avec Madame la duchesse de Bourbon. — Ses relations avec les savants et les mystiques : Oberlin, Madame de Bœcklin, R. Salzmann, Mesdames d'Oberkirch, de Frank, de Rosemberg, la comtesse Potoka. — Ses nouvelles études. — Sa conversion au mysticisme de Bœhme. — Le paradis, l'enfer et le purgatoire terrestres de Saint-Martin.

* Les pages que nous publions feront l'objet d'un chapitre dans le livre que M. Matter prépare sur la vie et les écrits de Saint-Martin.

Les trois années que Saint-Martin alla passer à Strasbourg ont été à la fois les plus décisives pour sa doctrine et pour ses idéalités. Je ne veux pas dire pour ses affections, ce qui d'ailleurs se confond tout naturellement dans une âme mystique.

Il s'écoula bien peu de temps entre son voyage d'Italie et son arrivée à Strasbourg, dont il est facile de déterminer la date. Saint-Martin nous apprend lui-même qu'il fut arraché de cette ville par un ordre de son père, après un séjour de trois ans, au mois de juin 1791, à l'époque de la fuite de Varenne. Prises à la lettre, ces deux indications fixent son arrivée au mois de juin 1788. Or, en la rapprochant de sa visite à Etupes, il en résulte qu'il ne se trouve pas d'intervalle pour un voyage en Allemagne, qui aurait eu lieu à cette époque et qu'il me parait difficile d'admettre, ainsi que je l'ai déjà dit.

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1862 - Revue des Deux Mondes – T 40

1862 revue 2 mondes t40Revue des Deux Mondes
XXXIIe année – Seconde période
Tome quarantième
Juillet – Août 1862
Paris
Bureau de la Revue des Deux Mondes
Rue Saint Benoit, 20.
1862

Bulletin bibliographique. Extrait, page 777

Livraison du 1 août

Saint-Martin Le Philosophe Inconnu, Sa Vie Et Ses Écrits, D'après Des Documents Inédits, par M. Matter, 1 vol. in-8°; Didier.

La dernière moitié du XVIIIe siècle vit, on le sait, le mysticisme et la philosophie se développer avec une énergie imprévue à côté du matérialisme. La France a sa large part dans ces mouvements si contraires de la pensée humaine à une époque de crise et de déchirement social. Une figure sereine et sympathique, restée dans une sorte de clair-obscur, celle du doux penseur de la Touraine, Saint-Martin, appelle depuis quelque temps l'attention de la critique en Allemagne comme en France. A de nombreuses études, parmi lesquelles se détache un ingénieux portrait de M. Sainte-Beuve, vient s'ajouter aujourd'hui un livre où le caractère de l'homme et la doctrine du penseur sont éclairés par divers documents inédits. Nous ne savons si on peut adopter toutes les vues de l'auteur quant à l'intérêt tout spécial que pourraient offrir encore aujourd'hui les idées de Saint-Martin sur le gouvernement des choses divines et humaines. Nous recommandons seulement ce livre comme offrant d'abondantes et curieuses indications sur le mouvement de l'esprit humain dans la dernière moitié du 18e siècle.

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1862 – Saint-Albin – Les Francs-Maçons

1862 Saint AlbinLes Francs-Maçons
Par Alex. De Saint-Albin
Äris.
E. Dentu, libr.-éditeur. Palais Royak, Galerie d’Orléans, 15 et 17.
Amb. Bray, libr.-éditeurn rue des Saint Pères, 66
M DCCCLXII

Deuxième classe. Pages 202-210

[page 202] Deuxième Classe.

La deuxième classe est appelée le Conseil Des Élus. Ce conseil est composé des trois chambres (formant trois grades dans l'écossisme).

La 1ère chambre est celle des Élus Des Neuf (1).

[203] La 2e est celle des Élus Des Quinze (1).

La 3e est le sanctuaire ou le conseil des Chevaliers ÉLUS (2).

En 1786, le Grand Orient de France a substitué le seul élu secret aux élus ci-dessus du rite ancien, qui présentent, dans leur légende, une suite non interrompue d'événements. Mais nous devons avouer que la fusion [204] n'a pas toujours été heureuse. Par exemple, nous venons de voir, dans l’Elu français, que l'assassin d'Hiram s'étant poignardé lui-même, le cri nekum devient ridicule, puisque, par la mort d'Hiram, la vengeance se trouve accomplie. De même, on ne peut que sourire au vaillant exploit de Johaben, qui est censé couper bravement la tête à un homme mort. Ces inconvénients, et quelques autres, n'ont pas lieu, en divisant en trois scènes le mythe de la mort d'Hiram (1).

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1862 – Sainte-Beuve - Portraits littéraires

1862 sainte beuve portraits litterairesPortraits littéraires
Par C.-A. [Charles Augustin] Sainte-Beuve, de l’Académie française
Nouvelle édition revue et corrigée
Molière, Delille, Bernardin de Saint-Pierre, le Général Lafayette, Fontanes, Joubert, Léonard, Aloïsius Bertrand, Le comte de Ségur, Joseph de Maistre, Gabriel Naudé.
Paris.
Garnier frères, libraires éditeurs. 6, rue des Saints Pères et Palais Royal, 215
1862

Bernardin de Saint-Pierre. Extrait, pages 128-134

… On pourrait dire de Bernardin qu'il entend la nature de la même manière qu'il entend Virgile, son poète favori, admirablement tant qu'il se tient aux couleurs, aux demi-teintes, à la mélodie et au sens moral ; le lacrymœ rerum est son triomphe ; mais il devient subtil, superstitieux et systématique quand il descend au menu détail et qu'il cherche, par exemple, dans le conjugis infusus gremio une convenance entre cette fusion (infusus) et le dieu des forges de Lemnos. Le bâton d'olivier, et non de houx ou de tout autre arbrisseau, que porte Damon dans la huitième églogue, lui paraît un symbole bien choisi de ses espérances. De même, en exagérant et subtilisant en mainte occasion au sujet des bienfaits et des prévenances de la nature, il lui arrive d'impatienter à bon droit celui qu'il vient de charmer ; à force d'apologie, il rappelle et provoque les objections. Quand on n'est plus dans la première innocence pastorale de l'enfance, il veut trop vous y ramener. Candide, si on a le malheur de l'avoir lu, ou le poème sur le Désastre de Lisbonne, vous apparaît au revers du feuillet en plus d'une page. Bernardin, si intime dans quelques parties du sentiment de la nature, est superficiel à l'article du mal. Il n'en tient pas compte, il ne l'explique en rien. Dans son vague déisme évangélique, il n'est pas plus chrétien que panthéiste en cela. Un contemporain de Bernardin de Saint-Pierre, spiritualiste comme lui, et protestant également contre les fausses sciences et leurs conclusions négatives, Saint-Martin, a bien autrement de profondeur.

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1862 – Louis-Claude de Saint-Martin - La correspondance inédite de L.C. de Saint-Martin...et Kirchberger, baron de ...

1862 SM correspondanceLa correspondance inédite de L.-C. de Saint Martin: dit le philosophe inconnu, et Kirchberger, baron de Liebistorf, membre du Conseil souverain de la République de Berne
Du 22 mai 1792 jusqu'au 7 novembre 1797
Ouvrage recueilli et publié par
Louis Schauer [de Marckolsheim] et Alphonse Chuquet, éditeurs propriétaires des Nombres et de l’Éclair sur l’Association humaine
Amsterdam. Van Bakckenes et Cie, libraires-édit.
Leipzig. J.-A. Brockaus, libraire-éditeur
Saint-Pétersbourg. Dufour et Cie, libraires
La Haye. Belinfante frères, libraires-éditeurs
Paris
E. Dentu, libraire éditeur, Palais Royal, galerie d’Orléans, n° 13
1862

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1862 – Veuillot - Historiettes et fantaisies

1862 Veuillot HistoriettesHistoriettes et fantaisies
Par Louis Veuillot
Paris
Gaume Frères et J. Duprey, éditeurs, rue Cassette, 4
1862

Article : Philosophie - Louis Moreau. Extrait, pages 486-488

Moreau (Louis) Considérations sur la vraie Doctrine. 2° édit., suivie de la 3e édition du Matérialisme phrénologique 1 vol. in-12 3 fr.

[487]. La Destinée de l'homme, ou du Mal, de l'Épreuve et de la Stabilité future. 1 vol. in-12 3 fr. 50

Traductions du même auteur.

L'Imitation de N.-S. Jésus-Christ, traduction nouvelle accompagnée d'extraits des ouvrages des Pères, des Docteurs et des Saints. 3e édit. 1 beau vol. imprimé en gros caractères sur papier glacé 3 fr. 50

Les Confessions de saint-Augustin. 6e édit. 1 vol. in-8 contenant le texte et la traduction 7 fr.

Le Même Ouvrage. 1 vol. in-12 contenant la traduction seule -. 3 fr. 50

Cette traduction a été couronnée par l'Académie française.

Le Monde (n° du 8 novembre 1860) a publié sur ces divers ouvrages l'appréciation suivante :

« Les œuvres de M. Louis Moreau peuvent se diviser en deux séries : les traductions et les écrits originaux. Ceux-ci embrassent dans leur ensemble toute la philosophie chrétienne. Les Considérations sur la vraie doctrine en exposent !es principes; le livre de la Destinée de l'homme, appliquant ces principes à la question fondamentale de toute philosophie, réfute radicalement toutes les écoles hétérodoxes, matérialistes ou spiritualistes, dont il nous fait connaître à fond les doctrines, telles que les ont formulées dans leurs écrits les plus célèbres les sophistes contemporains. L'opuscule sur le Matérialisme phrénologique et l'étude sur Saint-Martin, le philosophe inconnu, complètent cette réfutation, en dévoilant les erreurs et les dangers de la phrénologie et de l'illuminisme. '

« M. L. Moreau s'était préparé à ces travaux par ses belles traductions des Confessions de saint Augustin, de la Cité de Dieu et de l'Imitation. La traduction des Confessions est presque devenue classique ; c'est vraiment la seule de ce chef-d'œuvre immortel que la langue française puisse avouer... Je veux dire deux mots de sa traduction de l'Imitation.

« Les comparaisons sont toujours odieuses, et je n'eu veux faire aucune. Il me sera bien permis cependant d'avouer qu'entre toutes les traductions de l'Imitation que j'ai pu étudier, je préfère celle de M. Moreau ; je ne puis ici qu'indiquer la principale raison de celte préférence. La plupart de ces traductions paraphrasent plutôt qu'elles ne traduisent le latin de l'Imitation. M. Moreau s'attache, au contraire, à rendre le sens précis du texte, sans l'amplifier ni le restreindre…

« Depuis qu'on traduit l'Imitation, on a coutume de faire suivre chaque chapitre de réflexions du traducteur. Je n'ai jamais pu comprendre pourquoi. Rien ne m'est désagréable comme ces petits morceaux, d'un tissu souvent assez grossier, cousus dans cette pourpre. M. Moreau, sans doute, est dans le même sentiment; car, s'il a craint que le lecteur ne lui sût mauvais gré de ne pas se conformera l'usage, il l'a du moins très-heureusement corrigé en ne mettant que des réflexions et des prières empruntées aux saints, aux docteurs et aux grands auteurs ecclésiastiques. Cela nous vaut d'admirables prières admirablement traduites de saint Augustin, de saint Anselme, de saint Benoit, de saint Bernard, de saint Bonaventure, de sainte Catherine, de [488] sainte Thérèse, de saint Eucher, de saint Ephrem, de saint Grégoire le Grand, de saint Grégoire de Naziance, de Louis de Blois, d'Hugues de Saint-Victor, du cardinal Bona, etc., etc., à côté de celles qui sont prises à saint François de Sales, à saint Vincent de Paul, à Bossuet, à Fénelon, etc.

Les premières éditions avaient l'inconvénient d'être en caractères menus et serrés ; l'édition nouvelle est en beaux et forts caractères.

« Ajoutons que cette édition, ainsi que l'édition, nouvelle de la traduction des Confessions, a été soigneusement revue et corrigée. M. L. Moreau est de ceux qui ne sont jamais pleinement satisfaits de leur œuvre, et qui ne voudraient pas l'offrir de nouveau au public sans en avoir fait disparaître les taches et les imperfections que la réflexion ou des conseils amis leur ont fait remarquer.

Du Lac.

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